‹ Le Syndrome Entéro-RénalChapitre 19 sur 38 · RE NY · texte numérisé non relu

RE NY

Il est un autre genre de lésions urinaires qui favorisent le maintien d’un syndrome entéro-rénal. Ce sont les anomalies de l’appareil urinaire. Il en a été signalé un très grand nombre et leur influence a été étudiée par de nombreux auteurs. Nous ne citerons ici qu'une anomalie rénale curieuse et intéressante par lallure qu’elle a imprimée à la maladie. Il s’agit d’un cas de rein surnuméraire infecté et seul infecté qui depuis plusieurs années a influé sur un syndrome entéro-rénal. Nous devons cette belle observation à notre Maître M. le Professeur CHIRAY que nous remercions d’avoir bien voulu nous la conlier.

Mlle Rog.…., médecin, est suivie depuis le 1‘ juin 1933 par le Professeur CHiRay. Elle présente une histoire extrêmement complexe et délicate à élucider. Le diagnostic n’a pu être établi que peu à peu. Lors de sa première visite elle présentait depuis trois ans des troubles intesfinaux : douleurs abdominales en barre, pesanteur, et constipation très marquée. Ayant eu en Mars 1935 une aggravation de tous ses symptômes, s'accompagnant en outre de nausées et de vomissements, elle fut opérée de l’appendicite.

A parlir de ce moment va se développer un état pathologique fait de manifestations diverses intriquées : infection urinaire à colibacilles, lésions ostéo-articulaires et troubles intestinaux.

La cystite colibacillaire se déclara après une cure à Châtel-Guyon. C’est à peu près au même moment que surviennent des douleurs Iombaires traduisant une spondylite et un rhumatisme sacro-iliaque. Un examen cyto-bactériologique pratiqué à ce moment montre la présence de colibacilles en grande quantité sans réaction leucocytaire. D'un autre côté l’examen ostéo-articulaire est fait par le Docteur BAILLEUL

qui conclue : « Pas de lésions à la colonne vertébrale = spondylite avec contractures -— ganglion crétacé paralombaire. Le fémur gauche

est épaissi et incurvé ».

Pour compléter les renseignements, divers examens sont alors faits et donnent les résultats suivants : Urée sanguine : 0,46 pour 1.000. Cholestérine : 1 gr. 60 pour 1.000. B. W. et Hecht : négatifs. Phénolsulfonephtaleine : 68 %. 4

Du côté intestinal, on constate par la radiographie un dolichocolon transverse et un gros cæcum mobile, enflammé et peut être volvulé, expliquant la constipation et les douleurs abdominales.

On institue alors un traitement par milieu vacciné très bien toléré, ainsi qu’une thérapeutique intestinale pour lutter contre la constipation (mucilages).

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Revue 4 mois après, on peut constater une grosse amélioration tant du côté intestinal que du côté vésical. Les manifestations urinaires ont disparu, la température est normale, néanmoins le colibacille persiste dans l'urine en moins grande quantité qu’autrefois cependant. Toutefois la question osseuse demeure : les douleurs articulaires sont peutêtre un peu moins marquées, mais la marche est difficile, de travers, ne peut être prolongée; la station assise est elle-même très pénible,

Cet état se prolonge encore 3 mois avec des alternatives d’améliorations et de rechutes. Les poussées articulaires coïncident avec les poussées de cystite purulente et restent l'élément dominant par les troubles extrêmement pénibles qu’elles provoquent (obligeant à marcher complètement de travers, la cuisse en abduction et rotation interne). La palpation du rein droit montre une zone douloureuse, Le cathétérisme fait à ce moment donne les résultats suivants : colibacillurie vésicale; pas de pyélonéphrite, légère hydronéphrose droite. 3 reins dont 2 à gauche. continu se présentent de temps en temps des exacerbations :

Cependant les phénomènes ostéo-articulaires s’exagèrent de plus en plus et deviennent l'élément prédominant. Par la suite sur ce fond

— crises douloureuses abdominales.

__ crises de cystite leur correspondant et manifestations articulaires auxquelles s'ajoutent maintenant des migraines atroces et des poussées de cellulite.

Le 11 avril 1935, survient une aggravation des symptômes abdominaux : douleurs extrêmement intenses liées à la typhlocolite, toute la région iléo-cæcale est douloureuse, en même temps que se produit une explosion d’arthrite des pieds, des hanches et de la colonne vertébrale. Le Docteur Roux-BERGER intervient alors sur l'intestin pour éliminer cette origine des troubles. Voici le protocole opératoire : « adhérences importantes entre la partie droite du transverse et le cæco ascendantangle droit serré, fermé et fixé. Cicatrice appendiculaire sans adhérences __ cæcum très mobile. Aucune adhérence autour de l’iléon terminal, mais une iléite importante au niveau des derniers centimètres du grêle. Libération des adhérences de l’angle droit. Fixation du cæcum ». Quelques semaines plus tard une nouvelle intervention est pratiquée sur le rein droit cette fois pour le fixer. Au cours de la convalescence elle fait une pleurésie très courte de 1 mois et une rechute intestinale à la suite des injections de morphine.

Cependant l’état est plus satisfaisant, la malade pouvant même reprendre doucement son travail. Mais peu de temps après elle présente un anthrax du doigt. On tente alors une injection de propidon qui déclanche immédiatement un réveil intestino-rénal. Les manifestations articulaires persistent toujours; le colibacille étant retrouvé en abondance dans les urines, un deuxième examen urologique est fait par le Docteur H. MARION qui conclue :

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