‹ Le Syndrome de BabinskiChapitre 8 sur 53 · TS DRE · texte numérisé non relu

TS DRE

Truc (1), enfin, est encore plus catégorique puisqu'il considère les cas de tabes compliqués de lésions+ardio-aortiques comme extrêmement rares.

Loin d’avoirune telleopinion, la plupart des auteurs pensent au contraire qu’il convient de tenir l’aortite pour une des manifestations viscérales qui surviennent le plus fréquemment au cours de l’ataxie. On peut dire que Rendu traduit la pensée de tous ces auteurs lorsqu'il écrit « qu’il n’y a pas de clinicien qui n’ait eu occasion d’en rencontrer au cours de sa pratique personnelle ».

Nordmann, avons-nous dit plus haut, déclare que ce sont les premiers observateurs, surtout, qui ont écrit qu’une telle association était rare. Il y a lieu de bien remarquer que cette observation n’a rien d’absolu. Celui-[à même, en effet, qui, en 1879, fait pour la première fois mention de cette coïncidence, Vulpian, voulons-nous dire, ne craint pas d’ajouter qu’elle est assez fréquente, dans les dernières périodes de l’ataxie du moins. Charcot émet une opinion à peu près analogue.

Afin d’étayer leurs conclusions sur des bases solides tous les auteurs dont il nous reste à examiner les travaux se sont efforcés d'établir des statistiques tant avec les faits tirés de la littérature médicale qu'avec ceux fournis par leur expérience person-

nelle.

1. Truc. « Ataxie locomotrice et lésions cardiaques ». Lyon médical, 1883.

Jaubert (1) a rencontré 17 fois des lésions aortiques dans 28 cas d’ataxie, c’est-à-dire une proportion de 70/00. Celle-ci ne s'élève qu’à 55/00 chez les cardiaques non ataxiques. Il en conclut qu'il n’est pas Girralionnel » d'attribuer le chiffre élevé obtenu dans le premier cas à la coïncidence du tabes. Balacakis n’est pas de cet avis et pense qu'il est facile de concilier les opinions si divergentes rapportées jusqu’alors. D’après cet auteur, en effet, les lésions cardioaortiques sont fréquentes chez les tabétiques ayant eu des maladies antérieures telles que le rhumatisme et la syphilis. Elles sont rares, au contraire, 6/00 au lieu de 28/00, chez les ataxiques sans antécédents morbides.

Tous les travaux postérieurs ont montré d’une manière formelle qu’il estrare, en réalité, de retrouver l’étiologie banale des maladies de cœur parmi les antécédents des ataxiques : les conclusions de Balacakis sont donc à rejeter. Nous retiendrons seulement des faits avancés par lui qu’en aucun cas le chiffre de ses statistiques n’atteint celui rapporté par Jaubert qui est sans doute fort élevé.

Marie (2) déclare qu'il existe environ une lésion cardiaque pour quatre ou cinq ataxiques pris au hasard. Nous trouvons dans la thèse de Nordmann des recherches fort consciencieuses, en vue d'établir la fréquence réelle de cette coïncidence des deux

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