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II. — L'Union Générale des Travailleurs

En 1887, les associations ouvrières de Mataro s’adressèrent à celles de Barcelone pour leur suggérer l’idée de convoquer dans cette ville un congrès qui pourrait avoir lieu l’année suivante à l’occasion de l’Exposition Universelle. Bien accueillie en principe, cette suggestion faillit être écartée en suite de l'attitude hostile des anarchistes; 1l n'en fut rien cependant et c’est ainsi qu’en août 1888 Pablo Iglesias, qui sept ans auparavant avait créé le parti socialiste espagnol, fondait à Barcelone « l'Union Générale des Travailleurs ». Instruit par l'expérience et connaissant parfaitement les raisons qui avaient fait échouer en 1882 la première tentative en vue de constituer, sous le nom « d’Association Nationale des Travailleurs d’Espagne », une union nationale des organisations ouvrières, 1l eut soin d’en confier l’organisation à un excellent administrateur, son ami Antonio Garcia Quejido, ex-secrétaire de l'Association des Imprimeurs, ainsi que de la Fédération Typographique; 1l décida, en outre, que le centre directeur serait fixé à Barcelone.

Vingt-cinq délégués représentant quarante-quatre associations et 4.668 membres répondirent à l’appel des organisateurs; deux délégués seulement ne résidaient pas en Catalogne : Iglesias, de la Fédération Typographique, et Jean Serna, de celle des charpentiers de Madrid. Une commission fut immédiatement composée pour rédiger un projet de statuts;

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