III. — Le Rassemblement des Cadres
Un rapport de la Commission intersectionnelle des Techniciens adopté par le Comité Directeur de la C.T I. le 7 juillet 1937 souligne l'intérêt de ce rassemblement :
« Un comité de coordination (après tout d’abord une commission d'informations) entre la Fédération Nationale des Syndicats d'Ingénieurs, la Confédération Générale des Cadres de l'Economie et la Commission
intersectionnelle sous l’égide générale de la C.T. LI. assurerait l’unité parfaite de la défense des travailleurs intellectuels salariés, en même temps qu’il ferait bénéficier l’ensemble des groupements des représentations officielles de la C.T I. D’autre part, l’influence de celle-ci se trouverait accrue par l’unanimité des travailleurs intellectuels au nom de qui elle parlerait ».
Des pourparlers s’engageaient aussitôt qui devaient être couronnés de succès. Le 20 novembre 1937, la C.T.I. éditait le « Manifeste Collectif des Groupements d'Ingénieurs et de Cadres Techniques, Commerciaux et Administratifs des Entreprises » signé par elle et par la F.N.S.I., la C.G.C.E., la F.LAT.LM, la F. G.M. Le manifeste était remis le même jour à la Présidence du Conseil. Il constate que la place des techniciens dans l’économie est méconnue et notamment qu'aucune place ne leur est faite dans les organismes officiels d’études économiques et sociales à base paritaire. Il affirme l’indépendance des techniciens vis-à-vis du patronat, exprime leur sympathie pour la classe ouvrière et conclut énergiquement à la représentation des techniciens dans les organismes précités.
Par ce manifeste, la C.T.I. visait plus particulièrement à se faire admettre à la Commission d’Enquête sur la Production et à toutes les commissions analogues que le Gouvernement serait amené à constituer.
Satisfaction allait lui être donnée. Le 7 janvier 1938 (date historique pour la C.T.I.) elle se voit officiel-
lement invitée par le Gouvernement à participer aux Conférences Matignon.
La C.T.I. a commenté cet événement en termes enthousiastes : « Jusqu’à la date du 7 janvier dernier, il ne s’était pas encore trouvé un chef de Gouvernement qui ait publiquement associé la C.T.HE. à la vie même du pays. En invitant la C.T.I. à la Conférence Matignon, ainsi que les groupements d’ingénieurs et de travailleurs des cadres techniques, économiques et administratifs, qui ont collaboré avec elle ces mois derniers, M. Chautemps a fait entendre à la Nation que les problèmes sociaux et économiques, si complexes, de l’époque actuelle, ne peuvent être résolus sans la collaboration des travailleurs intellectuels qui concourent à la production. Nous le savions tous, ici. Mais il fallait que cela fût solennellement proclamé par le chef du Gouvernement et traduit sur le plan des réalités. C’est, depuis un mois, chose faite.
Tel est l’événement capital qui nous incite à écrire que la C.T.I. vient d’inaugurer une phase nouvelle de son activité ».
SECTION II