LA CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE DES CADRES DE L'ÉCONOMIE (CIGRCUE
$ 1. — Origines de la C. G.C.E.
- Le 6 avril 1937 fusionnaient cinq organisations de cadres :
. Le Syndicat des Ingénieurs et Agents de Maîtrise de Lille (S. I. A. M),
Le Syndicat des Cadres de l’Aéronautique,
La Fédération Nationale des Syndicats d'Ingénieurs des Mines,
Le Syndicat des Cadres de Direction et de Maîtrise des Assurances,
Le Syndicat Professionnel des Techniciens du Pétrole.
M. Couturaud donne les précisions suivantes sur la naissance de la C. G. C. E. : « La C. G. C. E. est née... L'initiative en revient au Syndicat des Cadres de l’'Aéronautique que, le 27 février, nous avons mis en relations avec l’un des dirigeants du $. I. A. M. de Lille. Un entretien a eu lieu rue de la Pépinière, et ce qui en est sorti, c’est une série de réunions professionnelles au cours desquelles ont été rédigés les sta-
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tuts de la Confédération Générale des Cadres de l'Economie Française. Outre ceux de l’Aéronautique et du S. I. A. M. de Lille, y ont pris part les représentants des cadres des Assurances, des techniciens du Pétrole et des ingénieurs des Houillères » ?.
Que sont ces S. I. A. M. dont M. Couturaud s’est fait le plus ardent défenseur, tout au moins jusqu’à juin 1937 ? Le premier S. I. A. M. était formé en juillet 1936 à Lille par MM. Geillon et Delerive (actuel secrétaire général de la C. G. C. E.), respectivement sous-directeur et ingénieur de la Compagnie Lilloise des Moteurs. Le 3 août 1936, le S. I. A. M. et la C. G. T. signaient le protocole suivant :
« Les représentants du Syndicat des Ingénieurs et Agents de Maîtrise (S. I. A. M.) et de la Fédération des Techniciens (C. G. T), en présence des représentants du Syndicat ouvrier de la Métallurgie (C. G. T.), décident : |
1° De discuter en collaboration la convention collective relative aux techniciens de la Région lilloise;
2° D’unir leurs efforts pour faire aboutir les légitimes revendications de leurs mandants.
Eventuellement, le $S. I. A. M. et la C. G. T. détermineront séparément les moyens d’imposer au patronat le respect des engagements pris ».
L'accord parfait régna entre les deux organisations pendant la discussion de la convention collective jusqu’au jour où les patrons prétendirent imposer des salaires de 27 % inférieurs à ceux de la Région Pa-
(1) Etapes n° 35, 10 avril 1937.
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risienne. La C. G. T., qui se refusait à accepter de telles prétentions, eut la surprise d’entendre les délégués du S. I. A. M. en présence des patrons et du représentant du Ministère du Travail, donner leur accord sur cet abattement,
La tension entre les deux organisations ne fit dès lors que croître. Une grève ouvrière déclanchée le 18 novembre 1936 devait provoquer la rupture définitive, le S. I. A. M. étant entré en lutte ouverte contre le mouvement. Le 11 janvier 1937, la grève prenait fin, après 53 jours, sur une sentence arbitrale., C’est alors que le S. I. À. M., mécontent de cet arbitrage, invita ses membres à ne pas reprendre le travail. Les usines ne purent donc rouvrir le 11 janvier comme prévu. Cet incident mit le comble à l'indignation des syndicats ouvriers qui conclurent à une manœuvre concertée du patronat et du S. I. A. M. bref à un véritable lock-out.
Il ne faut plus parler des S. IL. A. M. à la C. G. T. Leur influence a d’ailleurs beaucoup décliné depuis qu'ils ont été exclus, le 2 juin 1937, de la discussion de la convention collective-métallurgie dans la région de Valenciennes. Sans doute, M. Couturaud voit-il dans cette décision du Ministère du Travail, l'effet de « la pression des plus hauts personnages de la C. G. T. », mais il doit reconnaître par ailleurs qu’elle n’est pas injustifiée : « Les promoteurs du S. I. A. M. ne peuvent s’illusionner sur cette réelle