‹ Le syndicalisme anglaisChapitre 3 sur 10 · DÉTAIL DES DÉPENSES DE L’ANNÉE · texte numérisé non relu

DÉTAIL DES DÉPENSES DE L’ANNÉE

10,074 membres et un syndicat de peintres et décorateurs, fondé en 1886, groupe 10,833 adhérents.

Chez les manœuvres du bâtiment, il existe 57 syndicats avec 36,893 adhérents.

Mixes. — Le syndicat des mineurs du Northumberland, fondé en 1863, a 24,138 membres. Cotisation annuelle, 15 fr. En caisse, 1,984,475 francs.

Le syndicat des mineurs du Durham, fondé en 1869, est le plus important du groupe. Il compte 70,585 membres (non compris 11,000 jeunes gens), répartis en 188 sections. Cotisation annuelle, 32 fr. Recettes de 1901, 2,444,650 fr. Dépenses, 1,571,350 fr., .dont: chômage, 332,300 fr. ; grèves, 18,675 fr. ; maladie et accidents, 840,325 fr. ; funérailles, 116,850 fr. ; administration, 227,775 fr. En caisse en 1902, 5,024,725 francs.

Le syndicat des mineurs du Yorkshire, fondé en 1858, possède,60,000 adhérents et 148 sections. Cotisation annuelle, 32 fr. 75. Recettes de 1901, 2,230,625 fr. Dépenses, 1,872,725 fr., dont: grèves, 1,133,175 fr. ; pas de dépenses pour le chômage, la maladie et la retraite ; funérailles, 137,250 fr. ; administration, 530,800 fr. En caisse, 5,830,900 francs.

Parmi les principaux syndicats de mineurs, il faut encore citer : la fédération du Lancashire et du Cheshire, 39,763 membres ; le syndicat du Derbyshire, 24,286 membres ; le syndicat du Nottinghamshire, 20,839 membres ; PUnion du Lanarkshire, 30,000 membres, et la fédération

du sud du pays de Galles, fondée en 1898, qui compte 124,197 membres.

Métaux et natires. — Fondé en 1809, le syndicat des mouleurs en fer [Friendly society of iron founders) est Fun des doyens du syndicalisme angdais. Il groupe 18,268 membres (non compris 1,391 jeunes gens) dans 127 sections. Cotisation annuelle, 72 fr. Recettes de 1901, 1,443,650 fr. Dépenses, 1,501,975 fr., dont:

chômage, 618,900 fr. ; grèves, 26,300 fr. ; maladie et accidents, 251,125 fr. ; retraites, 377,050 fr. ; funérailles, 76,050 fr. ; administration, 103,300 fr. En caisse, 2,617,875 francs.

Le syndicat des mécaniciens [Amalgamated society of engiiieers), fondé en 1851; groupe dans 626 sections 90,943 adhérents. Cotisation annuelle, 89 fr. Recettes de 1901, 8,661,550 fr. Dépenses : chômage, 1,360,000 fr. ; grève, 181,250 fr. ; maladie et accidents, 1^234,925 fr ; retraite, 2,259,725 fr. ; funérailles, 358,175 fr. ; administration, 785,625 fr. ; diverses, 336,175 fr. Total des dépenses de 1901, 6,515,875 fr. En caisse le janvier 1902, 12,308,925 francs.

Le syndicat des contructeurs de chaudières et de navires en fer et en acier [United boiler rnakers and iron and Steel shipbuilders)^ fondé en 1834, est, avec le syndicat des mécaniciens, la plus forte organisation du groupe des métaux et navires. lia 48,113 adhérents répartis dans 282 sections. Cotisation annuelle, 82 fr. Recettes de 1901, 4,470,225 fr. Dépenses : chômage, 621,025 fr. ; grève, 35,250 fr. ; maladie et accidents, 1,179,300 fr. ; retraite, 390,825 fr. ; funé-

railles, 170,825 fr. ; administration, 611,725 fr. ; diverses, 167,650 fr. Total des dépenses de 1901, 3,176,600 fr. En caisse en janvier 1902, 9,929,350 francs.

Le syndicat des charpentiers de navires [Associated ship(>vrights)y fondé en 1882, comprend 19,206 membres. Cotisation annuelle, 44fr. Recettes de 1901, 992,025 fr. Dépenses, 680,875 fr. En caisse, 2,727,900 francs.

Textiles. — Le syndicat des cardeiirs et souffleurs d’Oldham, fondé en 1885, a 10,594 membres: 9,084 femmes et 1,510 hommes. Cotisation annuelle, 30 fr. Recettes de 1901, 368,075 fr. Dépenses, 214,525 fr. En caisse, 935,950 fr.

Le syndicat des fileurs de coton [Amalgamated cottoii spinners)^ fondé en 1870, compte 18,474 adhérents. Cotisation annuelle, 92 fr. 40. R.ecettes de 1901, 2,258,100 fr. Dépenses, 1,316,250 fr., dont: chômage, 509^875 fr. ; grève, 66,300 fr. ; maladie et accidents, 80,375 fr. ; retraite, 52,550 fr. ; funérailles, 20,200 fr. ; administration, 452,400 fr. En caisse en 1902, 9^469,850 francs.

Syndicat des tisseurs de Blackburn, fondé en 1854, 12,800 adhérents : 8,000 femmes et 4,800 hommes. Cotisation annuelle, 19 fr. 70. Recettes de 1901, 278,650 fr. Dépenses, 282^52514. En caisse, 590,050 francs.

Syndicat des tisseurs de Burnley, fondé en 1870, 11,442 adhérents : 7,208 femmes et 4,234 hommes. Cotisation annuelle, 20 fr. Recettes de 1901, 253,300 fr. Dépenses, 177,425 fr. En caisse, 532,500 francs.

VÊTEMENT ET CHAUSSURES. — Le Syndicat national des ouvriers en chaussures (National Union ofboot andslioe opératives) , fondé en 1874, compte 54 sections et 28,011 membres, dont 752 femmes. Cotisation annuelle, 23 fr. 60. Recettes de 1901, 706,475 fr. Dépenses, 481,675 fr. En caisse, 1,876,350 francs.

Syndicat des tailleurs, fondé en 1866. 301 sections et 14,199 membres, dont 108 femmes. Cotisation annuelle, 36 francs. Recettes de 1901, 529,800 fr. Dépenses, 540,725 fr. En caisse, 79,525 francs.

Transport, terre et mer. — Syndicat des employés de chemins de fer (Ainalgamated society of raüways servants)^ fondé en 1871. 628 sections et55,941 membres. Cotisation annuelle, 22 fr. 75. Recettes de 1901, 1,722,800 francs. Dépenses : chômage, 80,775 fr. ; grève, 30,425 francs ; maladie et accidents, 45,225 fr. ; retraite, 56,500 fr. ; funérailles, 39,975 fr. ; administration, 763,350 fr. ; diverses, 230,475 fr. Total des dépenses de 1901, 1,246,725 fr. En càisse en 1902, 6,602,475 francs.

Syndicat des mécaniciens et chaulfeurs de locomotives, fondé en 1880. 123 sections comprenant 10,502 membres. Cotisation annuelle, 35 francs. Recettes de 1901, 447,700 fr. Dépenses, 220,450 fr. En caisse, 2,448,825 francs.

Syndicat des employés de tramways, fondé en 1889. 60 sections et 10,192 adhérents. Cotisation annuelle, 29 francs. Recettes de 1901, 311,400 fr. Dépenses, 249,525 fr. En caisse, 32678 OO francs.

Syndicat d’ouvriers des docks, fondé en 1887, 13,929 membres. Cotisation annuelle, 14 fr. 40. Recettes de 1901, 207,875 fr. Dépenses, 174,475 francs. En caisse, 205,475 francs.

Syndicat national des dockers, fondé en 1889, 13,307 adhérents. Cotisation annuelle, 12 francs. Recettes de 1901, 193,325 fr. Dépenses, 162,875 francs. En caisse, 123,000 francs.

Imprimerie.— Syndicat des compositeurs de Londres [London society of comjyositors), fondé en 1785. 11,355 membres. Cotisation annuelle, 63 francs. Recettes de 1901, 780,450 fr. Dépenses : chômage, 412,100 fr.; grève, 47,700fr.: maladie, 10,050 fr. ; retraite, 117,100 fr. ; funérailles, 56,200 fr. ; administration, 97,125 fr. ; diverses, 37,775 fr. Total des dépenses, 778,050 francs. En caisse, en janvier 1902, 1,844,700 francs.

L’Association des typographes (Typographical association), fondée en 1849, groupe 16,600 adhérents dans 133 sections. Cotisation annuelle, 33 fr. 40. Recettes de 1901, 602,625 fr. Dépenses, 563,825fr., dont: chômage, 254,325 fr.; grève, 27,075 fr. ; retraite, 169,025 fr. ; funérailles, 31,600 fr. ; administration, 78,950 fr. En caisse, en janvier 1902, 1,280,075 francs.

Travail du bois. — Le syndicat des ouvriers en voitures, fondé en 1834, compte 132 sections et 6,767 adhérents. Cotisation annuelle, 53 fr. Recettes de 1901, 394,675 fr. Dépenses, 351,875 francs. En caisse, 859,875 francs.

Un syndicat d’ébénistes (l’Alliance), fondé en 1865, compte 5,251 membres ; le plus ancien

syndicat d’ébénistes (1833) a 2,518 membres et vm syndicat de scieurs à la mécanique, fondé en 1866, a 4,446 membres.

Verreries. — Syndicat des verriers à bouteilles du Yorkshire [Glass hoitle makers of Yorkshire), La date de sa fondation n’est pas connue, mais les plus anciens statuts remontent à 1843. 15 sections et 2,901 membres. Cotisation. annuelle, 82 francs. Recettes de 1901, 272,050 fr. Dépenses, 210,550 fr. En caisse, 1,163,125 francs.

Syndicat national dés verriers, fondé en 1849, 2,382 membres. Cotisation annuelle, 86 fr. Recettes de 1901, 212,200 fr. Dépenses, 214,425 fr. En caisse, 297,100 francs.

Manœuvres. — Outre les syndicats de manœuvres du bâtiment et de dockers, il faut noter les trois principaux syndicats de manœuvres en général ; d’autant plus que l’organisation des manœuvres est F un des traits caractéristiques du mouvement syndical anglais, depuis 1889.

Le syndicat des manœuvres de Bristol et du pays de Galles, fondé en 1873, groupe 30,320 membres dans 261 sections. Cotisation annuelle, 30 fr. Recettes de 1901, 993,075 fr. Dépenses, 694,175 fr., dont : maladie et accidents, 509,775 francs. En caisse, 1,143,775 francs.

Syndicat des ouvriers du gaz et des manœuvres en général [Gas workers and general labourers' Union)^ fondé en 1889. 332 sections et 46,014 membres, dont 114 femmes. Cotisation aimuelle, 11 fr. 50. Recettes de 1901, 606,875 fr.

Dépenses, 599,125 fr., dont : grève, 208,000 fr. En caisse, 218,975 francs.

Syndicat national du travail [National amalgamated Union of labour), fondé en 1889. 190 sections et 22.094 membres. Cotisation annuelle, 17 fr. 40. Recettes de 1901, 417,075 fr. Dépenses,. 342,275 fr. En caisse, 250,450 francs.

Professions diverses. — Le syndicat des employés de commerce, fondé en 1891, compte 229 sections et 10,041 membres : 8,691 hommes et 1,350 femmes.

La fédération des employés des postes, fondée en 1891, a 700 sections et 25,262 membres, dont 22 femmes. L’Union des agents des postes et télégraphes, fondée en 1881, groupe 5,290 adhérents dans 137 sections.

Le syndicat des employés de sociétés coopératives [Ainalgamated cooperative employées), fondé en 1891, compte 231 sections avec 7,800 adhérents, dont 228 femmes.

Voici, par industrie, la statistique des syndicats et de leurs membres :

Industries

Syndicats

Sections

syndicales

Adhérents

Batiment.

Mines et carrières.

Métaux et navires..

Textiles.

Chaussures ..

Vêtement et toilette.

Chemins de fer.

Transports et docks. ...

Totaux {a reporter).

Industries

Report .

Ouvriers agricoles, pêcheurs.

Imprimeries.

Travail du bois.

Indust. chimiques, verreries .

Alimentation.

Tabac .

Cannes et parapluies.

Cuirs et peaux.

Chauffeurs-conduct. demach.

Industries diverses.

Ouvriers du gaz, manœuvres.

Ouvriers et employés des services publics.

Totaux. .

Syndicats

l’influence des syndicats

Les publications du Labour department permettent d’apprécier l’influence des syndicats sur le contrat de travail, spécialement en ce qui concerne les salaires et la durée du travail.

Salaire. — De 1896 à 1901, soit pendant six années, le taux du salaire a été modifié 8,511 fois. Ces modifications intéressaient 5,463,755 ouvriers. Après avoir, pour chaque année, soustrait le total des réductions de salaire du total des augmentations, on obtient pour les cinq années 1896-1900, une augmentation de 10,979,800 francs et, pour l’année 1901, une diminution de 1,933,550 fr., soit pour la période entière de 1896 à 1901, une augmentation nette de-9,046,250 francs.

Pour 5,207,982 ouvriers (sur 5,463,755), les salaires ont été modifiés sans grève, par conciliation, arbitrage, ou négociations directes entre patrons et syndicats ouvriers. Il n’y a eu grève que pour les modifications concernant 255,773 ouvriers.

Voici le taux du salaire dans quelques professions, à Londres, en 1900: maçons, 1 fr.

l’heure; charpentiers et menuisiers, 1 fr. 05; plâtriers 1 fr. 10 ; peintres, 0 fr. 90 ; manœuvres, 0 fr. 70 j plombiers, 1 fr. 10; ferblantiers, Ofr. 95; couvreurs, 0 fr. 90 ; ébénistes, 0 fr. 95 ; mécaniciens, 45 fr. par semaine ; typographes, 47 fr. 50 et 48 fr. par semaine. Dans le bâtiment, les

heures supplémentaires sont payées double les dimanches et jours de fête et le samedi après 4 heures du soir.

Durée du travail. — Pendant la même période (1896-1901), la durée du travail a été modifiée 1,185 fois, pour 340,903 ouvriers. 80,008 ouvriers ont subi une prolongation de la journée, mais 260^895 ouvriers ont obtenu une diminution totale de 869,038 heures de travail par semaine, soit, en moyenne, 3 heures 20 minutes de loisir en plus par semaine pour chaque ouvrier.

Pour 297,024 ouvriers, sur 340,903, ces modifications ont été faites sans grève ; il y a eu conflit pour 43,879 ouvriers seulement.

A titre d’exemples, notons la durée du travail par semaine, en 1901, dans quelques professions de diverses régions. Briqueteurs, charpentiers, menuisiers et manœuvres de Rushden, 56 heures par semaine ; maçons et peintres de Merthyr et Dowlais, 53 heures ; plombiers de Mansfield, 54 h. 1/2; charpentiers et menuisiers de Prestwich,49h. 1/2 ; peintres d’York, 49h. 1/2 ; menuisiers de Morley, 49 h. 1/2; maréchaux-ferrants de Shrewsbury, 56 h. 1/2 ; ouvriers de fabriques de dentelles de Nottingham, 48 heures; tailleurs de Lancaster, 56 heures ; imprimeurs, relieurs de Glasgow, 50 heures ; tapissiers de Liverpool, 50 heures ; ouvriers en voitures de Plymouth, 53 heures ; ébénistes de Warrington, 48 heures en hiver et 51 heures en été ; boulangers de Bradford et de Leeds, 54 heures; verriers à bouteilles du Lancashire, 48 h. 3/4; selliers et bourreliei’s de Nottingham, 55 h. 1/2.

A Londres, la durée du travail est de 50 heures par semaine dans les diverses professions du bâtiment: elle est de 47 heures chez les plombiers -, 50 heures chez les forgerons ; 54 heures chez les mécaniciens et les chaudronniers ; et 52 heures 1/2 chez les typographes.

Le contrat collectif se généralise de plus en plus. Pour la seule année 1901, 95 tarifs fixant les conditions du travail ont été révisés entre le syndicat patronal et le syndicat ouvrier du métier: 77 dans le bâtiment ; 4 dans les mines ; 6 dans les métaux et 8 dans diverses professions.

Les faits et les chiffres contenus dans ces chapitres préliminaires résument, dans ses grandes lignes, la situation du syndicalisme anglais en 1902. Ils indiquent le degré de vitalité et d’influence de ce grand mouvement ouvrier.

Mais il ne sulTit point de connaître l’état actuel des syndicats anglais, ll fautaussi connaître leurs débuts, les diverses phases de leur développement, en un mot leur évolution.

L’évolution des syndicats anglais est parfaitement connue depuis la publication, en 1894, de History of trade unionisni, par M. Sidney Webb et sa femme, Béatrice Webb. L’ouvrage fait autorité. Pour les personnes qui ne pourront pas lire la traduction française h la suite de ce travail en est un résumé.

1. Histoire du Trade unionisme, par Siduey et Béatrice Webb, traduction d’Albert Métin. — Paris, Giard et Brière. Prix : 10 francs. '

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