‹ Le syndrome de Stokes-Adams et les Troubles de la Conductibilité d'après 54 ObservationsChapitre 11 sur 65 · OBSERVATION CHAUVEAU · texte numérisé non relu

OBSERVATION CHAUVEAU

De la dissociation du rythme auriculaire el du rythme rventriculaire.

Le cas que je vais signaler est très rare ; c’est probablement le premier publié. Il mérite d’attirer tout particulièrement l'attention, car il est fort curieux et très intéressant au point de vue physiologique.

I s’agit d’un malade sur lequel l’oreillette battait avec son rythme normal, 60 à 65 fois par minute, tandis que le ventricule battait avec un rythme extrêmement ralenti, . à 24 fois par minute.

On soit, qu’à l’état physiologique, les deux rythinès soht étroitement associés, absolument dépendants l’un de l’autre; l'oreillette se contracte et le ventricule suit ; chaque révolution du cœur comporte une systole auriculaire brève, nécessairement couplée avec une systole ventriculaire longue. Ici les deux organes, oreillette et ventricule, jouaient d’une manière tout à fait indépendante, Chacun semblait travailler pour son compte, sans se soucier du travail du voisin, et cela, d’une manière constante, permanente ; jamais les deux organes ne s’influençaient réciproquement, si ce n’est quand leurs mouvements coïncidaient dans une de ces rencontres fortuites que la discordance régulière des deux rythmes amenait forcément d’une manière périodique.

Dans quelles circonstances et comment ce curieux phénomène a-t-il pu être constaté ? s

Il a été observé sur un malade du service de mon excellent collègue et ami, M. le Professeur Bondet. L'observation deese malade, Damiron Jean-Baptiste, a été publiée dans la thèse inaugurale de M. le docteur Figuet, mais sous une SLT étiquette, faute des documents recueillis à mon laboratoire. Je vais reconstituer en la complétant la description des signes fournis par l'appareil circulatoire. Il sera RGts alors de porter un jugement sur l’exactitude de la conséquence que j'en ai tirée. |

Ce qui a frappé tout d’abord chez ce malade, c’est la rareté du pouls radial; on ne compte à la minute que 24 pulsations, parfaitement uniformes du reste, et très régulièrement espacées. Le tracé sphygmographique donne tous les caractères habituels du pouls lent, particulièrement le

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plateau systolique et l’abaissement lent, graduel, continu de la partie diastolique de. la courbe, (Les mots systoliques et diastoliques se rapportent ici aux périodes de contraction et de relâchement du ventricule.) Il est à remarquer, ceci est important, qu'aucun accident ne vient jamais modifier cette ligne de descente ; le plus souvent même, il est impossible d’y distinguer les quelques ondulations qu’elle présente habituellement, à son début, dans cette forme de pouls.

Les pulsations. carotidiennes participent beaucoup à ces mêmes caractères, Mais le tracé de ces pulsations, recueillies à l’aide du sphygmographe à transmission, offre souvent, de ci de là, de très petits soulèvements disséminés en apparence irrégulièrement au milieu des vraies pulsations, qui sont fortes, égales et régulières. Ces petits soulèvements sont indiqués dans le tracé publié par M. Figuet (fig. 1).

HD TRS

IL faut qu’on sache tout de suite — le fait va être démontré tout à l’heure — que ces petits soulèvements n’appartiennent pas à la carotide, mais bien à la jugulaire.

Cest le tracé de la pulsation cardiaque qui présente le plus d’intérêt. Pour l'obtenir avec toutes ses particularités intéressantes, il n’a pas suffi de l'enregistrer sur les appareils cliniques ordinaires. C’est à l’inscription continue sur un des grands cylindres de. mon laboratoire, que je dois d’avoir pu démêler les véritables caractères de cette pulsation cardiaque. Le fragment suivant (fig. 2) est parfaitement suffisant pour montrer ces caractères. \

Les pulsations ventriculaires vraies sont très belles. Elles coïncident exactement avec les pulsations radiales, sauf le

Chron. Sec.

retard physiologique de celles-ci. Les pulsations ventriculaires reviennent très régulièrement toutes les deux secondes et demie. Elles sont amples et longues ; c’est le seul caractère qu'il y ait à indiquer maintenant ; on reviendra plus loin sur quelques autres. À

Mais, indépendamment de ces pulsations cardiaques proprement dites, on trouve dans le tracé l'indication d’autres pulsations beaucoup plus petites, plus brèves et pus “Ares quentes. C’est ce dernier caractère qui offre le plus d’intérêt : il est très facile de voir qu’elles reviennent un peu plus souvent que toutes les secondes et cela d’une matiere fort constante. C’est un rythme tout aussi régulier que celui des

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