PHYSIOLOGIE DES CAPILLAIRES SANGUINS
L’examen physiologique suivant portera essentiellement sur trois points principaux : premièrement, sur les phénomènes de la circulation capillaire; secondement , sur les propriétés endosmotiques des tuniques dans les capillaires proprement dits ; troisièmement, sur les modifications physiologiques des capillaires par divers agents physiques et dans certains états morbides. J’établirai en outre, sous forme de préambule, la propriété contractile de ces vaisseaux.
Un grand nombre de faits tendent à démontrer que les vaisseaux capillaires des parties transparentes peuvent se resserrer sous l’influence d’irritations mécaniques et chimiques.
C’est particulièrement sur la membrane natatoire des grenouilles que ces expériences ont été faites. Les irritants employés sont la glace , l’essence de térébenthine, l’éther, l’aconit, le sel de cuisine. Il faut, dans tous les cas, éviter les agents qui peuvent augmenter ou diminuer la coagulabilité du sang.
Le froid et les irritations mécaniques ne manifestent pas immédiatement leur elfet. La contraction débute lentement, atteint son maximum après quelques minutes, puis diminue peu à peu. Il ne faut donc pas s’attendre dans les expériences à voir une contraction rapide comme dans les tissus de la fibre rouge striée.
L’irritation locale ne reste pas circonscrite , elle se communique aux parties voisines, se propage de proche en proche le long de la paroi des vaisseaux.
La contractilité des capillaires peut également s’estimer au moyen des substances qui la paralysent.
La paralysie des capillaires , manifestée par leur expansion , peut dépendre d’une irritation qui a préalablement provoqué leur contraction.
Avec l’eau chaude , l’expansion s’opère après cinq minutes ; avec la glace, la contraction préalable est d’une demi-heure, puis l’expansion se manifeste.
Wedemeyer, avec le sel de cuisine, a vu la contraction durer quatre à cinq minutes, puis la dilatation s’opérer sous forme anévrismatique.
D’autres substances, telles que l’ammoniaque, ont la propriété de déterminer l’expansion immédiate des capillaires. L’air, l’alcool, divers acides étendus, peuvent également provoquer directement cette expansion.
Jusqu’à présent cette contractilité n’a pu être mise directement en évidence
au moyen de l’irritation magnético-électrique. Ed. Weber et E.-II. Weber (1) ont très-bien montré , à l’aide de cet excitant, la contractilité des petits vaisseaux. Mais en opérant avec beaucoup de soins sur le mésentère des grenouilles , ils n’ont pu constater ni dilatation ni contraction dans les capillaires soumis à l’excitation magnético-électrique.
La contractilité de-s capillaires s’observe facilement sur de jeunes mammifères; sur des animaux à température variable, grenouilles, salamandres, tritons, on peut voir les capillaires se resserrer et se dilater ; et ce phénomène persiste même pendant quelque temps après la mort de l’animal.
Donc, si l’anatomie comparée ne nous fournissait des exemples de tissus anhystés contractiles, le tissu du capillaire sanguin permettrait d’étendre la propriété de contractilité à des tissus autres que la fibre musculaire.