RITES
Obs. VE. — Paisseau et Hutinel (inédite) (Obs. V résumée)
S... Auguste, 1918, hôpital de Meknès. Syndrome dysentérique typique en 1917. Actuellement, signes d'hépatite chronique amibienne : foie gros ct douloureux, irradiations phréniques surtout nettes à l'épaule droite, douleur sur le trajet du phrénique. Signes de pleurite à la base droite. Guérison extrêmement rapide par l'émétine.
Les signes de pleurite sont le plus souvent de la submatité de la base, due d’après certains auteurs à la situation anormale d’un dôme hépatique surélevé et déformé qui vient se coller à la paroi thoracique, n’en étant séparé que par les deux plèvres.Celles-ci dénoncent leur réaction inflammatoire du voisinage par des frottements. Nous retrouvons ces signes dans deux
observations citées par Françon, dans sa thèse (24)
Obs. VIE — Pontano (obs: VIT résumée).
Soldat, 41 ans. Crise de dysentérie antérieure. Foie gros et douloureux à la’ palpation. Submatité de la base et frottements pleuraux. Kystes d'Entamæba Dysenteriæ dans
les selles et guérison rapide par l’émétine.
Obs. VIII. — Boidin et Dujarric de la Rivière (Obs. XXV résumée).
R..., soldat. Diarrhée avec Sang. Foie à peine augmenté de volume cliniquement; à la radio : foie volumineux et irrégulier, diaphragme immobile. Frottements pleuraux à la base droite. Kystes nets dans les selles. Guérison rapide de la diarrhée par l’'émétine et plus lente de l'hépatite.
On retrouve souvent de nombreuses poussées de pleurile dans les antécédents des hépatites. Ces poussées s’échelonnent en général dans les mois ou les années qui précèdent. Dans les premières poussées, la. latence des signes d’hépatite, l’amaigrissement et l’anorexie qui les accompagnent, la subfébrilité fréquente poussent au diagnostic de pleurile tuberculeuse et le médecim sy maintient avec tranquillité. Mais la répétition de
cette pleurite étonne, puis les signes d’hépatite se fai-
sant nets le diagnostic le devient aussi et le traitement
qui en découle obtient rapidement la guérison. 29 Pleurésie.— Au lieu d’une pleurile, on peut avoir
une pleurésie, cette pleurésie a deux particularités qui
ont déterminé bien des erreurs. Elle n’est souvent,
malgré son étiquette pleurale pure, qu’une congestion
-pleuro-pulmonaire, Avec une forte matité, une aboli-
tion des vibrations, et du liquide séreux à la ponction, on ne trouve pas en même temps les râles ou le souffle qui n'apparaissent souvent qu'à certains moments de l’évolution, et voici le diagnostic de pleurésie posé. On tente une ponction évacuatrice et l’on ne retire qu’une très faible quantité de liquide, tout à fait disproportionnée avec. l'intensité et la hauteur de la matité. L'autre particularité déterminera, elle, l'erreur inverse. En effet, au lieu de trouver une matité dont la limite supérieure monte, suivant la courbe de Damoiseau, de la colonne vertébrale vers l’aissélle, on trouve une inchnaison inverse. La matité est plus haute le long de
la colonne vertébrale qu’au niveau de l’aisselle, La li-
mite supérieure semble suivre la grande scissure pul-
| monaire, Et voilà fait, si l’on ne ponctionne pas, le 4 Le diagnostic d'hépatisation du lobe pulmonaire inférieur. * De cette anomalie de situation du liquide pleural, anomalie que nous retrouverons à la radioscopie, plu- £ sieurs auteurs, dont le professeur Lemierre, donnent l'explication suivante : le liquide s’accumule à la partie déclive de la cavité pleurale, suivant en cela la loi de la
* . pesanteur. Normalement, cette partie déclive se trouve | être la gouttière costo-vertébrale, Mais si cette gout- 1% tière est comblée par un gros abcès amibien de la portion postéro-supérieure du foie, lieu d'élection de ces
abcès, la partie déclive se trouve être plus en dehors,
% au niveau de la région axillaire, On trouvera décrite cette pleurésie légère, dans les observations (XVIII,
3% - page 63, et XX, page 67.) et dans les deux suivantes :
Ex Observation VIE — Rist et Rolland (48) présentent l'observation d’un soldat de 22 ans, entré à l'hôpital avec une fièvre élevée, un état général grave et les signes cliniques dun petit épanchement pleural droit (à formule ey- É tologique polymorphe). L’affection avait. débuté une dizaine de jours auparavant par une douleur hépatique persistant encore. Le foie était peu augmenté de volume, mais dou-
. loureux à la palpationet à la percussion.
2 Le malade avait, en outre, et cela depuis 2 mois environ,
une diarrhée sanglante avec épreintes, ténesme, et des
selles ayant tous les caractères des selles dysentériques.. Dans ces conditions, on pensa que les signes pleuro-
pulmonaires présentés par le malade et la gravité de son état général dépendaient vraisemblablement d’un abcès du foie consécutif lui-même à une dysenterie amibienne. Ce diagnostic fut vérifié par l'intervention chirurgicale qui permit de vider un volumineux abcès de la convexité du lobe droit du foie qui s'était rompu spontanément sous le diaphragme. Cet abcès sous-phrénique fut drainé, mais lemalade, dont l’état semblait s'améliorer, succomba quelques jours après avec des symptômesde péritonite aigué, l’autopsie montra que la suppuration sous-phrénicue, imparfaitement enkystée, s'était étendue à tout le péritoine.
Observation IX. — Chauffard et Clément (12).
R..., après de longs séjours dans les pays chauds, contracte la dysenterie en 1912.
Le 17 octobre 1924 : frissons, fièvre, toux sèche, point. de côté. Au 4 février 1925, il à maigri de 7 kilos. A cette époque, il entre à Saint-Antoine
Foie très volumineux, douloureux; vers le rebord costal : frottements péritonéaux.
On ponctionne un petit épanchement pleural; rien de particulier. |
La radio montre une hypertrophie hépatique.
Examen du sang : leucocytose : 12.600; polynueléose 715 %; anémie : 2.800.000.
Pas d’amibes dans les selles malgré un lavement irritant et un enrichissement. La rectoscopie ne donne rien.
Diagnostic : grand abeès du foie.
Traitement : 8 cgr. émétine.
Le 1% jour la température tombe, le malade se sent mieux et peut respirer à fond;
Le 2° jour, la matité diminue à droite, l’épanchement pleural se résorbe;
RE van
6 injections d’émétine font disparaître la douleur, l’épanchement et transforment l’état général.
Le poids reste stationnaire jusqu’à l’administration de Stovarsol; après une 2€ série d’émétine, le poids remonte de 8 kgr. Le foie descend de 21 em. 5 à 14 em. du 4 février au 28 mars.
À remarquer la durée de la latence amibienne : 1912- 1924 : 12 ans; la guérison médicale de ce cas.
L'intervention chirurgicale, qui était de règle, doit devenir l’exception, avec des traitements bien menés.
Congestion pulmonaire
Tantot elle s’installe insidieusement, lantôt elle emprunte la physionomie de la congestion pulmonaire à forme pneumonique de Woillez : avec débul brusque par.point de côté sous-mammaire et poussée de température à 39°, ou 400. A Ia période d’élal : submatité de la base, obscurité respiratoire, ou souffle doux, étalé, superficiel, aux deux temps, râles sous-crépitants ou “crépitants, expectoration tantôt gommeuse el peu abondante, tantôt abondante et albumineuse, spumeuse...
La congestion pulmonaire qui accompagne l’hépatite est en général moins intense, comme dans les cas suivants, mais nous verrons dans les observations(XV, page 43, et XVI, page 48.) qu’elle peut faire penser par son acuité et sa symptomatologie à la pneumonie
elle-même,
ÉD
Obs. X. — Thèse de Françon (24); Br (Obs. XIII résu-
mée).
Malade entré le 7 avril.
Foie gros et douloureux, au cours d’une dysenterie avec amibes dans les selles. Sous-crépitants fins à la base droite, en arrière. Guérison rapide de l’hépatite et du syndrome
pulmonaire par lémétine.
L'observation suivante a été prise dans la thèse de Es
J. Beau (2).
Obs. XIE. — Paisseau et Hutinel (inédite) (Obs. IIT résumée)
L. M... Joseph, août 1918, hôpital de Meknès. Hépatite chronique amibienne (type Paisseau et Hutinel) avec passé dysentérique et kyste dans les selles. Réles
ronflants et sibilants à la base droite avec signes de conges-
tion. Guérison rapide par l’émétine.
Pour ne pas nous répéter, nous étudierons les si-
gnes radioscopiques des réactions pleuro-pulmonaires de
la base, et les caractères microscupiques des épanche*
ments pleuraux au chapitre du Diagnostic.
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