III. —— Conduite à tenir pour l’emploi du régime
Maintenant que nous sont connues la constitution et la facon d'établir un régime cétogène, il nous reste à envisager la manière de le conduire, au cours de l’évolution de l'infection colibacillaire.
Deux méthodes sont en présence et ont chacune leurs partisans : l’une consiste en une modification rapide et brutale de l’état chimique du milieu urinaire; l’autre, au contraire, pemet d'obtenir le même résultat progressivement, en augmentant peu à peu la ration cétogène.
C’est ainsi qu'HELMOLZ estime préférable de donner tout de suite un régime très cétogène. Dans ce cas, les urines sont rapidement modifiées (changement brusque de la réactioncorps cétoniques dans l’urine). Ces conditions si différentes obtenues en peu de temps sont très défavorables au colibacille et léliminent plus rapidement. C’est ce principe que beaucoup appliquent en instituant alternativement pendant une période plus où moins longue des régimes acidifiants et alcalinisants. Il faut alors attaquer tout de suite par un régime dont
le rapport est de — en s’y maintenant ou en l’augmentant sui-
vant les résultats chimiques et bactériologiques réalisés dans l'urine.
DuxLop agit de même, Dés le premier jour il donne un ré-
gime —, avec 30 gr. d'H. D. C. qu’il diminue chaque jour de 5
gr. jusqu’à obtention d'une cétose continue satisfaisante. Mais souvent des troubles d’intolérance apparaissent avec cette facon de faire. Ce même auteur ne les juge pas dûs à des troubles du métabolisme, mais au grand apport soudain des graisses. Il suffirait d'augmenter de 5 gr. la dose des H. D. C. et de recommencer ensuite comme auparavant pour ne pas avoir des inconvénients.
Cependant, ces troubles sont gênants pour le malade, ils peuvent le détourner de son régime et dans certains cas, nécessiter l’arrêt du traitement.
Aussi est-il plus sage d’adopter la seconde méthode de l'augmentation progressive de la ration cétogène. Avec cette façon de faire le régime est mieux toléré par le malade et donne des résultats aussi satisfaisants. On commence donc par
un régime —, en suivant les variations du PH, l'apparition des
corps cétoniques en quantité suffisante dans l’urine par des recherches quotidiennes; on augmente tous les deux jours le
RO EE rapport, en passant par les différentes valeurs (—, —-, — él ol même — si nécessaire), jusqu'à ce que les conditions cherchées
soient obtenues. Si l’acidité est insuffisante (PH> 5,3), on pourra donner en même temps au malade du chlorure ou du nitrate d’ammonium par la bouche.
En admettant que tout se passe normalement, que le PH uripaire soit dans la zone nettement acide, et les corps cétoniques ensquantité au moins égale à 0,59 %, à quel moment doit cesser le régime ? Il faut se baser pour cela sur l'examen bactériolo-
sique des urines. En effet, les signes cliniques subjectifs s’atténuent rapidement sous l'influence d’un tel régime, les brûlures après la miction, les envies impérieuses d’uriner, les douleurs diminuent souvent très tôt, apportant un soulagement appréciable au malade. Mais cette amélioration ne traduit pas oblisatoirement une disparition de la pyurie et de Ia colibacillurie, et il est très fréquent chez ces patients, qui éprouvent un mieux incontestable, de trouver autant de pus et de germes qu’auparavant. Pour pouvoir affirmer l'efficacité du traitement, il est nécessaire d'obtenir des urines normales du point de vue cytobactériologique, des cultures stériles à trois examens faits tous les deux jours avec toutes les conditions d’asepsie nécessaires. De tels résultats peuvent être obtenus dans des temps variables. En général, les infections des voies urinaires supérieures nécessiteront un traitement plus prolongé que les cystites, par exemple.
Cependant, des nombreuses observations publiées par les auteurs qui ont utilisé le régime cétogène dans le traitement des infections colibacillaires de l'appareil urinaire, il ressort qu’une quinzaine de jours environ, est nécessaire. Ces délais ne sont pas régis évidemment par une règle absolue, telle infection n’exigeant que 8 jours pour avoir un examen bactériologique des urines témoignant de la guérison, telle autre, au contraire, demandant 20 à 22 jours.
Après que 3 examens d’urines ont été normaux, il est utile de prolonger le régime pendant 5 à 6 jours environ, en se rappelant toutefois qu’il vaut mieux ne pas dépasser une période de 3 semaines de cétose continue.
Nous verrons lors de l’étude des résultats chimiques obtenus, les différentes éventualités qui peuvent se produire, qui entravent la bonne marche du traitement, et les moyens d’y remédier.