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sements dans un seul cu dans plusieurs locaux. 1] convient d'ajouter que ce transport était effectué sans méthode et, dans certains cas, sans inventaire préalable.
De même, la reprise des actifs et passifs des entreprises liquidées par la Banque d'Etat, visée au paragraphe 3, ne put avoir lieu, car aucun bilan n’avait été dressé au 14 décembre 1917.
De plus, à une question de la délégation des représentants des Conseils d'administration des Banques, il fut répondu par le commissaire soviétique interrogé, que certaines sections — celle des titres et celle des comptes « cn call » particulièrement — devaient être liquidées et les créances des banques envers chaque client recouvrées sur l’ensemble des biens du débiteur, . mais il fut en outre spécifié que, même après remboursement de la dette par le client, les valeurs libérées ne lui seraient pas rendues.
Fin janvier, étaient publiés deux autres décrets; l’un, du 21, annulait les emprunts d’Etat; l’autre, du 23, annulait les actions des banques de commerce. Ce dernier, précédé d’un exposé des motifs, disposait :
« Afin d’éliminer complètement de la gestion de la Banque du Peuple de la République Russe, récemment créée, l'influence des capitalistes entre les mains desquels se trouvent les actions des banques privées supprimées, le Conseil des Commissaires du Peuple a décrété ce qui suit : |
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1. Les capitaux des anciennes banques privées (capitaux sociaux, capitaux de réserve et capitaux spéciaux) sont confisqués sans réserve au profit de la Banque du Peuple de la République russe. :
2. Toutes les actions sont annulées et tout paiement de dividendes est absolument suspendu.
3. Toutes les actions des banques doivent être immédiatement présentées par leurs propriétaires actuels dans les succursales locales de la Banque du Peuple.
4. Les détenteurs des actions de banques qui n’ont pas leurs actions sous la main sont tenus de présenter à la succursale de la Banque du Peuple des bordereaux des actions de banques leur appartenant, avec l’indication exacte de l’endroit où elles se trouvent.
5. Les détenteurs des actions de banques qui n’auraient pas présenté leurs actions (paragraphe 3) ou qui n’en auraient pas communiqué les bordereaux (paragraphe À) dans le délai de deux semaines à dater de la publication du présent décret, seraient passibles de -la confiscation de la totalité de leurs biens.
6. Toute espèce de transactions sur les actions de banque sont rigoureusement interdites. Toute personne qui participerait à ces transactions est passible de trois ans de prison au maximum. »
Dès le 15 décembre, les employés des banques privées s'étaient mis en grève et cette grève, que les administrateurs avaient essayé de faire cesser au début, devait se poursuivre.
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- On recommença à payer les chèques aux particuliers le 1er février et à raison de 500 roubles par mois. Le paiement était entouré des plus grandes difficultés.
Au milieu d'avril 1918, le gouvernement invitait 6 administrateurs des banques à prendre part à une conférence formée auprès de la Banque d’Etat pour l'examen des questions de la politique bancaire.
Le comité des banques privées, qui désirait à tout prix sauver les établissements de crédit, établit alors un proyet comprenant un ensemble de mesures relatives surtout :
a) À la mise à jour et à la vérification — qui devaient être des plus difficiles — du mouvement des affaires depuis le 14 décembre 1917.
b) À l'établissement du bilan.
€) A la réalisation rationnelle des actifs des banques.
d) Aux modalités de la reprise des opérations de toutes natures sous le contrôle gouvernemental.
La conférence tenue les 12, 15 et 16 avril adopta, contrairement à toutes les prévisions, la plus grande partie du projet. On pouvait donc espérer que l’application des décisions prises à cette conférence raménerait la confiance du public et permettrait le fonctionnement, partiel du moins, des anciennes banques privées.
Il n’en fut rien, car les révolutionnaires qui avaient vu tout d’abord en ce plan un moyen de créer un afflux d’or, eurent vraisemblablement bien vite des doutes sur les résultats à en attendre. Aussi laissèrent-ils de côté
les suggestions auxquelles ils avaient souscrit.
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Les administrateurs des banques durent considérer la situation comme sans issue et abandonnèrent toute lutte.
En nationalisant les banques, les bolcheviks, ignorants qu'ils étaient, avaient cru pouvoir s'emparer de quantités immenses d’or et de monnaie étrangère; ils furent déçus : la quasi totalité du numéraire liquide sur lequel ils comptaient avait été évidemment employée en opérations d’avances et d’escompte. D'autre part les richesses qu’ils présumaient être conservées dans les coffres-forts de la clientèle s'étaient révélées infimes.
Une seule de leurs prévisions fut réalisée : l’anéantissement de la puissancé du capital financier. En effet, si les débiteurs des banques se trouvèrent libérés vis-à-vis d'elles, les déposants se gardèrent bien de confier un argent dont la possibilité de retrait aurait été au moins problématique.
Quelques chiffres donneront un aperçu de l’annihilation immédiate des opérations bancaires
La réalisation du portefeuille des effets escomptés par les banques privées de Pétrograd, qui s'élevait à 949 millions de roubles environ au 15 décembre 1917, ne fournit que 18 millions de roubles jusqu’au 1e mai
Sur 274 millions de roubles d’avances sur marchandises, il fut remboursé moins de 27 millions.
A la succursale de la Banque du Peuple, à Moscou, les prélèvements des titulaires de comptes courants
jnsqu’au 1* juillet 1928 furent supérieurs à -860 mil lions de roubles, alors que leurs versements n’atteignirent pas 558 millions. De même, les avances sur garanties consenties pendant la même période excédérent les remboursements de près de 100 millions de roubles. F
Le bilan des anciennes banques privées de Moscou et de Pétrograd subit des modifications analogues. Ainsi l’encaisse de 20 d’entre elles passa de 45 millions de roubles, au 15 décembre 1927, à un peu plus d’un million au 1e mai 1918. Le montant des comptes courants diminua de plus de ? milliards au 15 décembre 1917, à moins de 33 millions au 17 mai 1918.
Un journal financier soviétique .(Naradnoje Khosiasivoi financi, 1918, n° 28) s’exprimait ainsi :
« L’une des fonctions les plus importantes des banques, celle qui consiste à accumuler et à concentrer les ressources non employées de la bourgeoisie pour en financer l’industrie et le commerce, a cessé complètement dans l’ordre des choses nouvellement créées; sciemment, la bourgeoisie n’apporte plus des capitaux libres dans les banques, elle ne fait pas confiance au . nouveau pouvoir et le sabote ».