‹ Le Syndrome "Crise Gastrique"Chapitre 8 sur 26 · AUS A · texte numérisé non relu

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dans lequel les malades font des efforts épuisants pour vomir : ils sont secoués par les contractions convulsives de leurs muscles abdominaux, leur visage est violacé, leurs traits expriment la plus douloureuse ‘angoisse ; le rejet d’une quantité même minime de liquide amène un calme relatif et un arrêt momentané dans les efforts spasmodiques. Ce fait est d’ailleurs curieux, puisque, comme le fait remarquer M. Mathieu (1), il ne s’agit pas de liquides acides ni fermentescibles; il faut donc admettre que l’irritabilité de la muqueuse est telle qu'elle se trouve mise en jeu par la plus petite quantité de liquide, jouant le rôle de corps étranger.

Toute ingestion de boisson provoque à nouveau le vomissement, car il existe pendant la crise une intolérance gastrique absolue, les malades s’en rendent bien compte puisque malgré leur soif très vive, ils se privent spontanément de boire, pour diminuer leur souffrance.

Les vomissements ne sont alimentaires que lors du début d’une crise survenue peu de temps après un repas, car ils sont essentiellement composés de liquides. Les liquides rejetés sont plus ou moins visqueux et filants suivant la quantité de mucus qu'ils renferment; leur couleur est variable; ils sont le plus souvent incolores ou grisâtres; puis ils deviennent bilieux quand les efforts persistent après évacuation complète de l'estomac, la bile refluant alors du duodénum vers le pylore sous l’influence des contractions. Enfin, les vomissement présen-

(1) Marmœu. — Des crises gastriques tabétiques. Rep. de thérapeutique médico-chirurgicale, 1900 p. 361.

tent assez souvent une teinte rosée due à la présence d’un peu de sang.

C'est la le premier degré des hématémèses qu'il n'est pas rare d'observer au cours des crises gastriques. Remarquées depuis longtemps, puisque Petitjean (1) les décrivait pour lapremière fois en 1874, mentionnées par Vulpian, Charcot et Fournier, signalées maintes fois depuis, elles ont fait l’objet des thèses de Debève (2) et de Rousselier (3).

L'abondance de l'hématémèse est généralement faible. Elle ne donne parfois au liquide qu'une teinte rose, uniforme ou striée de quelques filets sanglants. Il est très rare que le vomissement soit composé de sang pur. Le type habituel de l’hématémèse est celui où le sang partiellement digéré et finement divisé en particules noiràtres réalise le vomissement marc de café. Tel était l'aspect des vomissements dans les deux cas de crises gastriques avec hématémèses que nous rapportons (Obs. V et VI). Il a valu à cette variété de crises le nom de « crises noires » que leur donnent, après Charcot, les Allemands. a

Quoique d'ordinaire minimes, ces hématémèses peuvent être suffisantes pour s'accompagner de melœæna. Dans un cas de Kollarits (4) les hémorragies gastri ques semblent même avoir entrainé la mort; l’au-

(1) PETITIEAN. — Crises gastriques de l'alaxie. Thèse de Paris, 1874.

(2) DEBÈVE. — Des crises gastriques du labes avec hématémèses. Thèse de Lyon, 1899.

(3) RousseLrer. — L'hémalémèse au cours des crises gastriques du tabes. Thèse de Montpellier, 1910.

(4) J. KozzAR1TS. — Bluibrechen bei crises gastriques tabetiques. Neurol. Centralblatt. 1910 (11).

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