DELA FE RANE
une amélioration de ces deux lésions par l’absorption d’iodure de potassium.
«Je propose, écrit-il, une interprétation nouvelle
et qui se présente normalement à l'esprit comme la conclusion logique de l’observation que j'ai rapportée. Le lieu pathogénique qui réunit l’ataxie à certaines cardiopathies n’est autre que la syphilis et cette maladie produit tout à la fois le tabes et la lésion aortique. Dans le cas particulier du malade dont j'ai donné l’observation, celte interprétation me paraïil au-dessus de toute contestation... On rencontre de temps en tempsdes malades adultes atteints de lésions de l’orïlice aortique; ils ne sont pas athéromateux ; ils n’ont eu ni rhumatisme, ni maladies infectieuses dans leurs antécédents. La syphilis ne pourrait-elle être quelquefois la cause de ces lésions aortiques qui échappent absolument à l’étiologie des affections cardiaques et aortiques. »
À l'appui de sa théorie, Bouveret invoque les conclusions de Welch.
De bonne heure elle fut combattue. On lui reprocha d’être unique; on fit remarquer que l’iodure de
potassium agit sur toutes les néoplasies, syphili-.
tiques ou non; on nia l’origine syphilitique du tabes.
Enfin surtout, lorsque cette dernière objection fut
détruite, on suspecta toujours l’existence même d’une
aortite syphilitique. Sarda et Raymond firent remar-
quer l'échec du traitement mercuriel dans les deux
cas. M. Diculafoy (1) objecta qu'il était bien difficile 1. Diculafoy. Cliniques médicales, 1896-1897.
rl mue CD ét À À
Te Pr PEN REET id bai Ce ©
LÉ
ef ds sat Lis.
RO D de 0 CS dé: L
d'expliquer ainsi l'apparition si tardive de l’aortite et sa marche lente et chronique. D’autres auteurs enfin acceptèrent la théorie de Bouveret, mais avec cette restriction qu à la syphilis pouvaient s’ajouter d’autres causes telles que la sénileté et l’alcoolisme.
Malgré toutes ces objections, les partisans de la théorie de Bouveret devenaient de plus en plus nombreux. Schultz, en 1892, publiait deux cas d’insuffisance aortique chez des ataxiques et accusait formellement la syphilis d’avoir produit la cardiopathie et le tabes : Marie, Nordmann, Déjerine émettaient une opinion identique avec de nombreux autres auteurs.
Des travaux plus récents recherchèrent dans des statistiques la fréquence de la syphilis au cours de l’anévrisme de l’aorte. « Etienne (2) (1897) sur 133 ancvrismes aortiques trouve 94 syphilitiques, soit 69 o/o. Haussmann (1899) sur 64 autopsies d’anévrismes aorliques trouve 12 fois d’autreslésions syphilitiques. Rasch (1899) sur 28 autopsies d’anévrisme de l’aorte, dit la syphilis, certaine dans 16, probablement dans 7. Ces chiffres sont d'autant plus éloquents qu'on sait (Fournier, Guinon, Viaunay) qu'à l’interrogatoire soigné de malades atteints de lésions tertiaires typiques, dans plus de la moitié des cas on ne trouve aucune trace de syphilis. De sorte que, si l’on interroge au point de vue de la syphilis des malades porteurs les uns d’anévrismes, les