‹ Le Syndrome Hémorragique Dans Les Infections Aiguës: Pathogénie et TraitementChapitre 16 sur 29 · MÉCANISMÉ PHYSIOLOGIQUE DE LA COAGULATION NORMALE DU SANG · texte numérisé non relu

MÉCANISMÉ PHYSIOLOGIQUE DE LA COAGULATION NORMALE DU SANG

Examinons donc brièvement comment s'effectue normalement la coagulatiou du sang. Celui-ci reste flaide dans les vaisseaux et coagule à leur sortie. La coagulation

re

tient à l’englohbement des éléments du sang dans un réseau fibrineux. La fibrine qui constitue ce réseau provient de la transformation du fibrinogène, grace à l'intervention d’un ferment, le fibrin-ferment ou thrombine qui n'existe dans le sang circulant que sous la forme de pro/ferment ou {hrombogène inactif. Ge sont done les conditions d'activation du proferment qui commandent en dernier ressort le phénomène de la coagulation et par là même celui de l’hémostase spontanée. Or, toute une série d'actions favorisantes ou empêchantes interviennent dans le mécanisme de ces transformations.

l. Actions activantes. — Certaines paraissent spécifiques : la plus simple et la mieux connue est celle du calcium. Depuis Arthus, on sait qu'il est indispensable à la coagulation. D’autres substances minérales favorisent la coagulation tout en étant moins spécifiques el moins. - nécessaires : telles les diverses solutions salines. [l en est de même de certaines substances normalement contenues dans nos tissus el en particulier les extraits d'organes (extraits de muscle, de foie, de rate, de thymus, de sang hétérogène).

Il y aurait donc activation du proferment par une substance complémentaire d’origine cellulaire ou même nucléaire se libérant à la sortie des vaisseaux et déclanchant la coagulation. Depuis les études de Pawlow sur l’entéro-kinase, on sait que l'organe producteur d’un ferment est soustrait à son action. Si on applique au mécanisme de la coagulation du sang la terminologie de Pawlow, on dira que le thrombogène ne se transforme en thrombine active qu'au contact du chlorure de caleium et en présence de lhrombo-kinase, celle-ci pouvant être soit d’orisine sanguine, soil d’origine tissulaire

Fi

Il. Actions empéchantes. — En opposition avec Îles actions favorisantes, on a recherché les actions empéchantes de la coagulation. |

Tout d’abord il y a une série d'actions physiques et à cet égard les phénomènes de contact et de tension ont un rôle considérable. Puis il y a des actions chimiques, et à ce propos les mêmes solutions, suivant leur degré de concentration, suivant leurs doses, peuvent être à la fois favorisantes et empêchantes. Enfin, ce sont les actions empêchantes, dues à des produits physiologiques, qui ont pris encore ici une importance prépondérante. Ces produits se comportent comme des antithrombines ou des

anlikinases qui neutralisent non plus la thrombine mais

la thrombo-kinase et s'opposent ainsi à l'activation du proferment par cette kinase.

À l’état normal, une petite quantité de kinases est, selon toute probabilité, déversée constamment dans le sang circulant, mais elle est au fur et à mesure neutra-

lisée par une production correspondante d'anticorps.

= En cas d'hémorragies, dans certaines circonstances morbides, il peut y avoir manque de substances favorisantes ou excès de substances empêchantes entraînant l’un et l’autre un défaut d’incoagulabilité du sang.

Page 1