‹ Le Syndrome Pleuro-Pulmonaire de la Base dans les Hépatites AmibiennesChapitre 15 sur 33 · PS RE · texte numérisé non relu

PS RE

quantité. Examen bactériologique négatif (direct et cul-

tures).

12 octobre. — Le malade qui jusque-là n’avait pas craché, émet au cours de rares accès de toux, une très peu abondante expectoration d'aspect muco-purulent verdâtre. Pas de bacilles de Koch. Petit nombre de diplocoques lancéolés à Gram positif, rappelant le pneumocoque. Nombreux élé-

- ments cellulaires à granulations éosinophiles.

16 octobre. — Examen radiologique du thorax (Dr Tribout). A l’écran, on note à droite un sommet d’aspect normal, un tiers Supérieur de clarté conservée, une obscurité diffuse de la base, remontant jusqu'à l’angle inférieur de l’omoplate, suffisamment dense pour empêcher de distinguer le diaphragme.

La radiographie confirme les données de la radioscopie; elle montre l’existence d’une opacité de la base du poumon droit, opacité remontant jusqu’au niveau de l’angle de l’omoplate et traduisant l’existence d’un épanchement de la base.

17 octobre. — Ponction exploratrice de la base droite. On obtient 80 centimètres cubes environ de liquide sérofibrineux citrin, à peine louche, ayant comme formule cytologique : lymphocytes 75 %, polynucléaires neutrophiles 18 %, polynucléaires éosinophiles 7 %. Cellules endothéliales en petit nombre. Examen bactériologique négatif.

18-23 octobre. — La température oscille entre 38 et 3895. Atténuation des troubles fonctionnels, mais amaigrissement. Anorexie, sueurs abondantes. Ces symptômes joints aux signes pleuro-pulmonaires (lymphocytose du liquide pleural), orientent vers une poussée évolutive de tuberculose.

24 octobre, — Température 3908. Le malade éprouve un

malaise indéfinissable : céphalée intense, état nauséeux ;

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surtout douleur très vive et presque intolérable au niveau de l’épaule droite.

25 octobre. — Le malade est anxieux. La douleur SCapulaire exige la morphine. ‘Fempérature 4002. Le malade se met à tousser; chaque effort de toux exacerbe sa douleur de, l’épaule droite. Dans un effort de toux plus violent que les autres, le malade qui jusque-là n'avait eu que des crachats insignifiants, rend 25 à 30 centimètres cubes d'une ‘expectoration muco-sañglante, avec de rares parties purulentes. L'examen de ces crachats (Dr Bergeron) donne les résultats suivants : recherche de B. K. négative, par examen direct et par hom. Cette recherche, que nous répéterons pendant plusieurs jours, demeure constamment négative.

Assez nombreux diplocoques lancéolés encapsulés à Gram positif, présentant la morphologie du pneumocoque, et des petits diplo-bacilles à Gram négatifs.

26-28 octobre. — L'’expectoration devient de plus en plus abondantes (200 gr. le 26, 250 gr. le 27, 300 gr. le 28 octobre). Elle semble hémoptysie au premier abord, mais les erachats sont épais, il s'agit d’une sorte de pus rouge brun, qui bientôt devient chocolat, contenant de rares parties plus claires. Par moments, dans un effort de toux qui se prolonge, le malade émet une grande quantité de crachats ayant l'aspect de fraises écrasées dans un peu de crème.

La température descend au voisinage de 380, Le pouls est rapide et à 110,

29 octobre. — Douleur excessivement vive au niveau de l'épaule droite, anxiété. La température remonte à 390. Le malade émet en quelques secondes une vomique de plus de 100 grammes. Quelques heures après la vomique, la température baisse à 37°, Les signes physiques ne se modifient pas. Même matité, mêmes râles sous-crépitants de différents calibres,

On est done en présence non d’une hémoptysie simple, mais d’une évacuation de pus se faisant au 40€ jour d’un état aigu, de véritables vomiques qui semblent l'évacuation d’une collection purulente méta-pneumonique (l'expectoration offre nettement et à chaque examen du pneumocoque).

ÿ. 1er novembre. — Examen radiologique (P''Thoyer-Rqzat). L'exuwmen radioscopique complété par une radiographie montre l'existence d’une zone d’obscurité occupant le tiers inférieur de l’hémithorax droit. Sous l'incidence habituelle la limite supérieure de cette opacité est assez floue. Par contre, en modifiant cette incidence, par l'élévation de l’ampoule, on observe à un certain moment que Ia limite supérieure de la zone d’obscurité prend un aspect rectiliene que

‘l’on retrouve du reste plus typiquement encore en position oblique antérieure gauche.

« Cet aspect (DT Thoyer-Rozat) qui au premier abord peut en imposer pour un niveau liquide, n'est en réalité que l’image de l’interlobe » (grande seissure oblique vraisemblablement selérosée). En effet on n'observe ni image

‘ de flot, ni fluctuation quand on remue le malade ni étalement liquide quand on le fait coucher. IT n'existe enfin aucune cavité aérique au-dessus de cette ligne qui, d’ailleurs, à l'examen en oblique antérieur gauche, est nettement

; oblique en bas et en dehors

Par ailleurs, la zone d’opacité ci-dessus signalée, est sensiblement uniforme et semble traduire une densification du parenchyme avec peut-être un peu de réaction pleurale surajoutée.

(Nous résumons la fin de l'observation).

Le 6 novembre. — Au cours d’une première intervention chirurgicale les ponetions de Ja base du poumon n’arrivè-

rent pas à trouver du pus.

Le 17 novembre. — Une vomique importante avec choc suit de quelques heures la première injection d’émétine (0 gr. 02} - :

Le 20 novembre. — Une deuxième opération plus basse

au niveau du 9° espace intercostal permet de vérifier un lobe inférieur pulmonaire souple et l’existence d’un abcès hépatique difficilement accessible, qui bombe sous le diaphragme. L'ouverture chirurgicale de cet abcès n’a pu se faire, l’état du malade nécessitant l’arrêt de l’opération.

Un traitement mixte par le novarsénobenzol et l'émétine amène la guérison en moins d’un mois.

Dans l'observation suivante on retrouve la même forme de réaction pulmonaire, puis pleurale, évoluant rapidement vers la vomique dont l’apparition se fait.

D jours après le début du traitement émétimien.

Obs. XVI. — Harimann-Keppel (26) (Obs. I résumée).

F.., 27 ans, septembre 1916. Dysenterie contractée en Indochine en 1911. Début des accidents actuels il y a 35 jours par : frissons, point de côté thoracique droit, dyspnée et hyperthermie (3905), On a cru d'abord à une pneumonie, puis à une pleurésie, et ce n'est qu'au bout de 9 jours que les troubles se sont localisés au foie.

Gros foie douloureux. Le lobe inférieur du poumon droit est congestionné et il y à de nombreux frottements pleuraux. A la radioscopie : abeès du foie, adhérences phréno-hépatiques. Cul-&e-sac pleural droit effacé.

Le traitement par l’émétine détermine la chute de la température dès le 3€ jour et une vomique le 5e jour.

Nous ne suivrons pas les réactions pleuro-pulmonaires dans leurs Variations après la vomique, cette partie sor-

tant de notre sujet.

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