CONCLUSIONS
Nous avons eu pour unique objet dans ce travail d'exposer dans leurs grandes lignes certaines données de ces dernières années sur deux points particuliers (pathogénie et thérapeutique) de cet ensemble si complexe que constitue le syndrome entéro-rénal.
I. -— Au point de vue pathogénique, il nous est impossible de donner des conclusions absolues et définitives, mais toutefois nous pensons qu’il y a lieu d’admettre les points suivants :
1) La théorie classique de la migration du colibacille à partir de l'intestin, sa traversée sanguine, et sa fixation au niveau du rein, est admise de façon beaucoup trop générale sans que l'on tienne assez compte d’un certain nombre de facteurs qui en réduisent la fréquence. Pour que cet essaimage se produise il faut en effet que les puissants moyens de défense dont disposent l’organisme en général, l’intestin en particulier soient dans un état de déchéance accusée ,qui les empêche de remplir efficacement leurs fonctions de protection. Ces conditions se trouvent réalisées dans un certain nombre de cas, soit de façon transitoire par ingestion massive de produits toxiques et virulents (intoxications alimenaires) soit de façon plus continue au cours de lPévolution chronique de lésions intestinales (stade terminal des exocolites et des stases-appendicites chroniques). soit enfin dans certaines colites ou lPélément toxique est indiscutable, par exemple les colites amibiennes.
2) Il nous paraît par contre plus plausible d'envisager une pathogénie toxique. Les corps élaborés au niveau de Pintestin (principalement dans sa portion cæco-ascendante) sous lPinfluence de la flore microbienne, les amines surtout, sont des produits éminemment toxiques. Absorbés par la muqueuse intestinale sous certaines conditions dont l’essentielle est la stase
et souvent fa participation du grèle qu’elle entraîne, leur irruption massive dans l’organisme entrave les fonctions de détoxication. C’est alors aux divers émonctoires, le rein en premier lieu, qu'incombe la charge de les éliminer. Ils créent au niveau de cet organe des modifications du milieu favorisant la pullulation des saprophytes urinaires, le colibacille entre autres.
3) Le rôle prépondérant des obstacles sur le trajet des voies urinaires dans lPentretien de ces infections est indiscutable ei reconnu, mais peut être ne tient-on pas encore assez compte de leur grande fréquence. C’est sur eux que doit agir le médecin, c’est par le rétablissement du libre cours de Purine qu'il obtiendra la guérison de son malade. Les petites hydronéphroses et les ptoses rénales sont le plus souvent rencontrées. Dans ce dernier cas, la fixation du rein ptosé amène non seulement la disparition des manifestations urinaires, mais ‘réquemment l'intervention agit indirectement sur le transit intestinal en le régularisant. Ceci étant dû aux connexions anatomiques existant entre le colon et le rein.
1) La notion de sensibilisation de lésions urinaires infectieuses par des corps toxiques d’origine intestinale ou autre est observée de façon courante. Nous en avons montré limportance par quelques observations, dans lesquelles le rôle déclanchant d’une injection de propidon ou d’un lavage d’intestin était indiscutable. La valeur de cette constatation lient surtout dans la prudence à laquelle elle doit nous inciter dans le choix des thérapeutiques, et aussi en ce qu’elle est une preuve de plus du rôle des toxiques dans la pathogénie du syndrome entéro-rénal.
IL. — Au point de vue thérapeutique, on peut établir de façon certaine que le régime cétogène, l'acide mandélique ou plutôt ses dérivés, le milieu vacciné sont des moyens d’une efficacité certaine. Les deux premiers de ces procédés, isolés ou même associés donnent de très bons résultats. Cependant nous avons vu les inconvénients du régime cétogène pour en obtenir des résultats satisfaisants. D’autre part l’acide mandélique et ses dérivés ont eux aussi leurs contre-indications et leurs incon-
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vénients. Ce sont quand même des substances chimiques, reconnues non toxiques; toutefois il peut ne pas être indiqué de contraindre le rein à les éliminer; et seule une expérience prolongée de leur emploi pourra dire jusqu'à quel point ils sont inoffensifs.
C’est pourquoi nous avons surtout employé le milieu vacciné, mis au point par le Docteur Maurice NicorAs, depuis une dizaine d'années, dont les effets ont pu être suivi sur une longue période de temps. Les résultats obtenus sont aussi intéressants que ceux des autres méthodes. Il a lavantage d’être absolument inoffensif, très bien toléré, ne donnant lieu à aucun trouble quel qu’il soit; son Emploi est par ailleurs tout à fait simple. Autant d'avantages qui nous incitent à le préconiser de préférence aux autres méthodes dans la thérapeutique du syndrome entéro-rénal, si décevante pendant longtemps.
Vu : Le Président de la Thèse, HumERDouen CHIRAY. M. TIFFENEAU.
Vu el permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris, G. ROUSSY.