‹ Le syndrome de Stokes-Adams et les Troubles de la Conductibilité d'après 54 ObservationsChapitre 65 sur 65 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Les troubles de la conductibilité cardiaque sont fréquents, puisqu’un seul médecin, en une dizaine d'années de pratique de cardiologie a pu en réunir 54 cas.

II. — A ces troubles de la conductibilité se superposent très communément des accidents nerveux qui caractérisent le syndrome de Stokes-Adams. Une telle association est relevée dans 38 cas de notre statistique; dans 10 cas, il n’existait aucun accident nerveux, dans les 6 cas restant, l’interrogatoire du malade n’a pu être fait. L’accident nerveux du syndrome de Stokes- Adams est dû à un arrêt ventriculaire qui n’est luimême que l'expression d’un block nodo-ventriculaire

total passager.

III: — Les troubles de la conductibilité se présentent sous un aspect variable.

Tantôt permanents et fixes, ils consistent en block auriculo-ventriculaire partiel ou total ou en block nodo-ventriculaire partiel sous forme d’altérations du complexe véntriculaire électrique.

ee

Tantôt variables, soit incessamment d’un examen à l’autre, soit lentement, au cours de l’évolution de la maladie, d’une façon régressive ou plus souvent progressive. '

Tantôt paroxystiques, ne se montrant qu’au moment des accidents nerveux.

IV. — Si l’on envisage la fréquence et la répartition des accidents nerveux, on peut distinguer dans nos 38 CAS :

Les Stokes-Adams avec accidents solitaires ou clairsemés (17 cas).

Les Stokes-Adams ayant présenté une phase critique, dangereuse, avec nombreux accidents nerveux (21 cas). Parmi ces dernièrs, la forme dite commune — avec la succession de ces deux phases : block partiel et accidents répétés, puis block total stable et bien toléré — ne s’est trouvé réalisée que dans trois obser-

vations.

V. — Les troubles de la conductibilité et la maladie de Stokes-Adams évoluent en général sur un terrain de cardiopathie avec une fréquence de 75 0/0 environ, dont 50 o/ chez des hypertendus avec gros cœur, avec ou sans sclérose rénale et 25 0/0 chez des mitro-aortiques.

Le rôle de la syphilis dans l’étiologie du syndrome de Stokes-Adams semble avoir été exagéré. Dans notre statistique, nous ne trouvons, comme syphilis certaine que 5 cas sur 46 examinés à ce sujet, ce qui, même avec la marge d'erreurs tenant aux syphilis méconnues, nous laisse bien loin de l'équation que

certains auteurs ont tenté d'établir entre la maladie de Stokes-Adams et la vérole.

L'origine traumatique a pu être invoquée dans deux de nos observations.

VI. — A côté des formes classiques du Stokes- Adams, les méthodes modernes d’exploration du cœur, et notamment l’électrocardiographie, tendent à faire une place de plus en plus large aux formes frustes ou larvées. Il est possible que, dans l’avenir, certains cas de mort subite inexpliqués aujourd’hui, puissent venir prendre place dans ce syndrôme.

VII. — Rappelons que c’est à un physiologiste français, Chauveau, que revient le mérite d’avoir, pour la première fois, fait la démonstration chez l’homme de la dissociation auriculo-ventriculaire complète. C’est à Lyon, en 1883, que le pouls lent du syndrome de Stokes-Adams reçut sa signification véritable.

Le PRÉSIDENT DE LA THÈSE ROQUE Vu:

LE DOYEN, Jean LÉPINE.

Vu et permis d'imprimer :

Lyon, le 23 Novembre 1922.

Le RECTEUR, PRÉSIDENT DU CONSEIL DE L'UNIVERSITÉ, © J. CAVALIER.

io

Page 1