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CHAPITRE II

Le Mal des Altitudes (en montagne et en ballon). — Historique. — Théories pathogéniques.

La terre est entourée d’une masse gazeuse, épaisse dit-on de 60 à 80 kilomètres, mais que l’étude des aurores boréales et des météorites, corps devenant incandescents dès qu’ils pénètrent dans une couche d’air de raréfaction connue, a permis de reporter à 200 kilomètres. Cette masse, dont la permanence en tous points est assurée, tant par les phénomènes biologiques qui se passent à la surface du sol, que par l’expansibilité et la diffusion de ses éléments constituants sous l’influence de la force centrifuge développée par la rotation de la terre, cette masse, disons-nous, constitue l’atmosphère. Ses propriétés physiques et chimiques se modifient évidemment au fur et à mesure que l’on s'éloigne du sol.

La pression atmosphérique résulte de la pesanteur de l’air. Sa valeur en un point représente le poids d’une colonne d’air, compte tenu de sa composition, de 1 centimètre carré de section horizontale et dont la hauteur s’étend de ce point jusqu'aux limites supé-

ot

= rieures de l’atmosphère. Cette colonne étant d'autant plus courte que sa limite inférieure est plus élevée, il en résulte que la pression diminue quand on s'élève dans l’atmosphère. Cette diminution non uniforme est évaluée à 1 centimètre par 105 mètres d’altitude au voisinage du sol. Plus haut, alors que la hauteur croît en progression arithmétique, elle varie suivant une progression géométrique.

Si l’on part done de ce fait, établi par Toricelli et Pascal, qu’à la température de 0 degré, la pression atmosphérique au niveau de la mer est représentée en moyenne par le poids d’une colonne de mercure de 760 millimètres de hauteur, la pression aux différentes altitudes peut être calculée à l’aide d’une formule assez compliquée établie par Laplace. Nous l’exprimerons dans le tableau suivant :

Répartition verticale des pressions dans une atmosphère

de température uniforme O:.

La

Diminution Diminution Altitudes Pressions de pression moyenne en en en millimètres de mètres. millimètres. depuis le niveau pression de la mer. par mètre.

RU

L’humidité de l’air est très variable ; ses oscillations sont considérables, à tout instant. Pour l’aéronaute qui les observe, Celles peuvent aller de la saturation complète à travers un nuage jusqu’à la sécheresse la plus absolue à une altitude supérieure ». D’une façon générale on constate que l’humidité absolue de l’air diminue très rapidement quand on s'élève. « Sa valeur moyenne à 6.500 mètres est d’environ 10 fois plus faible qu’au niveau de la mer. »

La température de l’air, elle, décroît avec l’altitude ; une simple ascension en montagne permet de s’en rendre compte. L'étude des variations de température d’une masse d’air qui s’élève dans l’atmosphère sans échanger de chaleur avec les couches d’air voisines, c’est-à-dire qui se détend adiabatiquement, établit que, théoriquement, la température de l’air décroît de 1 degré par 100 mètres s’il est sec ; 1 degré par 100 à 104 mètres s’il est humide, tant que l’eau ne se condense pas ; 0°5 par 100 mètres environ s’il est saturé d'humidité, à cause de la chaleur latente abandonnée par l’eau qui se condense.

Pratiquement, on peut admettre, comme conséquence des résultats obtenus au moyen des ballonssondes que «la décroissance de la température est en moyenne de 0°5 à 0°7 par 100 mètres jusqu’à une dizaine de kilomètres au-dessus du sol ».

Les variations observées dans la composition de l’air atmosphérique, suivant l’altitude, ne sont pas moins complexes. Elles dépendent des phénomènes chimiques et biologiques observés à la surface de la terre, aidés des facteurs physiques que nous venons

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d'envisager. Et, lorsque nous nous élevons, nous sommes loin de trouver à l’air la composition suivante qu’il possède à 1 mètre du sol :

Pour 100 en volume.

AOL ES sente : 78,03.

OXYrONO Tee 20,99.

A PRO mr nee 0,94 HyUrOgÈne 7. Le 0,01 NEONSEE RTE net 4 0,0015.

HÉHUME Eee cc 0,00015.

CRYPIONRE Rec e 0,00010.

Gaz carbonique...... 3/10000 (traces). - Vapeur d’eau........ de 1/1000 à 1/30 (très variable).

Les variations les plus intéressantes à notre point de vue sont celles de l’oxygène, du gaz carbonique et de la vapeur d’eau, qui jouent un si grand rôle dans les échanges respiratoires.

Aussi ne dirons-nous rien de l’argon, du néon, du erypton, dont les proportions dans l’air sont extrémement faibles.

L'’azote non plus ne retiendra pas longtemps notre attention. Sa principale fonction semble être de diluer l'oxygène, qui, s’il était pur, pourrait avoir une action nocive sur l’organisme. Il ne semble pas intervenir dans les échanges respiratoires. L’air inspiré et l’air expiré en contiennent une égale proportion ; et si, dans leurs expériences, Regnault et Reiset en ont constaté un léger excès dans l’air expiré, ils conviennent eux-mêmes que la différence, dans tous les cas, est extrêmement minime.

D'autre part, Fanalyse, par le vide barométrique

ee.

réalisé au moyen de la pompe à mercure, de 100 centimètres cubes de sang artériel et de sang veineux, donne pour chacun d’eux une égale quantité d’azote dissout dans le plasma, soit 1 centimètre cube 1/2. — L'expérience montre que cette quantité diminue avec l'altitude à cause de la diminution de la pression atmosphérique. ( L’azote contenu dans le sang suit les lois de la dissolution des gaz, disent Hallion et Tissot, c’est-à-dire qu’il s’échappe du sang à mesure que l’altitude augmente et que la pression barométrique baisse.

Au niveau du sol, il y a 3 cent. cubes 25 d’Azote dans 100 cent. cubes de sang. A 3 200 mètres, il y a 0 cent cubes 525 — — — Le dosage effectué sur 5 centimètres cubes de sang par la méthode de Kjeldah donne :

En bas, 3 gr. 16 d’Azote pour 100 cent. cubes de sang. A 3.200", 3 gr. 14 — 2 = Lapique et G. de Saint-Martin donnent comme chiffres

1'° Ascension.

En bas, 1 cent. cube 8 d’Azote pour 100 cent. cubes de sang carotidien. A 3.200, 1 cent. cube 3 — — —

2° Ascension.

En bas, 1 cent. cube 8 d’Azote pour 100 cent. cubes de sang carotidien. A 2.500, 1 cent cube 5 — rs

Soit une très faible diminution de la teneur du sang en azote.

Oxygène. — À la température de 0° et à la pression de 760, l’air dans lequel nous vivons contient 20,99 pour 100 volumes d’oxygène. Cette proportion reste

au

OR ee

sensiblement constante à mesure que l’on monte. Mais du fait de la diminution de pression résulte une diminution de la quantité absolue d’oxygène contenu dans un volume donné d’air.

«Cette quantité absolue à 2.000 mètres nareprésente plus pour un volume que les trois quarts, et à 5.000 mètres que la moitié seulement de celle que contenait l’air au niveau de la mer. »

Le calcul à permis d’établir, en effet, que sa tension aux altitudes subissait les variations suivantes

Oxygène pour la Oxygène dans

Altitude. Pression. pression de 760. le sang. 2.500 mètres. 0,560 15,4 p. 100. 17,40 p. 100. 4.000 » 0 ,450 42,4 » 15,9 »

Gaz carbonique. — Le gaz carbonique n’existe dans

l’air qu’en petite proportion. Et cependant il est produit en assez grande quantité par les combustions organiques et inorganiques opérées à la surface de la terre. Cela tient à ce que le sol, les végétaux et les carbonates en absorbent une proportion relativement grande. Ces phénomènes permettent d’expliquer les oscillations importantes de sa proportion dans l’air.

Ses variations, suivant l’altitude, sont moins bien établies et les observations ne concordent pas.

Pour G. Tissandier, qui a trouvé 2,4 d’acide carbonique pour 10.000 à 890 mètres de hauteur et 3 d’acide carbonique pour 1.000 mètres de hauteur, sa quantité augmenterait avec l’altitude.

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