‹ Le Sympathique dans ses rapports avec le coryza spasmodiqueChapitre 10 sur 27 · J 2 = = = À ES · texte numérisé non relu

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« port avec celle de la sécrétion nasale. Les pupilles « sont largement dilatées, le regard fixe. On a l’im- « pression qu'il existe de l’exophtalmie. Les yeux “« sont pris en même temps que le nez ou immédia- « tement après.

« En même temps apparaît une sensation de picote- « ment, de brûlure, de vent violent soufflant dans « les yeux et en plus un malaise particulier, difficile « à définir, indépendant de la sécrétion et de la con- « gestion. Il existe en outre de la photophobie ou au

__« contraire une sensation de lumière intense alors

que le malade est dans l'obscurité. La vision de près « est dans ces conditions difficile, sinon tout à fait impossible. »

En résumé: Troubles vaso-dilateurs prédominant au niveau des muqueuses oculaires et nasales. L'examen montre en effet en pleine crise une pituitaire hyperhémiée, doublée parfois même triplée de volume, bloquant la respiration au point de produire chez certains malades une sensation extrêmement pénible de suffocation; troubles secrétoires peu marqués dans les crises de faible intensité, allant parfois jusqu'à « l'épisaxis blanche » de M. Lermoyez dans les formes sévères.

Syndrome sensitif. — Les troubles sensilifs liés au coryza spasmodique suivent comme les troubles vasomoteurs et secréloires le territoire du nerf sphéno-pa-

latin. Nous les rencontrons au niveau des fosses nasales, de l'œil, du pharynx supérieur du voile du palais, sous forme de douleurs profondes que le malade localise difficilement, de brûlures, de démangeaisons, de piqûres, de fourmillements. Souvent ce sont des céphalées craniennes où hémicraniennes, des douleurs dentaires; enfin une névralgie spéciale que Sluder attribue au nerf vidien et qui, partant de la tempe et de l'oreille s'étend à la mastoïde avec un point maximum situé à 5 centimètres au-dessous de la pointe de cet os, gagnant l’occiput, le cou jusqu'aux épaules, le bras, l’avant-bras, la main. Sluder a pu, en piquant le ganglion à travers le trou sphéno-palatin et suivant le point piqué obtenir soit une localisation douloureuse dans le territoire cavitaire (nez, œil, pharynx), soit une localisation douloureuse postérieure reproduisant la névralgie vidienne. Il attribue cette dernière localisation aux connexions entre certains filets du nerf vidien suivant le sympathique carotidien et les plexus cervical, superficiel et brachial. La piqûre de la partie antérieure du ganglion provoquant des douleurs sur le trajet du nerf sphénopalatin. ”

Ces douleurs qui lorsqu'elles existent permettent presque d'affirmer chez un malade l'atteinte du ganglion sphéno-palatin, sont beaucoup moins nettes dans les cas de coryza spasmodique que dans ceux | dégagés de ce syndrome, Elles paraissent plus dif-

fuses, revêtent parfois l'aspect d'une névralgie faciale profonde. I1 semble que la réaction ganglionnaire dans le coryza spasmodique s’extériorise toute sur la pituitaire et la conjonctive. Certains malades chez lesquels se rencontrent les deux syndromes: syndrome douloureux et syndrome coryza spasmodique font remarquer que souvent la Rhinorrhée, quand elle se produit, amène une sédation des douleurs: à défaut de celle-ci, c’est une sécrétion d'un mucus épais provenant du naso-pharynx ou une salivation abondante qui produisent le même résultat. De toutes façons le caractère causalgique de ces douleurs est assez net. L'existence du rôle sensitif du grand sympathique n’est plus à démontrer en dehors de son territoire viscéral.

Symptômes associés. — Il n’est pas rare de constater, suivant les crises de coryza spasmodique des phénomènes pulmonaires dont l'intensité varie soit avec l'importance de ces crises, soit avec leur degré d'ancienneté. Tantôt il s'agit d’une simple oppression, tantôt c’est la crise d'asthme franc qui se déclare avec bouffées de râles secs à l’auscultation. Des troubles du rythme cardiaque que l'on trouve ralenti ou accéléré mais sans irrégularité.

Parfois on note des troubles qustatifs dans les 2/3 antérieurs de la langue: goût métallique, perversions du goût; une sécrétion salivaire exagérée.

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Ce qui caractérise avant tout l'allure du coryza spasmodique, c'est son côté paroxystique. C'est brusquement, brutalement, peut-on dire, que le sujet commence sa crise; c’est brusquement qu'il la termine. On ne saurait mieux qualifier ce syndrome que Worms l’a fait quand il lui a donné l’épithète d'Epilepsie nasale.

Eternuements en salve, larmoiement, rhinorrhée, obligent le malade à interrompre toute occupation. La crise dure quelques heures, se prolonge parfois plusieurs jours, puis disparaît pour un temps variable. Dans l'intervalle, le malade est souvent incommodé par une secrétion nasale abondante. Le phénomène se répète suivant les causes les plus diverses-et c’est alors que souvent, à la longue, les crises d’asthme s'installent: forme oculo-naso-bronchique. D'autres fois la symptomalogie plus silencieuse se borne à un écoulement nasal fait d'un liquide clair comme de l’eau que les malades épongent incessamment. C'est l'Hydrorrhée nasale, que Bosworth décrivait en 1889.

Telle est, dans son ensemble, l'allure du coryza spasmodique.

Diagnostic. — Le seul diagnostic à faire est, avec le coryza aigu vulgaire, la rhinite infectieuse.

« Cette rhinite infectieuse constitue une véritable «, maladie évoluant en deux ou trois jours, Elle ne

« présente ni la soudaineté de début, ni l'allure pa- « roxystique, ni la fugacité de la crise de coryza « spasmodique.

« Si celui-ci peut être appelé l’Asthme du nez, celle- « là mérite le nom de Pneumonie du nez ». (Jacques Lermoyez).

La secrétion nasale est faite d’un muco-pus filant, souvent strié de sang. Le spéculum montre la muqueuse nasale rouge vif, des lésions inflammatoires et non l'état de turgescence lié au coryza spasmodique, état qui disparaît totalement au contact de l’adrénaline.

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