DESCRIPTION CLINIQUE
Nous ne subdiviserons pas les réactions de la base en « Réactions légères » et en « Syndromes Pleuro-Pulmonaire» ainsi que le font MM. Françon et Hutinel (25). On trouve, en effet, toutes les intensités, tous les degrés, et dans toutes les hépatites. Ce qui, au point de vue clinique, les caractérise, c’est l'association nette ou non de l’hépatite. Ces réactions de la base peuvent prendre toutes les formes : pleurite, pleurésie, congestion pulmonaire plus ou moins intense accompagnée ou non d’une réaction pleurale, à évolution aiguë, subaiguë ou chronique; elles peuvent même simuler la
pneumonie.
La Congestion pleuro-pulmonaire est la forme Îa plus fréquente. Lorsqu'elle est faible, on trouve à la base, droite le plus souvent: de la submatité, quelques râles sous-crépitants accompagnés quelquefois de sibilants, des frottements pleuraux, une diminution du mutmute vésiculaire, des vibrations vocales augmentées
ou plus fréquemment diminuées, On n’observe en géné:
El —
ral pas tous ces symptômes à la fois, du moins ils sont rarement tous signalés dans les observations. L’observation suivante que nous empruntons à MM. Cros et de Teyssier (13) parle de râles et de frottements pleuraux sans signaler les autres signes de moindre impor-
tance.
Obs. LL — Cros et de Teyssier (Obs. I) (Résumée).
A... ben H... B.., juillet 1916. Poussée dysentérique actuelle. Enorme foie descendant à deux travers de doigt au-dessus de l’ombilic, douloureux spontanément (point de côté) et à la pression. Température à 399, pouls à 120. Râles et frottements à la base droite en arrière. Amibes dans les selles, à plusieurs reprises. L’émétine, en quelques jours, à la dose de 0 gr. 04 puis 0 gr. 06 fait rétrocéder les signes hépatiques, pulmonaires et intestinaux.
Nous rapporterons ici quelques observations de MM. Paisseau et Hutinel (41) qui ont particulièrement étudié la question des hépaliles chroniques dans lesquelles ils ont trouvé la réaction pleuro-pulmonaire de la base presque constante. Ils en ont fait un des symp-
tômes cardinaux de cette forme d’hépatite amibienne.
Obs. IL — Paisseau et Hutinel (41) (Obs. T résumée).
Zi... Amar, novembre 1917, hôpital de Meknès. Foie augmenté de volume, douloureux spontanément et à la pression; irradiations phréniques nettes : douleur à l'épaule droite et sur le trajet du phrénique droit (point inter-sternocléido-mastoïdien et latéro-xyphoïdien). Submatité, obscurité respiratoire, sibilants et sous-crépitants fins à la base
PT
droite. Pas d° kyste ni d'’amibes dans les selles, mais guéri- Fon rapide par l’émétine.
Obs. IL — Paisseau et Hutinel (41) (Obs. IT résumée).
G.., 30 ans, 1917, hôpital de Meknès. Syndrome dysentériforme typique en juillet 1916, guéri rapidement par l'émétine. Actuellement : point de côté droit au niveau du oie qui est augmenté de volum? et douloureux à la pression. Irradiations pliréniques nettes. À la base pulmonaire droite : submatité, obscurité respiratoire et sous-crépitants fins. Pas de kyste dans les selles, mais guérison rapide par l'émétine.
Les congestions pleuro-pulmonaires plus importantes sont beaucoup moins fréquentes, nous donnons ici
une observation de M. G. L. Hartmann-Keppel (:6).
Obs. IV. — Hartmann-Keppel (Obs. IT).
Ch... 29 ans, août 1916. Signes généraux de tuberculose. Toux sèche continuelle. Congestion de tout le poumon droit, épanchement pleural (ponction de 200 gr.). Gros foie sensible. Ponction d'un abcès du foie bombant dans le 11e espace intercostal droit : 4 ce. d’un pus chocolat. L’émétine détermine une sédation des symptômes douloureux en 3 jours et des autres signes rapidement.
Les signes de congestion pleuro-pulmonaire, qui ne sont pas donnés dans cette observation, seront décrits dans les observations XII, XIII et XIX:et dans la superbe observation que nous apportent MM. Epaulard, Hornus et Delpy (16) dans les Archives de Médecine el
Pharmacie Mililaires de mars 1929. Ces signes 1, Voir ces observations aux pages 30, 34 et 64.
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Tate se
0 4 | n’ont d’ailleurs rien de particulier.et sont ‘tout sim-.
: plement ceux de la Congestion pleuro-pulmonairers décrite par Potain. Nous emprunterons cette descrip- V4 Lion à M. L. Ramond (45). |
| Après un début tantôt brutal : par point de côtés
frissons et élévation de la température, tantôt plus insi-
dieux, on note les signes physiques suivants, surtout
nets à la base :
. Maiilé très forte mais pas hydrique, et forte dimi-
Fi nution des vibrations sans abolition toutefois. 9e Un souffle doux, étalé à toute la base, à timbre
as Lubo-pleural et audible aux deux temps. À
Une crépilalion pleurale : râles fins, plus fins, plus
secs, plus superficiels el plus réguliers encore que les
Su crépitants.
Parfois des frollements pleuraux, mais plus souvent ne | . des signes d'épanchement: abolition des vibrations, - silence respiratoire complet. ;
L'épanchement semble considérable parce que : la matbité remonte très haut, le déplacement des organes est assez fort el que douleur et dyspnée sont très accen- Luées. EL cela parce que le hquide, au lieu de se ramasser à la base de la cavité pleurale en refoulant le poumon vers le hile, est obligé de s'élaler en lame mince sur la surface d'un lobe pulmonaire inférieur transformé en bloc irrétractile par la congestion passive ou active.
Nous verrons se dessiner én partie ce tableau chnique dans lobservation-qui va suivre, mais surtout dans celles de MM. Fiessinger et de M. Eschbach.
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. Obs. V. — Epaulard, Hornus et Delpy (16) (Obs. VI résu-
- mée par les auteurs).
L'observation du soldat F..., évacué par avion sur Marie Feuillet, à été pour l’un de nous, au moment de son arrivée au Maroc, en juin 1927, une pénible introduction à l'étude
- de la pathologie marocaine. Nous résumons cette obsér-
vation, estimant que sa lecture doit être une leçon de choses utile pour nos jeunes camarades.
Le soldat FR... est admis à l'hôpital de N..., le 6 juin 1927.
Quatre jours avant Son entrée à l’hôpital, il était courba-
turé, fatigué, essoufflé; il avait un point de côté droit.
É L'examen clinique, pratiqué à l’hôpital de N... a donné les
résultats suivants :
Poumon droit. Partie moyenne : quelques râles fins, vibra-
tions augmentées. Base : obscurité respiratoire. Le poumon
gauche ‘est submat.
Radio. — Poumon droit obscur à la base, gris dans les
- deux tiers supérieurs. Sommets s’éclairant mal.
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__ 12 juin. — Diarrhée, ventre dur, avec, dans la région épigastrique, un empâtement qui déborde vers le flanc . droit. Foie non augmenté de volume, pas d’ascite.
Le malade est évacué par avion sur l'hôpital Marie- Feuillet, pour tuberculose pleuro-péritonéale. Mauvais état général. Il y arrive le 18 juin, à 17 heures.
19 juin 1927. — Malade cachectique. Température 379 4, Signes cliniques de congestion pleuro-pulmonaire droite. Poumon gauche normal. Les bruits du cœur sont assourdis. Le pouls est petit, à 110.
Le ventre est souple, à l'exception de l'hypocondre droit qui est empâté. Limites de l’empâtement indécises. Impression de gâteaux épiploïques. Pas d’ascite. Cet empâtement paraît correspondre au foie, dont l'exploration, dou-
es
loureuse, est rendue difficile. Rate normale. Syndrome diarrhéique : 5 selles par jour, muco-sanglantes, contenant des amibes dysentériques. Autres appareils normaux. I] n’a pas été pratiqué d'examen radioscopique, par suite de l’état cachectique du malade.
20 juin 1927. — Le malade est décédé à 8 heures du matin.
Autopsie. — Ulecérations du gros intestin particulièrement nombreuses. Gros abcès du lobe droit du foie (2 litres de pus amibien environ). Congestion : pleuro-pulmonaire
de la base droite. Autres organes sains.
Cette observation dont nous reparlerons . à propos du diagnostic, montre bien la difficulté du diagnostic de cette congestion pleuro-pulmonaire aiguë qui bloque sur elle l’attention du médecin, voilant complè-
tement les signes d’hépatite.
Réaction pleurale pure. — Dans ce complexe pleuropulmonaire la réaction pleurale peut prédominer, donnant, suivant son degré d'intensité, des signes de pleurile, de pleurésie légère où nelle. On retrouve très souvent dans les observations le Lerme de pleurésie sèche, cette éliquette doit correspondre plutôt à une conges- Lion pulmonaire pure ou pleuro pulmonaire à lame liquide très mince que la ponction n’a pu dévoiler.
10 Pleurile.— Les observations de pleurite de la base sont très nombreuses, surtout dans les hépaltiles chronique (Lyÿpe Paisseau et Hutinel}. Nous n’en citerons que deux exemples. Celui-ei est extrait de la thèse de J. Beau (*).