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reux rénaux et urétéraux. Cette forme, dite rénale, d’appendicite, se rencontre surtout quand le vermium est rétro ou latéro-cæcal. La colique appendiculaire ressemble alors à s’y méprendre à une colique néphrétique, les douleurs sourdes qui sont l’apanage de l’appendicite chronique font penser à une hydronéphrose, à un rein mobile, à une périnéphrite,
Maïs l’appendicite chronique se traduit encore par d’autres symptômes bien plus déconcertants. On a vu, en dehors de l’appendicite survenant chez un tuberculeux — d’appendicite tuberculeuse — une forme chronique simulant d’une manière étrange une tuberculose pulmonaire évolutive (1) : la toux, la fièvre, l’amaigrissement, les sueurs nocturnes, les signes stéthacoustiques siégeant aux bases et même aux sommets, sans manifestations abdominales, conduisent tout naturellement au diagnostic de tuberculose pulmonaire. Un examen méthodique de l’intestin, une radiographie font envisager l’hypothèse d’une toxi-infection appendiculaire dont le malade guérit après l’intervention.
Que dire encore de ces malades qui viennent au clinicien en se plaignant de céphalée frontale, de vertiges, de névralgies, de tendance à la fatigue, d’insomnies, et qui se lèvent le matin courbaturés, plus fatigués fue la veille à leur coucher ? La diminution de leur mémoire, les troubles intellectuels, leur tendance à la mélancolie, les entraînent à vivre dans un état de torpeur physique et inteilectuelle, Ils prennent l’apparence de séniles précoces et les signes d’une toxi-infection aiguilleront vers l’examen du tube digestif, chez ces neurasthéniques dont la maladie peut prendre la forme la plus aiguë Dans nombre de cas, un examen minutieux découvre en eux une tare organique longtemps dissimulée, l’appendicite avec sa forme neurasthénique étant fréquemment en cause.
(1) Faisans: De l’appendicite chronique simulant la tuberculose. Sté Médicale des Hôpitaux: 27-1-1911.
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Indépendamment de ces états précédemment décrits, il arrive qu’un point douloureux de la fosse iliaque droite, analogue à celui qu’on trouve dans l’appendicite, se rapporte en réalité à une toute autre affection. Nous ne ferons pas mention dans ce paragraphe que des inflammations ou anomalies de voisinage: typhlocolites, typhlites, péricolites membraneuses, bacilloses péritonéales de la fosse iliaque droite, ptoses du cclon droit, mais nous ferons une place à part à la forme annexielle de l’appendicite, si fréquente et provoquant au cours de chaque période menstruelle, des symptômes qu’on déclare rapportés à une congestion ovarienne, à une dysménorrhée, à une ovarialgie, alors qu’il s’agit en réalité d’une crise menstruelle appendiculaire analogue en somme aux crises de coliques néphrétiques, qu’on a décrites au cours des menstrues. En dehors de la période des règles, la salpingo-ovarite pourra dissimuler les signes de souffrance appendiculaire. Le « flirt appendiculo-ovarien » est une forme extrêmement fréquente dont les symptômes s’intriquent à tel point qu’on ne peut rapporter à l’une ou à l’autre des deux affections la part exacte qui leur revient.
D'autres formes encore: appendicite provoquant des crises de dyspnée asthmatiforme (1) réveillée par la palpation de la région appendiculaire, ou précédée de douleurs abdominales à types de coliques (2), sciatiques rebelles dont la cause est longtemps méconnue, appendicite claudicante et coxopathie (3), appendicite diasgnostiquée coxalgie (4), épisodes pseudo-méningés décrits par Broca et Jalaguier; appendicite à type de maladie de Basedow ; …
Une telle richesse symptômatologique ne peut qu’égarer si on ne recherche méthodiquemnt l’appendicite, et
(1) £.-A. Gutiman: Presse médicale, 3 novembre 1920. (2) Rochét: Thèse de Paris, 1912.
3. Rochard et Stern: Presse médicale, 11 octobre 1918. 4. M.-G. Pothrat: Paris-Chirurgical 1913.
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si, comme l’a dit Faisans, on n’y pense toujours commé on pense toujours à l’alcoolisme ou à la syphilis.
Dans ces conditions, il a été naturel de chercher ur test qui permette, comme le laboratoire vient en aide à là clinique, d’affirmer le diagnostic d’appendicite chronique, surtout dans les cas trop nombreux où celui-ci était indécis et comme en suspens. Et tout naturelle: ment, à la lueur des communicätions faites par les radiologues, on a cherché —— ]a radioscopie du tube digestif étant le reflet le plus exact de la physiologie de cet organe — à mettre en lumière des signes radiologiques qui permettraient de confier dans certains cas un malade au chirurgien avec toute la sûreté que celui-ci réclame des investigations médicales. Dans les années qui se sont écoulées depuis la première radiographie de l’appendice, on s’est aperçu qu’en plus de son rôle vérificateur, la radiologie permettait de confirmer très souvent les hypothèses cliniques, et même de découvrir, à propos de cas à symptômatologie assez vague, un syndrôme radiologique suffisant pour préciser le diagnostic de l’affection.
D'autant plus que de nombreuses études — celles d'auteurs américains notamment (1) — ont montré que le pourcentage de morbidité post-opératoire est extrémement élevé. Les uns notent 20 % d’échec (2), d’autres 40 % (3), six sur dix pour Guillaume (4), et si l’on en croit Coffey (5), qui considère que plus de la moitié des malades venant consulter pour une douleur de la fosse iliaque droite, n’ont aucune maladie organique définie, la statistique montre que plus de 70 % n’ont pas été améliorés par l’opération. Bien des fois la douleur qu’on a rapportée à l’appendicite chronique est provoquée par un cœcum mobile, par une entéro-
(1) Lower et Jones: Journ. Amer. Med. Assoc. 1923. (2) Deavwer et Rodvim: Arch. of. Surg. 1923.
(3) Gibson: Amer. Journ. of Med. Science 1920.
(4) Guillaume: Les Colotyphlytes.
(5) Coffey: Amer. Med. Assoc. 1923.
colite muco-membraneuse, par une dilatation douloureuse du colon droit. « Nombre de malades sont opérés pour une appendieite qu'ils n’ont pas » a dit Dieulafoy, et les bénéfices que retirent de l’opération ces balafrés du ventre ont été nettement mis en valeur par De-Langenhagen qui, sur 16 opérés d’appendicite, a vérifié seulement 2 cas où les malades avaient été soulagés par l’opération.
Ces faits donnent une indéniable valeur aux recherches radiologiques qu’on à essayé d’entreprendre. Le moins qu’on puisse dire d’elles, c'est qu’elles tendent à des diagnostics de prudence.
PA Fe