INTRODUCTION
Il est fréquent d'observer chez de jeunes malades, dès les premiers mois de l'existence, des troubles variés de la motilité dont les caractères communs sont d’être plutôt spasmodiques que paralytiques, d'atteindre les membres inférieurs plutôt que les supérieurs, de frapper les deux côtés du corps, de s'améliorer parfois avec les progrès de l’âge, de s'accompagner très souvent de troubles intellectuels et de mouvements choreoathétosiques. Si ces types morbides avaient été déjà vus par Delpech et Heine, c’est néanmoins à Little que revient l’honneur de la première description de ce syndrome, dans un mémoire publié, en 1862, dans les 7ransactions London Obstetrical Society. L'auteur anglais rattachait à un accouchement laborieux ou prématuré cette rigidité spastique de l'enfance et en décrivait même deux formes, l’une spinale, l’autre cérébrospinale. Ainsi s’amorçait une discussion encore ouverte de nos jours. '
Depuis lors, en effet, on a soutenu sur l’origine et la pathogénie des diplégies cérébrales infantiles deux théories, l’une dualiste, l’autre uniciste, pourrions-nous dire. Les dualistes ont accentué la division clinique de Little et décrit deux variétés qu’ils opposent l’une à l’autre : d’une part, une paralysie d’origine cérébrale, l'hémiplégie ou la diplégie cérébrale, affection bien individualisée par Cazauvielh, Heine et Cotard, d’autre part, une paraplégie de cause spinale, la paraplégie spastique congénitale, la maladie de Little proprement dite.
Les partisans de la théorie dualiste soutiennent, au contraire, qu’on ne doit pas opposer la paralysie cérébrale à la paralysie