IV. — Mode d’action du régime cétogène
On a cru tout d’abord que l’action bienfaisante du régime élait dûe à l’augmentation de l'acidité urinaire. Il est certain que celle-ci joue un rôle important. Mais des remarques clini-
ques et des études expérimentale (DICK, FULLER) ont montré que si l’acidité urinaire entrait en jeu, il y avait autre chose dans l’urine d’un individu soumis au régime cétogène qui avait une action beaucoup plus importante.
En effet Dick, dans une communication à la Société Royale de Médecine, rapporte le résultat de son expérimentation. Ses conclusions sont les suivantes : sur 12 cas où l’urine fut acidifiée expérimentalement à un PH de 4,8, 10 montrèrent une inhibition du développement du coli. — Sur 12 cas, acidifiés de même à un PH de 5,5, 10 montrèrent un gros développement du même germe. Par conséquent un PH de 5,5 n’inhibe pas le développement du coli.
Il étudia aussi l’action d’une urine cétonique : sur 12 cas de PH acide inférieur à 5,5 et 17 cas de PH supérieur à 5,5, il n‘y eut un accroissement bactérien dans aucun cas,
Il ressort de ces travaux qu’une acidité médicamenteuse donnant un PH de 5,5 ne produit pas la stérilisation de l’urine alors qu’au contraire une acidité même moins marquée dûe au régime cétogène la produit. Par conséquent le pouvoir stérilisant du régime est supérieur à celui des médicaments acidifiants puisqu’avec un PH plus alcalin que 5,5 on a quand même un arrêt de la croissance du germe. Mais on pouvait aussi en conclure qu’il y avait dans l’urine d’un individu soumis au régime cétogène un facteur qui avait un rôle bactéricide. C’est à ces mêmes conclusions qu’arrivèrent CLARK et HELMOIz : des malades traités par le régime cétogène, ayant un PH urinaire très acide de 4,6-4,9 chez lesquels on ne trouvait pas de corps cétoniques dans l’urine, présentaient toujours les mêmes signes bactériologiques. Ils envisagèrent donc l’action, en plus de Pacidité urinaire, d’un corps ayant des propriétés bactéricides. Ils pensèrent que c'était l’acide acéto-acétique ou le diacétate de Na. C’est FULLER, biochimiste anglais qui montra en 1933, que le véritable agent thérapeutique est l’acide B oxybutyrique lévogyre; on le retrouve dans l'urine des malades ainsi traités.
On vérifia par la suite que pour avoir un résultat saltisfaisant la concentration devait être de 0,50 % d’acide B oxybutyrique, à un PH convenable qui est de 5,5 au maximum.
Il existe d’ailleurs un balancement de compensation entre
A OR ee
ces deux cœfficients : si l’acidité diminue il faudra une concentration supérieure en corps cétoniques et, inversement, une acidité plus importante devra être obtenue si ces corps ne se produisent pas en quantité suffisante.
On voit d’après ceci l’importance qu’il y a à estimer la réponse du malade au régime par l'examen chimique des urines, le plus fréquemment possible, tant au point de vue acidité qu’au point de vue quantité de corps cétoniques. Il sera nécessaire de les suivre très régulièrement pour pouvoir pallier à toute in-
cétogène suffisance, soit en augmentant le rapport : - , Soil anticétogène
en donnant en plus un sel acidifiant.
Différentes méthodes ont été proposées pour ces vérificaüions dont voici les principales :
a) Corps céloniques. 11 faudrait évidemment pouvoir évaluer la quantité d’acide B oxybutyrique contenue dans l'urine mais les méthodes actuelles sont beaucoup trop compliquées et beaucoup trop longues pour être introduites dans le domaine de la pratique courante. Aussi se contente-t-on d’une exploration qui n’a qu’une valeur d'indication, bien suffisante cependant.
Les Américains utilisent beaucoup une méthode dérivée du test ROTHÉRA, avec la technique suivante :
Dans un petit tube mettre :
1 cc. urine, 0,5 gr. sulfure d’ammonium, 0,05 solution aqueuse nitroprussiate Na à 5 % 0,15 cc. ammoniaque, bien agiter pour obtenir un bon mélange et chauffer au bainmarie à 20 pendant 7.
Si une teinte rose se développe la concentration est inférieure à 0,05 %.
Si la coloration est pourpre, il suffira de diluer avec de l’eau dans un tube calibré jusqu’à obtention d’une teinte identique à celle de la solution standard contenue dans un tube semblable.
Le volume nécessaire multiplié par 0,004 donne la concentration % d’acide acéto-acétique.
La solution étalon est obtenue en mélangeant :
8 cc. de solution alcoolique de méthyl violet à 0,01 %
2 CC. 2 = fuschine basique à 0,01 %
2 CC: == == chrysoïdine à 0,01 % que l’on complète par de l’alcool absolu, à 40 cc.
Cette méthode est cependant assez complexe et nécessite un outillage spécial. Si elle est utilisable dans un laboratoire, elle l’est beaucoup moins dans la pratique courante. Aussi, se sert-on de la réaction au perchlorure de fer, très simple, très rapide, que le malade pourra faire lui-même, au besoin, et qui consiste à
Mélanger à parties égales : chlorure ferrique à 10 %
urine.
En présence de corps cétoniques, apparaît une coloration rouge porto, disparaissant à l’ébullition. (1 ne faut pas oublier que certains médicaments, l’aspirine par exemple, donnent cette réaction).
b) PH urinaire.
Pour le déterminer, on peut se servir :
1) Du comparateur de HELLIGE avec différents eolorants donnant des valeurs de PH échelonnées comme suit :
TOUPE TerniéthVl Am PR TS, 4,4 6,0 rolée ChiOTOpHenCl Peer. 402 6,8 betabromothymolse rire 6,2 7,6 FOUT RNCS OEM LR heu: 7,2 8,8
2) Mais deux autres méthodes sont beaucoup plus simples et plus pratiques :
a) À 1 goutte d’urine, ajouter 1 goutte de rouge méthyle. Une coloration rouge ou orange indique un PH allant de 5,0 à 5,5. Au contraire, une coloration jaune traduit une urine trop alcaline.
b) L’autre procédé consiste à se servir d’un papier au rouge de chlorophénol.
Plongé dans l’urine : une couleur jaune indique un PIT de 5,2 ou au-dessous. Une couleur pourpre traduit un PH insuf-
fisant, Cette dernière méthode est de beaucoup la plus simple. Nous voyons par conséquent que pour être bactéricide, l'urine doit avoir :
Un PH inférieur à 5,5;
Une quantité d'acide B oxybutyrique— 0,50 %.