‹ Le Syndrome Entéro-RénalChapitre 24 sur 38 · IV. -- LA SENSIBILISATION · texte numérisé non relu

IV. -- LA SENSIBILISATION

Nous voudfions insister enfin sur un point un peu particulier du syndrome entéro-rénal. C’est le rôle des toxiques comme sensibilisant de lésions urinaires. Nous avons eu plusieurs observations que nous devons à M. le Professeur CHIRAY et qui évoque ce fait de façon indiscutable. C’est par ce mécanisme que semblent agir toutes les causes exogènes de bouleversement du chimisme colique : que ce soit une infection indépendante (la grippe), ou un traumatisme local comme un lavage d’intestin ou encore comme nous l’avons vu dans un de nos cas une injection de propidon.

Il nous paraît certain que ces causes sont déterminantes, car l’apparition des manifestations urinaires les suit de lrop près, est une réponse trop immédiate pour que l’on puisse envisager un autre mécanisme, la migration des germes par exemple.

On doit alors envisager la suite des événements de la facon suivante. La cause déclanchante produit une irritation de la muqueuse intestinale, avec réponse de celle-ci; il en découle une prolifération microbienne intense, dont l’activité aboutit à la formation ge corps toxiques. Ceux-ci sont absorbés et lors de leur élimination donnent un coup de fouet à l’infection urinaire. Le choc intestinal retentit immédiatement sur l'appareil urinaire. Nous allons citer a l’appui de ces faits une observation absolument caractéristique et très démonstrative :

Mme Goy.… (Malade du Professeur CHiRAY et du Docteur FRANCILLON- LOBRE) présentait un syndrome entéro-rénal absolument typique : crises de colibacilluries liées à un état de constipation très marquée.

La cystite colibacillaire est apparue au décours d’une fièvre typhoïde pendant la déffervescence. Le colibacille et du pus furent trouvés à

ou

l'examen bactériologique. Le point particulièrement intéressant réside dans le mode d'apparition des poussées de cystite. Pour vaincre sa constipation cette malade était obligée de faire chaque matin un lavage intestinal. Après la garde-robe provoquée, environ 3/4 d'heure à une heure, jamais plus et régulièrement à chaque fois, apparaissaient des douleurs vésicales très violentes, si intenses qu’elles s’accompagnaient de tendances syncopales. En même temps un prurit vulvaire intolérable, Chaque lavage intestinal causait toujours dans les mêmes délais rapprochés, les mêmes manifestations urinaires. La crise vésicale se prolongeait environ 1/2 heure, et disparaissait après une miction d'urines purulentes, contenant des colibacilles en abondance et du pus. Une cystoscopie fut pratiquée par le Docteur H. MarIoN qui mit en évidence de petits abcès de la vessie et du col vésical.

Cette observation ne peut pas s’interpréter autrement que par des phénomènes de sensibilisation des lésions vésicales sous l'influence des lavages intestinaux.

En effet la régularité d'apparition des troubles urinaires après chaque irrigation intestinale, les délais extrêmement rapprochés dans lesquels ils se produisaient, ne laissent place qu’à une intervention toxique. Le lavage mettait en liberté des corps toxiques dont la résorption favorisée par l’hydratation du colon exacerbaïit les lésions vésicales. Dans ce cas particulier, les lésions sont un peu particulières mais cette action se retrouve très fréquemment dans des lésions banales.

Un autre point en faveur de ces idées est l’apparition concomittante d’un prurit vulvaire qui signe le facteur toxique.

De même dans l’observation de Mile Rog, que nous avons citée comme cas de rein surnuméraire infecté, nous avons fait remarquer que certaines de ses poussées coïncidaient avec un choc toxique : épisode grippal ou injection de propidon. C’est en effet au cours d’un traitement par ce produit d’un anthrax du doigt qu'est survenu un réveil de l’état infectieux alors amélioré. Celui-ci introduit dans l’organisme a déclanché un choc dont le retentissement s’est fait sentir sur les lésions urinaires, sur les lésions ostéo-articulaires et aussi sur les troubles intes- Uünaux. De même l’épisode grippal aboutit à l’élimination de toxiques par le rein, à une résorption de ceux-ci et déclanche tout le cycle pathologique.

foie

Ces deux observations sont une preuve de plus de ce que nous avancions sur la pathogénie du syndrome entéro-rénal, La rapidité des faits ne laisse pas de place à une migration du colibacille. Alors que les phénomènes toxiques rencontrent des délais tout à fait suffisants pour leur action.

Une conclusion thérapeutique intervient aussitôt : Il sera prudent chez ces malades d’être prévenu des dangers de ces différents traitement qui au lieu d’être efficaces n’aboutissent le plus souvent qu'à une exagération de linfection.

LA THERAPEUTIQUE DU SYNDROME ENTERO-RENAL PAR LE REGIME CETOGENE,

L'ACIDE MANDELIQUE in LE MILIEU VACCINE

LE REGIME CETOGENE

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