ACUITÉ VISUELLE BASSE D'UN COTÉ SANS LÉ- SION OPHTALMOSCOPIQUE
a) Il faut penser à l’amblyopie congénitale. On sait avec quelle fréquence elle peut être longtemps ignorée du malade. Le diagnostic peut être très difficile. Dans certains cas elle est associée à des troubles nets de la réfraction, mais dans d’autres cas elle est pure, accompagnée d’un scotome central. (C’est dans ces cas qu’il sera intéressant de rechercher par l’'interrogatoire si dans l’enfance, cet œil a présenté un strabisme. Enfin dans les cas douteux c’est l’examen général qui aidera au diagnostic.
b) Il faudra éliminer la névrite rétro-bulbaire, non pas la névrite par intoxication (nicotino-alcoolique,
ie
sulfure de carbone) qui est rapidement bilatérale mais ces névrites infectieuses d’étiologie souvent obscure et qui le plus souvent restent unilatérales.
Il peut s’agir de la névrite rétrobulbaire infectieuse aiguë individualisée par Hockx et PariNAURP et que Lenorr a bien étudiée dans sa thèse. Le signe caractéristique est la douleur, douleur spontanée frontale et péri-orbitaire précédant souvent le trouble de la vue, douleur provoquée par la pression du globe d'avant en arrière ou par la mobilisation extrême du globe. L’étiologie est variée : infections générales, grippe, rhino-pharyngite. Parfois l'infection est très légère et a pu passer inaperçue. L'évolution se fait vers la guérison en un temps variant de quelques Jours à quelques semaines.
— La névrite rétro-bulbaire par infection focale (sinusites postérieures parfois sans lésion apparente des sinus, infection dentaire..….). Elle présente un tableau parfois analogue à la forme précédente et guérit après traitement du foyer originel. Quelques auteurs ont insisté sur la grande étendue du scotome central dans ces cas. Cette névrite rétro-bulbaire a fait l’objet de nombreux travaux et son individualité est encore contestée par certains auteurs.
— La névrite rétrobulbaire de la sclérose en plaque est de diagnostic souvent diflicile car elle peut être le premier symptôme. Dans certains cas la guérison se fait en une quinzaine de jours, mais parfois la maladie évolue pendant des semaines. Le diagnostic ne
Ne
pourra se faire que par l'examen général (étude des réflexes tendineux et cutanés, ponction lombaire...) Il est tout à fait exceptionnel que l’on ne découvre pas un autre signe (abolition du réflexe cutané abdominal, par exemple.)
Cette classification des névrites rétro-bulbaires infectieuses est très schématique caril est souvent diflicile de trouver une étiologie nette.
Dans certains cas, (arachnoïdites), infection atténuée et compression semblent marcher de pair. Nous discuterons cette question plus loin.
Werzz et Norpmann estiment que le début lent, la bilatéralité rapide, l’absence de guérison en quinze jours doivent faire suspecter une compression du nerf optique. Nous confirmons le début lent et le défaut de guérison mais non la bilatéralité qui est au contraire tardive.
En définitive l'examen local seul est impuissant pour étayer un diagnostic. Devant une baisse de l’acuité visuelle unilatérale avec scotome central c'est l'examen général, les antécédents qui permettront d'établir le diagnostic.