RHONE
gie liée à un ulcus douloureux montrera volontiers avec un doigt le siège de son mal, celui que tenaille une crise gastrique indique avec la main tout entière la partie supérieure de l'abdomen. Cette douleur s'irradie d'ailleurs dans différentes directions. Suivant les sujets, elle s'étend vers le dos, prédominant soit à la partie Supérieure au niveau des omoplates et des épaules, soit au contraire au niveau de la région lombaire; très souvent, les irradiations suivent les côtes, enserrant la partie inférieure du thorax comme dans un étau, sensation assez caractéristique et très fréquemment accusée par les malades. D'autres fois, c’est surtout du côté de l'abdomen qu'irradient les douleurs, qui peuvent, comme l'avait déjà signalé Charcot, gagner jusqu'aux aines: quand les douleurs sont très marquées du côté du ventre, elles ne relèvent souvent pas de la crise gastrique, mais d’une crise intestinale associée.
L'intensité des douleurs est très rarement modérée, donnant alors une sensation de souffrance sourde ou de poids douloureux. Leur violence est au contraire caractéristique. Atroces, angoissantes, elles ne peuvent être comparées en intensité à aucune autre par les malades auxquels elles. arrachent des gémissements et des cris. Si l’on cherche à faire préciser aux patients la qualité de ces douleurs, ils usent des comparaisons les plus variées : pour les uns, ce sont des impressions de piqüres innombrables, de fer rouge appliqué sur l'estomac, d'instrument aigu labourant les chairs; pour la plupart, la douleur est définie comme une sensation d’arra-
chement, de torsion ou de broiement de l’estomac.