CONCLUSIONS
La crise gastrique constitue un des syndromes cliniques les mieux caractérisés de la pathologie gastrique.
Son individualité lient à sa cause : c’est en effet une crise d'hyperesthésie du plexus solaire, elle-même d'origine nerveuse centrale.
Abstraction faite de quelques cas exceptionnels de crises gastriques de nature hystérique, le syndrome semble être toujours lié à l’évolution, soit d'une paralysie générale (affection dans laquelle les lésions spinales sont constantes) soit, dans l’immense majorité des cas, à celle d’une affection médullaire, presque toujours d’un tabes.
Les crises gastriques, bien, qu’elles puissent ne survenir qu'à une période plus tardive, sont d'ordinaire un des symplômes les plus précoces de la période dite prétabétique.
Elles peuvent se reproduire pendant un temps parfois très long à titre d’unique manifestation extérieure d'un tabes incipiens mono-symptomatique. Même dans ces cas, elles peuvent être rapportées à leur véritable cause,
le diagnostic s'appuyant d'une part sur les caractères
LÉO ns
cliniques si spéciaux du syndrome, et de l’autre sur l'existence latente d’un processus inflammatoire méningé chronique, de nature syphilitique, processus que metont en lumière la lymphocytose rachidienne presque constante .et la recherche dans le sérum et le liquide céphalo-rachidien de la réaction de Wassermann.
La réalité de la nature tabétique de ces crises gastriques d'apparence essentielles, est prouvée par les très nombreux faits d'observation clinique où il a été possible de suivre les malades assez longtemps pour voir survenir peu à peu d’autres signes caractéristiques du tabes.
L'absence indéfinie de ces Symptômes ne saurait même impliquer que les crises gastriques sont indépendantes de lésions discrètes du névraxe, l’existence
de tabes bénins, arrêtés, — peut-être sous l'influence du traitement — dans leur évolution, étant bien établie
aujourd'hui.
Les crises gastriques décrites comme essentielles et indépendantes de toute lésion nerveuse ne sauraient être admises. Des observations publiées, les unes reposent sur des erreurs de diagnostic, les autres ont trait à des cas où, aux accidents gastriques, se joignaient d’autres symptômes non douteux de tabes; les autres, enfin, ne sont nullement probantes pour différentes raisons; elles sont incomplètes et dépourvues en particulier d'un examen négatf du liquide Céphalo-rachidien; les malades au cas où ils ont pu être suivis, ont versé tôt ou tard dans le tabes ou dans la paralysie
générale; jamais enfin n’a pu être produite une seule