‹ Le Syndrome de BabinskiChapitre 50 sur 53 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

(De Massary. Presse médicale, 18 février r9ab).

Ce cas a trait à un homme de soixante ans, ébéniste, entré

dans le service pour des étourdissements fréquents pendant son L]

travail ; 1l se plaint également de toux revenant par quintes,

surtout pendant la nuit et le matin. C’est un homme maigre

et pâle, ayant l’aspect d'un artério-scléreux ; l'attention n’est

donc attirée que vers le cœur et les reins. Et, effectivement, on découvre facilement une insuffisance aortique, s’accompagnant d’une tension artérielle élevée, 22 ; les urines sont abondantes, émises fréquemment, cinq à six fois par nuit, mais ne contien-

nent ni sucre, ni albumine. Ces simples constatations Orgaui-

ques suflisent, à n’en pas douter, pour expliquer les troubles

fonctionnels accusés par notre malade ; mais, puisque nous

avions trouvé une insuffisance aortique, nous recherchâmes, de

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parti pris, des symptômes nerveux et il fut facile de mettre en évidence : ro une inégalité pupillaire,myosis à droite, irré-gularité à gauche ; 2° le signe d’Argyll-Robertson ; 3° une absence complète des réflexes achilléen et rotulien. Fait curieux, il fut impossible de déceler la syphilis ; notre homme n'eut qu'une éruption sur le corps et il prétend que ce fut la gale ; pas le plus petit chancre ni le moindre stigmate douteux ; marié, cet homme eut dix enfants, n’en perdit que cinq en bas âge, mais ce ne furent pas les cinq premiers : le premier est

vivant, 1l a trente-deux ans, le dernier a seize ans.

OBSERVATION XIV (Inédite).

(Communiquée par M. Vaquez).

Insuffisance aortique. — Inégalité pupillaire. — Abolition de l’accommodation à la lumière avec conservation de l'accommodation à la distance. — Abolition des réflexes rotuliens. —

Douleurs fulqurantes et douleurs en ceinture.

Mr L..., ménagère, âgée de {7 ans, entre, salle Damaschino, dans le service de M. Vaquez, le 1° juin 1902, pour une dyspnée assez violente dont elle souffre depuis deux ans. Dans les quatre derniers mois cette dyspnée s'est fort accentuée, et a mis la malade dans l'obligation d'entrer à l'hôpital : elle a été soignée dans le service de M. Siredey de septembre à novembre : à sa sortie elle allait beaucoup mieux.

Dans ses antécédents pathologiques on ne relève qu'une rougeole à l’âge de huit ans. Depuis elle n'a fait aucune maladie.

Elle nie tout accident spécifique antérieur. Elle ñ’a jamais eu

de grossesses. Elle présente par contre des symptômes d’éthylysme très nets * crampes dans les mollets, tremblement des doigts, pituites matinales, cauchemars.

L'examen du cœur permet de constater que la pointe bat dans le sixième espace, en dehors de la ligne mamelonnaire ; la percussion révèle une zone de matité en casque; à l’auscultation on entend un souffle doux aspiratif et voilé, siégeant au niveau de l'orifice aortique; il se propage en haut vers les vaisseaux du cou et le long du bord droit du sternum, vers la pointe. On entend en outre une tachycardie très accentuée ; le pouls qui est bondissant et dépressible bat à 140 pulsations à la minute. L’artère fémorale est le siège d'un double souflle ; le pouls capillaire est peu net; la tension artérielle : 18.

Un second symptôme attire l'attention, c’est l'inégalité pupillaire : la pupille gauche est très dilatée. En étudiant soigneuse-

ment les réflexes pupillaires, on constate que l’accommodation à

la lumière est abolie, tandis que l'accommodation aux distances

est conservée, L'examen des autres réflexes nous montre que les réflexes rotuliens sont abolis : les réflexes achilléens persistent. La malade interrogée avec soin nous apprend d'autre part qu'elle ressent des douleurs en ceinture et des douleurs en éclair dans les membres, depuis plus de deux ans. Elle compare ces dernières à des « coups de foudre ». Lynghocytose abondante.

Les autres viscères ne paraissent présenter aucune lésion. La malade est très affaiblie. »

M. Vaquez prescrit des injections intra-musculaires de biiodure

de mercure.

OBSERVATION XV (inédite)

(Communiquée par M. Vaquez).

Insuffisance et rétrécissement aortiques. — Notable affaiblissement du réflexe lumineux avec conservation de l’accommodation à la distance. — Abolition des réflexes rotuliens et

achilléens. — Douleurs fulqurantes. — Tabes fruste.

M. M... bijoutier, âgé de 42 ans, entre dans le service de M. Vaquez le 24 novembre 1904, pour une dyspnée fort accentuée. Cette dyspnée qui ne se manifestait qu’à l’occasion d'un effort depuis 1889 persiste depuis un mois durant toute la nuit et oblige le malade à se lever et à marcher.

Ce dernier se plaint en outre de douleurs au niveau de la région précordiale s'irradiant dans le bras gauche ; ses malléoles sont légèrement œdématiées.

Dans ses antécédents pathologiques on ne relève absolument que la syphilis qu'il contracta à l’âge de 20 ans. Il ne s’est guère soigné à cette époque que pendant six mois et encore très irrégulièrement. Plus tard un médecin qu'il consulta à l'occasion de sa dyspnée lui prescrivit des frictions mercurielles. En 1902 il fut traité par des piqûres dans le service de M. Gaucher ; au commencement de 1904 on lui institua le même traitement à Andral.

L'examen du cœur nous apprend que la pointe bat dans le cinquième espace, sur le prolongement de la ligne mamelon— naire ; l’orifice aortique est le siège d’un souffle systolique très

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rude ; et d’un autre diastolique beaucoup plus doux ; à Ja palpation on sent un thrill très net. Le pouls est bondissant et dépressible ; l'artère fémorale présente un double souffle ; 1l n’y a pas de pouls capillaire. Les sous-clavières sont surélevées, La veine jugulaire externe est le siège d’un abaissement postsystolique (insuffisance tricuspidienne).

Les pupilles'présentent une inégalité très nette, la droite est punctiforme. Le réflexe lumineux est notablement affaibli tandis que l’accommodation à la distance persiste.

Les réflexes rotuliens et achilléens sont abolis. Aucun autre signe de tabes ne peut être relevé, si ce n’est des douleurs fulgurantes qui persistent depuis cinq ans. La ponction lombaire révèle une lymphocytose abondante.

Le foie est gros; il remonte jusqu'au cinquième espace intercostal et déborde les fausses-côtes de trois travers de doigt. Il est douloureux à la pression mais ne présente pas de battements hépatiques. |

L’estomac est dilaté. Il n’y a pas d’albumine dans les urines,

OBSERVATION XVI (Inédite).

(Communiquée par M. Vaquez),

Insuffisance et rétrécissement aortiques sans dilatation. — Perte

du réflexe lumineux avec conservation de l'accommodation

à la distance. — Abolition des réflexes achilléens et patellaires. — Douleurs en ceinture. — Tabes incipiens. — Pleurésie gauche.

Me P..., ménagère, âgée de 46 ans, entre le rer juin 1905

salle Damaschino, dans le service de M. Vaquez, pour une

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dyspnée très vive dont le début remonte à huit jours, et a coïncidé avec l'apparition d’un point de côté à gauche. Déjà elle a présenté des symptômes analogues il y a trois mois, qui avaient mis dans l'impossibilité de monter un étage. Elle se plaint en outre de douleurs dans la région précordiale qui la font souffrir depuis bientôt six mois. Elle tousse enfin depuis qu'elle souffre du côté. |

Les antécédents pathologiques sont assez chargés. Elle a eu un érisypèle il y a deux ans, une attaque de rhumatisme articulaire aigu il y a trois ans ; enfin elle a eu un chancre syphilitique à l’âge de 20 ans : auquel a succédé une roséole dont elle se souvient très bien.

Elle a eu deux enfants : l’un d’eux est mort à l’âge de onze mois, mais il est impossible d’en déterminer la cause précise.

L'examen du cœur apprend que la pointe bat sous la sixième côte, un peu en dehors de la ligne mamelonnaire. A la percussion, la zone de matité cardiaque apparaît augmentée dans toutes ses dimensions. L’orifice aortique est le siège d'un double souffle : l’un systolique, rude et râpeux, l’autre diastolique, beaucoup plus doux et plus moelleux. Les artères présentent un certain nombre de phénomènes caractéristiques : le pouls est dur, bondissant, et dépressible ; le pouls capillaire est très marqué ; le double souffle crural s'entend nettement. Les sousclavières sont surélevées: on peut s’en rendre compte à l’inspection et à la palpation. La tension artérielle : 19.

Les pupilles apparaissent absolument normales. Lorsqu'on en examine les réflexes, on constate que l’accommodation à la lumière est complètement abolie, tandis que l’accommodation aux distances est restée normale.

L'étude des autres réflexes est aussi instructive ; à droite et

à nu les réflexes achilléens et rotuliens sont abolis. La malade n’a jamais ressenti de douleurs dans les jambes, mais souffre depuis longtemps de douleurs er ceinture. Elle présente enfin de la rétention d'urine qui a mis dans l'obligation de la sonder. Lymphocytose rachidienne abondante.

À la base du poumon gauche, il existe de la submatité, de l'abolition des vibrations et de l’égophonie; le murmure vésiculaire est disparu.

Il y a de l'albumine dans les urines.

Il ne paraît y avoir aucune autre lésion organique.

OBSERVATION XVII (inédite)

(Communiquée par M. Vaquez).

Insuffisance aortique et insuffisance mitrale. — Myosis bilatéral. — Perte du réflexe lumineux avec conservation de l'accommodation à la distance. — Abolition des réflexes achilléens et patellaires. — Douleurs fulgurantes. — Tabes fruste.

M. R..., scieur de bois, âgé de 62 ans, entre salle Lorrain, dans le service de M. Vaquez le 7 mars 1902. Il se plaint d’une dyspnée très vive qui l’oblige à se lever et à marcher pendant la nuit. Cette dyspnée est apparue pour la première fois il ya dix-huit mois, en même temps qu’une toux légère et quelques crachats : il a dû interrompre son travail pendant trois mois, En mars 1904 elle estréapparue en même temps que des palpitations trés violentes, de la toux, quelques crachats hémoptoïques, de l’œdème des membres inférieurs, des urines rares et sombres.

Le mieux se fit sentir en peu de jours, grâce à l’administra-

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tion de macération de digitale. Sa gêne respiratoire actuelle remonte à trois semaines.

Dans ses antécédents on ne relève qu'une dothiénenthérie, à l’âge de 8 ans; une blennorrhagie à 20 ans; un rhumatisme articulaire aigu à 32 ans.

A l'examen du cœur on constate que la pointe bat sous la sixième côte, sur le prolongement de la ligne mamelonnaire. L’auscultation révèle un souffle doux et voilé à l’orifice aortique, ainsi qu’un aütre plus rude au niveau de la pointe et se prolongeant vers l’aisselle. Le pouls bondissant et dépressible bat à 90. L’artère fémorale présente le double souffle de Durozier.

L'examen des pupilles est des plus instructifs, Il existe un myosis bilatéral. L’accommodation à la lumière est totalement abolie, tandis que l’accommodation à la distance persiste. Les réflexes achilléens et rotuliens sont abolis des deux côtés. On ne trouve aucun autre signe de tabes, sauf toutefois quelques douleurs fulgurantes qui existent depuis une vingtaine d'années déjà. Lymphocytose abondante du liquide céphalo-rachidien.

Les poumons présentent quelques râles humides aux deux bases. Le "foie est un peu gros et légèrement douloureux. Les urines sont normales.

L'état général du malade est assez affaibli.

OBSERVATION XVIILT (Inédite).

(Communiquée par M. Vaquez).

Insuffisance aortique. — Myosis bilatéral. — Notable affaiblissement du réflexe lumineux. — Réflexes rotuliens normaux.

M. T..., cocher, âgé de 61 ans, entre le 7 janvier 1909 dans

le service de M. Vaquez pour de la dyspnée d'effort apparue il

y a trois semaines. Il se plaint en outre de vertiges qui persistent depuis quatre ou cinq ans déjà et sont plus accusés le matin après le lever. Depuis quinze jours enfin il tousse, ainsi que cela lui arrive tous les hivers.

Ses antécédents pathologiques sont peu chargés. En 1889 il a été très dyspnéique pendant plusieurs semaines et a pris de la digitale. Il a été opéré d’une appendicite il ÿ a quatre ans. L'an dernier il a eu une phlébite. Il présente des signes d'éthylisme très nets : tremblement des mains et de la langue, crampes dans les mollets, pituites matinales. L’interrogatoire ne permet pas de décoüvrir d'accidents spécifiques antérieurs.

L'examen du cœur révèle une pointe qui bat dans le sixième espace intercostal. On entend un souffle diastolique doux et moelleux à l’orifice acrtique. Les sous-clavières sont surélevées, on ne perçoit pas le double souffle crural ni les autres signes périphériques habituels.

Les pupilles sont rétrécies, surtout la gauche quiest punctiforme. Le réflexe lumineux est notablement affaibli des deux côtés.

Les réflexes achilléens et patellaires sontnormaux ; il n'existe aucun signe de tabes. Lymphocytose rachidienne.

Les poumons présentent quelques râles sous-crépitants aux bases ; au sommet gauche, en avant, il existe de la submatité ; la respiration est légèrement affaiblie.

Le foie, douloureux et gros, déborde les fausses-côtes.

L'état général du malade est satifaisant,

OBSERVATION. XIX (inédite) (Communiquée par M. Vaquez).

Insuffisance ‘aortique. — Inégalité pupillaire, abolition du réflexe lumineux avec conservation de l'accommodation à la distance. — Abolition du réflexe rotulien gauche et du réflexe

achilléen du méme côté. — Tabes frusle.

Mre B..., âgée de 45 ans, est examinée par M. Vaquez en juin 1904. Elle est en proie à une dyspnée très vive ayant débuté huit jours auparavant; cette oppression interdit tout effort à la malade et l'empêche de demeurer couchée.

Les antécédents pathologiques sont nuls ; il est impossible de dépister la syphilis.

L'examen du cœur révèle une pointe qui bat dans le sixième espace intercostal, sur la ligne nn lon ee il existe à l'orifice aortique un souffle diastolique doux et aspiratif, mais néanmoins très marqué ; il se propage le long du bord droit du sternum. Le pouls est bondissant et dépressible, le pouls capillaire est très net, le double souffle de Durozier s'entend facilement. La tension artérielle == 16.

Lorsqu'on examine les pupilles on est frappé par l'existence d'une inégalité pupillaire très marquée, la pupille droite est normale, tandis que la pupille gauche est très dilatée, on constate d'autre part la perte du réflexe lumineux des deux côtés, tandis que l’accommodation à la distance est normale.

La recherche des autres réflexes est très instructive. Le

réflexe rotulien droit est très affaibli tandis que le gauche est

complètement disparu, Il en est de même pour les réflexes achilléens : le droit est très diminué tandis que le gauche n'existe plus.

Jamais la malade n’a ressenti de douleurs fulgurantes ; la démarche est normale; il n’y a pas d’autres signes du tabes. L'état général de la malade est très affaibli.

IL n'existe aucune autre lésion organique.

OBSERVATION XX (inédite)

(Communiquée par M. Vaquez).

Insuffisance et rétrécissement aortiques sans dilatation. — Myosis bilatéral. — Perte du réflexe lumineux avec conservation de l'accommodation à la distance. — Abolition des

réflexes rotuliens.

Mme C..., ménagère, entre salle Damaschino, dans le service de M. Vaquez, le 4 mai 1905, pour une hémiplégie droite avec aphasie, survenue dans la nuit du 28 au 29 avril. Depuis cette époque l'aphasie a légèrement rétrocédé, mais la malade parle très mal et ne peut fournir aucun renseignement.

À l'inspection on est frappé par un myosis bilatéral très accentué. L'examen des pupilles révèle des deux côtés le signe d’Argyll-Robertson. On recherche alors l’état des autres réflexes et on constate que les réflexes rotuliens sont abolis; les réflexes achilléens sont normaux.

L’auscultation de l'aorte décèle à l’orifice aortique l'existence

d'un double souffle : le premier râpeux, le second doux et

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