‹ Le Syndrome de BabinskiChapitre 20 sur 53 · Balmelle, Thèse Toulouse, 190r · texte numérisé non relu

Balmelle, Thèse Toulouse, 190r

habituel. Dans tous les traités classiques nous la

trouvons signalée.

En aucun cas, il convient de le bien remarquer, il n’était venu à la pensée des auteurs qu’il pouvait n’exister qu’une cause unique pour expliquer ces deux faits. Pour tous, l’aortite relevait de l’étiologie banale des maladies de cœur et les troubles pupillaires devaient toujours être mis sur le compte d’une compression nerveuse. Cétte opinion avait son point de départ dans les recherches mémorables de Claude Bernard en 1851 et de Waller en 1855, sur les effets de la destruction et de l'excitation du sympathique cervical et du nerf moteur oculaire commun. Il résulte de ces expériences, en effet, que :

1° Lorsqu'on sectionne le grand sympathique cervi- O

cal, la pupille se contracte, en même temps que les:

vaisseaux cutanés du même côté de la facese dilatent, la chaleur de l'oreille correspondante s'élève, les sécrétions salivaire et sudorale s’exagèrent.

2 Lorsqu'on excite le bout central de ce nerf, on observe les phénomènes contraires : la pupille se dilale en même temps que les vaisseaux cutanés du côté homonyme se resserrent.

3 Enfin, lorsqu'on répète les mêmes opérations sur le nerf moteur oculaire commun, on remarque que la pupille se contracte quand on excite le nerf, tandis qu’elle se dilate lorsqu'on le sectionne.

«Le sphincter de l'iris innervé par le moteur oculaire, de même que le dilatateur, innervé par le

Pt

sympathique, dit Boudinski (1), peuvent donc être atteints de myosis ou de mydriase causés tantôt par un spasme, tantôt par une paralysie de l’un des deux nerfs. »

De nouvelles expériences de Langley, Anderson, et Heese ont confirmé ces résultats et rejeté l’hypothèse de Chauveau d’après laquelle l'iris n’aurait qu’un sphincter innervé par le moteur oculaire commun, le sympathique ayant un rôle purement inhibiteur. MM. Jonnesco et Floresco (2) enfin ont apporté des faits identiques tirés de l’expérimentation sur l’homme; l'excitation du grand sympathique ou de son bout central après section détermine une dilatation de la pupille; sa section et sa résection produisent une contraction.

Les lésions aortiques, en avaient conclu les auteurs, répètent ces expériences. Elles déterminent tantôt une excitation, tantôt une destruction du nerf. L’excitation est légère dans la simple dilatation aortique, car dans ce cas le vaisseau ne fait qu’arriver au contact du nerf; elle est beaucoup plus marquée quand ilexiste de la périaortite, puisque le nerf est alors englobé dans une gaine très dense de tissu conjonctif. Il se produit, quoi qu'il en soit, dans les deux cas une m)driase du côté correspondant : elle est due à la mise en activité du dilatateur radié.

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