LA CONFÉDÉRATION DES TRAVAILLEURS INTELLECTUELS (CAT
Cette Confédération englobe une multitude de professions : artistes, fonctionnaires, professions libérales, etc, etc. Nous n’avons à retenir que les techniciens de l’industrie privée.
$ 1. — Origines de la C. T. I.
Sur les origines de la C. T. L., nous nous en rapportons à M. Romain Coolus, son Président-Fondateur ! :
« J'ai fait la connaissance d'Henry de Jouvenel au lendemain de la guerre... Comme je l’étais moimême, il était frappé et vivement inquiet des difficultés de tout ordre qu’allaient rencontrer, en raison du séisme qui venait de bouleverser toutes les valeurs, les travailleurs intellectuels... Il estimait comme moi qu'il importait avant tout de convaincre les travail-
(1) Cf., La Revue des Vivants, novembre-décembre 1935, p. 1710.
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leurs des professions non manuelles que, s’ils demeuraient isolés, ils étaient condamnés à ne plus connaître désormais qu’une existence asservie et diminuée. Il fallait leur apprendre la vertu de la solidarité, la nécessité de l’action concertée et les amener progressivement à renoncer à leur individualité stérile pour s'imposer la discipline syndicale.
Quelques semaines après cet entretien, Henry de Jouvenel prenait l'initiative de réunir au Mafin des représentants de toutes ces professions. Malgré lincompréhension de certains, malgré la résistance de quelques autres, il fut assez persuasif, assez « animateur » pour emporter l’adhésion de la majorité et faire triompher le principe du groupement interprofessionnel. Huit jours plus tard, au siège de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques, la Confédération des Travailleurs Intellectuels était fondée (1920). » | Cette organisation s’est développée rapidement. Au printemps 1923, elle en arrivait déjà à envisager une action internationale et convoquait à la Sorbonne le premier Congrès international des Confédérations nationales de travailleurs intellectuels, Congrès qui aboutit à la fondation de la Confédération Internationale des Travailleurs Intellectuels (C. I. T. L).
$ 2. — Importance actuelle de la C. T. I. — Son œuvre.
En 1935, la C. T. I. comprenait déjà 200 groupements représentant plus de 200.000 membres. Elle est actuellement divisée en treize sections :
HSO =
Arts dramatique et musical, Arts graphiques et plastiques, Enseignement, Etudiants et pré-professionnels, Fonctionnaires, Lettres, Presse, Professions libérales, Sciences pures et appliquées, Techniciens de l’Administration, Techniciens de la Distribution, Techniciens de la Productivn, Groupements divers.
Les sections de Techniciens (Administration, Distribution, Production) seules nous intéressent. Elles comprennent, pour l’Administration, des syndicats et associations de comptables et de techniciens divers (contentieux, assurances, etc...). Dans la branche Production, nous trouvons de nombreuses organisations d'ingénieurs et agents techniques. Enfin, la C. T. I. a créé la branche Distribution pour les techniciens des questions commerciales et publicitaires.
Les activités de la C. T. L. ne sont nullement négligeables comme on peut en juger par l’énumération ci-dessous :
Constitution de Groupes Parlementaires de Défense des Travailleurs Intellectuels au Sénat (100 membres, Président : M. Mario Roustan) et à la Chambre des Députés (150 membres, Président : M. Charles Baron),
Représentation dans de nombreux Conseils ou Comités nationaux, notamment : au Conseil National Economique, au Conseil Supérieur des Beaux-Arts, à la Commission Supérieure des Maladies Professionnelles, à la Commission d’hygiène industrielle, à la Commission de la Propriété Scientifique, à la Commission de protection du titre d'Ingénieur, etc...
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Enfin, sur le plan international, la C. T. I. est représentée à la Confédération Internationale des Travailleurs Intellectuels, au Bureau International du Travail et à l’Institut International de Coopération Intellectuelle.
8 3. — La C.T. I. et les grandes organisations de techniciens.
1. — La Fédération Nationale des Syndicats d’Ingénieurs (F. N. S. I.).
A. — L'Union des Syndicats d'Ingénieurs Français (CO. S. I. F.).
Un mouvement syndical d’ingénieurs particulièrement cohérent s’est organisé dès la fin de la guerre. Le Bulletin de VU. S. I. F. d’octobre 1932 donne à ce sujet les plus intéressantes précisions :
Ciere la guerre avait mis en évidence l’importance vitale de la technique, en même temps que l’insuffisance de l’organisation industrielle du pays. Elle avait fait largement appel, pour la sauvegarde de la nation, au dévouement des ingénieurs, qui furent les véritables créateurs des industries de guerre. Ils n’en attendaient aucun profit matériel, mais quelle fut leur rancœur de constater que d’autres bâtissaient des fortunes sur leur science et sur la ruine des peuples. Plus peut-être que cette considération matérielle, intervint pour les indigner le spectacle de la mauvaise administration de la guerre, du gaspillage, de l’im-