‹ Le Syndrome Radiologique Indirecte de l'Appendicite ChroniqueChapitre 11 sur 45 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Franz Groedel (1) (de Nauheim) écrivait en 1909, qu’à sa connaissance, l’appendice vermiforme n’avait pas encore été rendu visible radiographiquement, et pourtant, le 18 décembre 1906, Béclère (2) avait présenté à l’Académie des Sciences, une radiographie obtenue après une pose de cinq minutes, vingt-deux heures après un repas bismuthé, Revenant sur la question en 1909, l’auteur, dans une communication à la Société de Radiologie Médicale de Paris, décrivait cette radiographie et, après avoir passé en revue les ombres du cœcum et du colon, ajoutait: « De l’extrêmité inférieure semi-cerclée du cylindre cœcal, 8e détache une ombre rubannée, contournée en $, large de 4 millimètres environ, et longue de cinq centimètres, qui se dirige en bas et en dedans vers l’excavation pelvienne. De teinte très sombre, comme le cylindre cœcal dont elle est le prolongement, elle se détache nettement sur son entourage; son siège, sa forme et ses dimensions sont à ce point caractéristiques qu'il n’est pas possible de douter qu’elle représente l’appendice iléo-cœcal ».

En 1909, Aubourg (3) Lotient deux radiographies de l’appendice, 18 heures après absorption d’un lait de carbonate de bismuth. Il profite de ces deux observations pour confirmer celles de Lejars et de Lianz sur la variabilité du siège de l’appendice.

Puis, en 1911, Gregorieff expose au congrès de Moscou ses recherches sur la physiologie de l’appendice considérant qu’à moins d’un obstacle anatomique, l’appen-

(1) Franz Groedel, de Nauheim: Atlas et Précis du Radiodiagnostic en médecine interne,

Silhol, de Marseille: Rapport au 24e Congrès de Chirurgie 1911, page 41.

(2) Béclère: Premier radiogramme de l’appendice: Bulletins et Mémoires de la Sté de Radiologie médicale de Paris. Octobre 1909.

(3) Aubourg: Radiographies de l’appendice ïléo-cæœcal sur le vivant. Presse Médicale: 28 mai 1910, page 402.

obtenue par Béclère

en 1906

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dice peut être mis en évidence au cours d’un examen radiologique. Ses travaux ont été le point de départ de discussions et d'examens nombreux qui, comme nous le verrons par la suite, ont voulu faire du mode de remplissage de l’appendice, un des principaux signes de lésions siégeant à son niveau.

C’est ainsi que Läiertz considère que le séjour du bismuth dans l’appendice pouvait être un signe possible d’appendicite.

Sonnenburg (1) de Berlin, à propos du rapport de Silhol au 24e Congrès de Chirurgie, signale les aspects erronés donnés par les contractures spasmodiques de l’intestin, et considère déjà que les lavements bismuthés donnent des images très difficiles à interpréter.

Au même Congrès, Dupuy de Frenelle (2) expose la technique employée par le Docteur Mahar et confirme l’inanité d’un diagnostic d’appendicite chronique reposant sur la seule palpation manuelle. Les points douloureux, comme ceux de Mac-Burney ou de Lanz, ne répondant souvent pas au siège précis du cœcum et de l’appendice, qui est variable pour chaque individu, le mérite de l’examen radiologique est de le localiser strictement dans chaque cas particulier.

Nous noterons pour mémoire les travaux de Belot (3) et de Bennett (4).

En 1912, d’ailleurs, Aubourg (5), revenant sur la question, déclare que le cœcum apparaît, sur le sujet couché, beaucoup plus bas situé qu'il n’est généralement décrit. Les points de Mac-Burney et de Lanz correspondent rarement au bas-fond du cœcum qu’on

(1) Sonneburg: 24e Congrès de Chirurgie, page 108.

(2) Dupuy de Frenelle: 24e Congrès de Chirurgie, page 249.

(3) Belot: Appendice vu à l’examen radioscopique. Sté de radiologie, décembre 1911.

(4) Bennet: Utilité des Rayons X pour le diagnostic de l’appendicite. Archives d’Electricité médicale: 10 décembre 1909 (Lancet) mai 1908.

(5) Aubourg Paul: La radiographie des viscères. Extrait du Bulletin de l’Internat. Janvier 1912, page 41.

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trouve en général vers le milieu de la fosse iliaque interne, La radio confirme que le point de Mac-Burney peut ne pas correspondre à l’appendice et que c’est sou vent plus bas qu’il faut rechercher la douleur.

Déjà A. Garan (1) avait publié en 1910 ses recherches faites sur le cadavre pour préciser le siège de l’appendice, Il notait que dans 11 % des cas, la base de l’appendice était plus près du point de Mac-Burney que de celui de Lanz; dans 2 % des cas, la base était située à égale distance. Enfin, dans 37 % des cas, elle se trouvait plus près du point de Lanz que de celui de Mac- Burney. Et l’auteur coneluait que seul le point de Lanz était le repère anatomique de l’appendice.

Nous avons vu qu'il n’en est rien, et que la radiographie a pour elle ce mérite indiscutable, d'étudier dans les meilleures conditions d'expérience, sur le vivant des rapports anatomiques, de les fixer en quelque sorte pour guider le diagnostic du clinicien.

En 1912, Desternes et Belot publient un cas contrôlé opératoirement, dans lequel ils s'étaient rendu compte de la présence d’adhérences péri-appendiculaires, Nous avons retrouvé cette observation dans la thèse de Gourcecol (2), et nous notons cette phrase dans le compterendu radioscopique : « Le bord interne du cœcum paraît irrégulier, déchiqueté. Les strictures répétées de l’intestin semblent indiquer un état de contracture du gros intestin par spasmes reflexes, provoqués par les lésions appendiculaires ».

En 1913, Holznecht décrit son palpatorium et son procédé pour mettre en évidence de vermium lorsqu’i! se cache derrière le cœcum.

Jusqu'à cette époque, il sembls bien que le but des investigateurs n’ait été que la localisation du point douloureux. C’est l’opinion émise par Aubourg (3), c’est

() À. Garan: Lyon-Chirurgical, tome III, n° 5, ler mai 1910. page 485 à 497.

(3) Aubourg: Archives d’Electricité médicale, 10 Juil. 1911.

(2) Gourcecol: Thèse Paris, 1912,

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celle de Dupuy de Frenelle et Mahar (1).

Voir l’appendice pour eux est exceptionnel et ne prouve rien.

Mais il ne va pas en être de même dans les années suivantes.

Les auteurs en effet s’attachent à démontrer que la visibilité de l’appendice d’une part, que certaines formes appendiculaires défectueuses d’autres part, pouvaient très bien signer radiologiquement l’appendicite chronique. D'ailleurs, ils ne s’attachent pas seulement à ces deux faces du problème; à la lueur des recherches physiologiques, ils cherchent à améliorer leur technique d’examen.

Et ce sont les travaux de Case en 1912 qui recommandent, pour obtenir de bonnes radiographies, de procéder dans le décubitus horizontal, d'employer le repas opaque de préférence au lavement. Il croit de son côté qu’un appendice visible est pathologique, maïs pose des réserves, et déclare que tout appendice visible n’est pas forcément un appendice à mettre entre les mains du chirurgien. Il le considère dangereux si la bouillie barytée stagne plus de 24 à 48 heures après son ingestion.

La même année, Jordan fait connaître plusieurs observations sur le mode de remplissage de l’appendice.

En 1913, après les travaux de Singer et Holznecht portant sur 25 cas, qui démontrent toute la valeur de Ja localisation de l’appendice par la visibilité des contours du cœcum, la première statistique de George et Gerber fait son apparition: ils découvrent l’appendice visible dans 70 % des cas; puis, ce sont les commentaires de Kunby: les différents aspects radiologiques et l’étude des mouvements physiologiques de l’appendice, la durée de son remplissage décrits par Max Cohn (2),

(1) Dupuy de Frenelle et Mahar: Bulletins de la Société de Médecine de Paris, 23 mars 1912, page 290. 7

(2) Mac Cohn, de Berlin: Sitzungs. d. Berlin-Gesells. f. Chirurgie 10 fév. 1913, In München Med. Wochens. 18 fév. 1913, page 387, n° 7,

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qui déclare qu'il est rarement visible; les observations de Grœdel qui, ayant trouvé l’appendice visible 2 fois sur 1000 cas, affirme sa conviction qu’un appendice perméable est pathologique.

Nous rappelons pour mémoire les travaux de Dupuy de Frenelle et Holznecht que nous avons déjà cités, puis ce sont les nombreuses radiographies de calculs appendiculaires présentées par J, Roux de Lausanne, qui met alors au point lie diagnostic. différentiel radiologique entre les entérolithes, les calculs urétéraux et les calculs biliaires.

En 1914, Hengelman étudie le péristaltisme appendieulaire et indique la manière de pratiquer la palpation sous l’écran. C’est alors que Rieder énumère les signes radiologiques de l’appendicite et reconnaît quelques formes pathologiques. Puis Desternes et Baudon (1) montrent que l’exploration radiologique de la région cœæco-appendiculaire mérite d’entrer dans la pratique courante.

En 1915, Imboden démontre que la pénétration du bol alimentaire opaque dans l’appendice est un phénomène normal, détruisant ainsi par ses observations, toutes les observations de Grædel.

Georges et Léonard, Eisen, commencent une étude méthodique des signes radiologiques de l’appendicite chronique, |

En 1917, Roswell Petitt expose une technique nouvelle et déclare que l’appendice est visible dans 80 % des cas.

En 1918, Spriges revient sur la physiologie de l’appendice normal et esquisse la séméiologie radiologique de l’appendicite chronique, et publie une série d’observations appuyées sur des radiographies d’appendices normaux et pathologiques. La même année, Duque Estrada, de Montévidéo, apporte le résultat de ses recherches et, comme Spriggs, comme Roswell Petitt, il

(2) Desternes et Baudon: Valeur de la radiographie dans le diagnostic de l’appendicite chronique. Journal de Diététique et de Bactériothérapie, 1914, n° 5.

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trouve l’appendice visible dans 80 % des cas.

En 1919, Campo et Campodicos (1) insistent sur la valeur de la stase appendiculaire, comme signe de l’appendicite chronique. Spriggs et Marxer apportent une statistique de 36 cas dans lesquels le diagnostic radiologique a été chaque fois confirmé par l’opération. La même année, Jaisson (2) étudie dans une série d’articles la motricité de l’appendice, il essaie de préciser les formes radiologiques de l’appendicite chronique.

En 1920, Aimé et Hayem présentent une série de travaux sur la radiologie de l’appendicite chronique et les syndrômes iliaques droits.

En 1921, ce sont les travaux de Ellis qui affirment qu’un appendice qui n’est pas visible à la radiographie est un appendice suspect.

Les travaux qui ont essayé d’apporter la lumière sur une question si embrouillée se sont multipliés dans les années suivantes; nous ne pouvons ici les rappeler tous. La faible bibliographie que nous citerons à la fin de cet ouvrage essaiera d’en donner un aperçu. Quoiqu'il en soit, nous ne pouvons pas passer sous silence les ouvrages et les observations postérieures à l’année 1921 : ceux de Guy Laroshe, Brodin et Ronneaux, de Ledoux, Lebard, de Lebon et Quivy, de Moreau, de Cambies, de Baumel, de Colaneri, de Podesta, de Czepa, de Mougeolle et d’Estor dans leurs thèses, où nous avons relevé des notions que nous exposerons dans la suite.

Il nous faut pourtant noter que, dans les années qui suivirent, les auteurs se sont plutôt attachés à la recherche des signes indirects, qui fait à l’heure actuelle l’objet de cette étude. Nous ne pouvous terminer cet historique sans citer à ce propos les travaux qui ont surtout porté sur l’étude et la discussion de la valeur des spasmes intestinaux.

(1) Campo et Campodicos: Radio-diagnostic de l’appendicite chronique. Los Progress de la Clinica. 22 mai 1919, page 209, (2) Jaisson: Revue Médicale de l’Est, 15 Avril 1922,

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C’est ainsi qu'ils ont déjà été décrits, notamment par Carman (1) qui les mentionne comme des signes de présomption de l’appendicite. L’auteur se borne d’ailleurs à déclarer que l’état spastique du colon peut avoir d’autres causes que l’appendicite. Hurst (2) d’autre part insiste sur les rapports qui existent entre l’appendicite chronique et le spasme localisé de l’intestin.

Guillaume (3) estime que les spasmes intestinaux peuvent être provoqués par des causes très différentes, parmi lesquelles l’appendicite occupe une place. Il rappelle qu’on voit fréquemment co-exister des signes radioiogiques d’appendicite chronique et des spasmes pyloriques; d’autres fois, des spasmes localisés ou étendus de l’intestin associés à des signes d’appendicite. Il fait remarquer que, pour attribuer une valeur diagnostique aux spasmes intestinaux, il faudrait qu'ils fussent une conséquence de l’appendicite et seulement d’une appendicite. .

Turriès (4) en décrivant les spasmes coliques, fait entrer comme causes habituelles de ces spasmes l’appendicite chronique et les lésions de la région iléo-cœcale.

Fraikin (5) décrit le spasme isolé du cœcum et déclare que celui-ci intéresse surtout le fond cœcal et la partie interne du bord cœcal. Il ajoute que ce signe, « surajouté à la constatation du point douloureux appendiculaire, et à l’imperméabilité ou à la perméabilité limitée de l’appendice, permet souvent de confirmer le diagnostic clinique d’appendicite chronique ».

Nous savons, pour en avoir parlé plus haut, quelle valeur il faut attribuer à cette question de la perméabilité appendiculaire. Il n’en est pas moins vrai que l’au-

(1) Carman: The Roentgen Diagnosis of Discases of the Alimantary Canal. Philadelphie 1921.

(2) Hurst: X. Ray diagnosis of gastro-intestinal conditions vhive special reference to appendicitis. Arch. Roentgen Ray. 1914.

(3) Guillaume: Les colotyphlites et le syndrôme iliaque droit. Doin, éditeur. Paris 1924.

(4) Turries: Les spasmes-coliques, Marseïlle Médical 1926.

(5) Fraikin: Déséquilibres du ventre et appendicite chronique. Maloine 1928.

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