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gnements du maître, ne songèrent désormais qu’à redoubler d'efforts pour faire triompher son point de vue ‘. Et c’est ainsi qu’au congrès de Cordoue, en décembre 1872, ils purent réunir 236 syndicats, groupant 20.000 membres, et leur faire acclamer un manifeste qui se terminait pas ses mots : « Vive l’Internationale! Salut à la solidarité, à l’anarchie et au collectivisme! » La Confédération Nationale du Travail était dès lors virtuellement constituée! En mai 1873, les « autoritaires » ou partisans de la majorité marxiste-de l’Internationale, qui ultérieurement devaient fonder l’Union Générale des Travailleurs, ne parvenaient à faire participer à leur congrès de Tolède que cinq fédérations à très faible effectif!
Proclamée le 11 février 1873, la République s’écroula après le coup d'Etat du général Pavia, en janvier 1874. Celui-ci ne se contenta pas de supprimer le Parlement; il voulut également juguler les forces ouvrières et, à cet effet, commença par dissoudre la section espagnole de l’Internationale et à en persécuter les membres. Sans doute pendant cette période de terreur, les groupements ouvriers connurent-ils des moments difficiles; il n’en est pas moins vrai qu ils continuèrent à fonctionner clandestinement Jusqu'au moment où arriva au pouvoir, en 1881, un partie plus libéral, que dirigeait Sagasta. La réunion d’un congrès national put
1. À vrai dire, les militants barcelonais n'avaient pas attendu l’exclusion de Bakounine de l’Internationale pour affirmer leur solidarité avec lui; en effet, les décisions prises au congrès de Barcelone, en juin 1870, puis à la Conférence de Valence, en 1871, attestent que la section barcelonaise s'était mise en relations directes avec lui et avait
secrètement adhéré à « l’Alliance de l4 démocratie socialiste » dont il était le fondateur.
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avoir lieu le 23 septembre à Barcelone, et c’est alors que, sous le nom de « Fédération des Travailleurs de la région espagnole » fut définitivement reconstituée la section espagnole de l’Internationale. Tous les adhérents, sauf huit « autoritaires », se déclarèrent anarchistes-collectivistes. L'année suivante, au congrès de Séville, cette section groupait déjà 58.000 membres environ. Pendant ce temps, l’autre fraction de l’'Internationale, qui suivait les préceptes de Marx, avait fondé secrètement en 1879 le parti socialiste et constitué des centres à Madrid, Barcelone et Guadalajara.
Arrivés à ce point de notre étude, nous nous proposons d'étudier séparément les deux grandes entités ouvrières dont nous venons de préciser les origines. Nous aurons l’occasion, au cours des développements qui vont suivre, de rappeler, en les complétant, les raisons qui les opposent et d'examiner également celles qui dans un avenir prochain semblent devoir les rapprocher.
La Fédération des Travailleurs de la région espagnole, exclusivement composée de disciples de Bakounine, qui, ultérieurement, devaient fonder la puissante C.N.T., à su faire bloc contre les éléments marxistes qui la combattaient. Par contre, elle a toujours été impuissante à mettre un terme aux luttes que se livraient ses propres membres, les uns rejetant toute idée d'organisation, quelle qu'elle soit, les autres rêvant « d’une libre fédération d'associations libres et de producteurs libres ». Alternativement, ces deux tendances semblent avoir prédominé jusqu’en 1888, époque à laquelle la Fédération disparut pour faire place à une « Commis-. sion de relations et de statistiques ».
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À partir de cette date, la tendance hostile à toute organisation l'emporte nettement; plus conforme à la doctrine anarchique, elle paraît également plus conforme à l'intérêt bien compris des ouvriers : ne leur permet-elle pas, en effet, d'échapper plus aisément à la répression et au contrôle des pouvoirs publics? C’est pourquoi furent écartés les projets de création d’une organisation centrale autoritaire et hiérarchisée, ainsi que de caisses importantes de résistance pour soutenir efficacement la lutte contre le patronat. Les dirigeants anarchistes semblent vouloir surtout compter, au moment des grèves, sur la solidarité spontanée des masses ouvrières.
Cependant, la nécessité de rester en contact avec jes forces ouvrières n’a pas échappé à la vigilance de la Commission de relations et de statistiques; aussi a-t-elle eu soin de convoquer périodiquement des congrès et de créer des fédérations de résistance, ainsi que des centres de solidarité. |
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