‹ Le système d'Aristote [microform]Chapitre 12 sur 102 · LES OUVRAGES DE MÉTAPHYSIQUE · texte numérisé non relu

LES OUVRAGES DE MÉTAPHYSIQUE

logique. — Peut-être Aristote avait-il donné des modèles de discours ; dans tous les cas, nos catalogues (Diog., n^ 84; anon. n*' 88), parlent d'un livre intitulé ivO'jjjLr.piaTa pv^Topixà. — Ce qui est sûr, c'est qu'Aristote avait consacré à l'histoire de la rhétorique un ouvrage célèbre, un résumé de tous les traités antérieurs aux siens : o-'jvaywy-^ Tsyvwy, qu'a bien connu Gicéron (fr. 130 et 131, p. 1500). — Quant aux ouvrages sur la théorie de la rhétorique, il y en a trois principaux à considérer. La tUiétorique, au livre III, ch. 9 /t/?, renvoie à un ouvrage qu'elle appelle Ta Hso^éxTsia, et la Rhétorique à Alexandre (1, 1421 A, 1) porte ces mots : Tal^ jt:' suloû Tr/vaiç 0eoos7.Tr, voacD£'lcra'.c. On connaissait donc, avant Andronicus et même de très bonne heure, une H/iétorique à Théodecte, ou de Théodecle, dont il est question dans nos deux plus anciens catalogues (Diog., n° H2 et anon., n" 7i) et dont parlent plusieurs auteurs, notamment Quintilien. Si le livre est authentique, c'était sans doute une « Rhétorique f/^ir/éée à Théodecte » (etnon pas publiée par Théodecte), et, comme Théodecte ne survécut pas à l'expédition d'Alexandre et que d'ailleurs Alexandre avait fait, nous dit-on, la connaissance de Théodecte par l'intermédiaire d'Aristote, il a fallu qu'elle fût écrite pendant le séjour d'Aristote en Macédoine (1). — La Rhélorique à Alexandre qui fait partie de notre collection aristotélicienne est unanimement reconnue pour un ouvrageinauthentique, à cause notamment de la dédicace à Alexandre qui constitue le premier chapitre. Bien entendu, l'auteur s'inspire de la doctrine d'Aristote ; mais il ne cite pas, sauf le renvoi dont nous avons parlé, les livres d'Aristote. Inutile de dire qu'il n'est pas cité par eux. Diogène l'indique peut-être au n" "9 de son catalogue par les mots Téyvri à (2). — L'ouvrage incontestablement aristotélicien est la Rhétorique. Son authenticité résulte de son contenu. Toutefois il y a des interpolations et des transpositions : au livre II notamment, les chapitres 18-21 étaient primitivement avant 1-17. Le livre III tout entier parait apocryphe.

(!) Zeller, p. 76, n. 2.

(2) Zeller. p. 78, n. 2.

Nous passons aux traités consacrés à la métaphysique Nous n avons pas à revenir sur deux écrits de la jeunesse d Aristote, le nspl 01X0(70^:0^ et le nspl eOy-^j,-. Nos trois catalogues citent des ôp wp-l ou 6'po-. ; mais nous n'avons pas a leur sujet d'autres renseignements. Ils mentionnent aussi et Ptolemee avec quelques détails, des 8ia-.pé«iç, qu'il ne ' faut pas confondre avec les oiaipÉ^iî dont il a été question plus haut (cf. p. 22); mais rien ne confirme leur autorité. Sans doute, Aristote lui-même parle d'un ouvrage ou morceau d ouvrage analogue, rèxXoy^ twv ^vavTiwv (1) Mais Alexandre ne savait déjà plus (2) si les mots IxXov^ tûv svamiav désignaient un ouvrage particulier, ou un chapitre du traité du Bien. En somme, la métaphysique n'est représentée dans notre collection et ne l'a peut-être jamais guère été que par un seul traité, celui que nous nommons précisément la Métaphysique. L'ouvrage s'appelle dans le Demotvarumaliimi[&,imb, !») : T^splr?;,' ,:pcoTr,î,^,Xoao=.:a,-. e un grand nombre de textes d'Aristote rendent vraisemblable que c est là le titre qu'il voulait lui donner (3). Le titre de .ueTaTijuawà qu'on trouve pour la première fois sous la plume de Nicolas de Damas, d'après un scholie de la Métaphysique de Théophraste, doit remonter à Andronicus, car Nicolas est son jeune contemporain. Ce titre, devenu tout de suite usuel, dérive de l'arrangement matériel des écrits par Andromcus, comme le dit bien Alexandre, et non comnae le voudrait Simplicius, de considérations interl nés (4). —Parmi nos auteurs de catalogues, Ptolémée cite la Métaphysique, avec treize livres, suivant la computation grecque ; 1 anonyme la mentionne deux fois (n»^ 1 1 1 et 154) • il est bien connu que, au contraire, Diogène l'ignore entièrement. Aristote en parle souvent comme d'un ouvrage futur ; peut-être même l'a-t-il citée sans indication de titre dans la Physique (I, 8, 191 b, 29; voy. Bonitz, Jnd. 103 b,

^ {l)Metaph., r. 2. 1004 a, 1 ; cf. I, 3, 1084 a, 30 : i» r« J.«.«a« râ»

eVGCVTr&)V , ~

(2) Zeller, p. 64, n. 1.

(3) Zeller, p. 79, n. d.

(4) A|ex^Jf.^aM.,i70, 6, Hayduck (127, 21, Bonitz) ; Simpl. />Ay,., î, 17, éd. H. Diels (Comm, gr., vol. IX). k y ,

Aristote ^

LE SYSTÈ3IE d'aBISTOTE

LES QUVilAGES DE rJÉTÀPHYSlQUE

30). Au reste Fauthenticité des principaux morceaux est manifeste, et elle résulterait encore des citations qui en sont faites par Théophraste et Eudème.

La question de savoir comment le texte de l'ouvrage s'est constitué a été résolue par Brandis et Bonitz. — Le corps de l'ouvrage est constitué par les livres A, B, F, E, Z^ H, e. — Le livre l (iota) est une reprise et une suite de questions traitées dans les livres précédents, mais assez mal soudée au reste. — Des deux moitiés de K, la première répète B, F, E ; la seconde, depuis le chapitre 8, est une compilation inauthentique de la Physique. —Le cas du livre A est particulièrement intéressant. Selon Bonitz, il faudrait y voir un écrit isolé dans lequel Aristote aurait exprime, en la rattachant étroitement par les chapitres 1-5 à ses enseignements sur la physique, une partie importante de sa métaphysique, la théorie du premier moteur. Mais tout d^abord^ s'il est malaisé d'indiquer dans le livre A des références précises aux autres livres de la Métaphysique, encore faut-il reconnaître, comme Favait très justement noté Brandis, que la discussion contenue dans le ch. 4 de ce livre a du rapport avec certaines des questions posées dans le livre B, et

notamment avec celle, qui ouvre le ch. 3, de savoir si Ion peut admettre que les genres soient crcov/£',a xa». aoyai. De plus le livre A ne paraît pas avoir le caractère physique que lui prête Bonitz. Il y a en effet dans Aristote une démonstration physique du premier moteur, mais c'est le hvre Vlll de la Physique qui la donne. Au contraire, ce qui est traite dans A, ce n'est pas exclusivement, tant s'en faut, la démonstration du premier moteur ; c est bien plutôt la nature de l'être en tant qu'être et spécialement la nature de Dieu. Or le vrai nom de la philosophie première est, comme on le verra (p. 82), théologie. On peut donc soutenir que le livre A traite, et traite seul, le sujet propre et véritable qu' Aristote s'est proposé dans la Métaphysique. Fût-il d'ailleurs une dissertation séparée, il faudrait toujours reconnaître que le premier éditeur de la Métaphysique ne pouvait se dispenser de le faire entrer dans le corps de Fouvrage. A vrai dire, le livre A, comme on Fa vu, contient deux parties, dont la liaison est rendue manifeste par

le début du chapitre 6. Il est incontestable que la première ressemble à une ébauche (cf. ch. 3 déb. et 1070 a, 4) ; mais sa brièveté même s'explique, puisqu'elle n'est encore qu'un prélude, le plus prochain, il est vrai, de Fobjet propre de la métaphysique. Bonitz est frappé de son aspect décousu et il renonce à y trouver une suite réglée de pensées ; il n'y voit qu'un résumé désordonné de la Physique, Nous croyons tout au contraire que ce résumé est systématique et qu'il est dominé par deux préoccupations des plus opportunes : Fune, d'attribuer le premier rôle, entre les causes, à la cause motrice (1-3); l'autre, d'établir que la causalité réelle n'appartient pas aux universaux, mais à des choses individuelles, de sorte que, en dernière analyse, les choses sensibles s'expliquent par des causes substantielles et individuelles. Ceci posé, la seconde partie pourra étabhr que, en dehors et au-dessus des substances naturelles, mobiles et périssables, il doit nécessairement une substance immobile et éternelle. — Les livres M et N, qui avaient été probablement destinés à faire partie du traité sur la philosophie première, ont dû être abandonnés ultérieurement, lorsqu' Aristote écrivit le livre A : celui-ci est plus mûr que le livre M dans les parties qui leur sont communes, et il a pu paraître à Aristote suffisant, à lui seul, pour traiter les questions qui étaient étudiées dans M et N. Ces deux livres ont pour objet la théorie platonicienne des Idées et des Nombres, partie capitale de l'introduction historique qu est le livre A. — Le livre A est le ^rspl tcov luocra^wç ÀsyojjLsvtov, connu, sous ce titre, des auteurs et d'Aristote. L'introduction dans l'ouvrage de cette dissertation en compromet manifestement le plan. — Le livre Alpha zl7.xzoy {a) est une préface, évidemment apocryphe et d'ailleurs ici hors de place, à une Physique. Parmi les anciens, on l'attribuait généralement à Pasiclès de Rhodes, neveu d'Eudème. -- L'agrégat a été constitué de bonne heure, à l'exception sans doute du Hvre a; car les plus anciens auteurs le connaissent tel. Selon Alexandre, l'éditeur serait Eudème : l'indication n'est qu'incidente, mais elle est clairement impHquée (1).

(1) Metaph., 51S, 9,Hajd.; 483, 19, Bz;5cAo;. 760 0,17.11 convient

LES OUVRAGES SUR LES SCIENCES DE LA NATURE

Les ouvrages relatifs aux sciences de la nature, le groupe le plus nombreux, se divisent naturellement en ouvrages sur le monde en général et les êtres physiques en dehors des animaux terrestres, puis en ouvrages sur les animaux, et qu on peut, jusqu'à un certain point (1), subdiviser en descriptifs et explicatifs. ^

Le premier des ouvrages de physique, à cause de sa généralité et peut être même de son importance, est la 4>j(rix/ àxGoao-i;, en huit livres. Tel est le titre dans les manuscrits que nous avons et dans ceux qu'ont eus les commentateurs. Quant à Aristote, qui cite très souvent Fouvrage, il dit, pour les premiers livres, cpuaixàou TaTcepl ©j^sw; et, pour les' derniers, Tispl x'.vrlcrea);. Quant à la question de savoir comment diviser les deux groupes, elle reste d'ailleurs un peu incertaine. Il semble que le premier soit constitué par les livres I à IV, et le second par les livres V, VI et VIII. Le livre VII fait à peine partie de l'ensemble et il présente cette circonstance que nous en avons deux textes : l'un est une paraphrase, déjà connue d'Alexandre et qui a même fini, jusqu'à l'édition ?ninoràe Bekker, par usurper la place du vrai texte (2). —Après la ^j^iySr, àxpoaT^ viennent, dans l'ordre des matières, le Hspl oùpavoG et le Oepl ysvécrecoç xal oBoûà.-, le premier en quatre, le second en deux livres. Mais le ri. y£V£<j£w;xal (pOopà^- ressemble plus aux deux derniers du nspl oùpavoù que ceux-ci aux deux premiers du même traité. Aristote cite souvent les deux ouvrages. Théophraste, dans son de Caelo, avait cité celui d' Aristote (3). •- Les

de noter que cette partie du commentaire (à partir de E) est suspecte et que d'après certains, elle doit être attribuée à Michel d Ephese (xie s. ap. J.-C). - Sur la Métaphysique, cf. Zeller, p. 80-84.

(S tlet aÏ1impHc>Ay.., i051, 5, 1052, 20, 1054, 27, 1086 23, 1093, 8, Diels. Cf. Zeller, p. 85, 1. - Voir aussi la discussion, dans VArchiv fur Gesch. d. Philosophie, entre P. Tannery et G. Kodier sur La composition de la Physique d' Aristote, le premier soutenant (VII 224-229 et IX, 115-118) que notre Physique est un tout tait de morceaux disparates, dont les livres V et VI notamment doivent être détachés ; le second, défendant au contraire l'unité de Touvrage (VUl, 455-460 et IX, 185-189, 1895-6).

(3) Zeller, p. 87,1.

MîTewpoXoyixà tiennent étroitement aux deux ouvrages précédents. Aristote les cite souvent par désignation de leur contenu (Bonitz, Ind., 102 ô, 49). Il semble bien qu'ils aient été pris par Théophraste pour modèle de ses MexapffioAoy.xà. Le IV® livre ne s'adapte pas bien à la fin du IIP, ni au plan primitif de Touvrage (I, 1 fin). C'est, semble- 1il, une dissertation à part qui n'a été mise à cette place par Aristote lui-même, peut-être faute de temps, que pour remplacer une partie absente (1). — Le fragment des o-Tipïa ou (T^uao-tai y^£î.|jLd)V(i)v, inséré sous le titre de IIspl (ryijjLe'ltov par Bekker dans l'éd. de Berlin, p. 979, n'est pas authentique, non plus que l'ouvrage auquel il conviendrait de le rapporter (cf. fragm. 1581 a-1583a). - L'authenticité du fleplypo)aà-rwv a été sérieusement combattue par Prantl. x\lexandre pense qu' Aristote a écrit un Ilepl yLjpiwv, mais il ne semble pas l'avoir eu en mains. — Aristote fait espérer [Meteor. III, fin) une étude sur les métaux ; mais on ne sait si ce livre a été écrit et si c'est le [jiovoêiêXos tt. «jisTàXXwv dont parlent les commentateurs, et notamment Simplicius {Phys, 3, 4, Diels). Les catalogues et les auteurs citent encore beaucoup d'écrits physiques d'Aristote, mais sans authenticité.

Aux écrits physiques il faudrait rattacher les écrits mathématiques d'Aristote. Aux y£(op.£Tp?.xà te xal |jLyiyav5,xà ,3'.6)v'la dont parle Simplicius [fJat, 4, 25 sq., Kalbfl.), on pourrait rapporter nos Mr.y av.xà ; mais ils ne sont pas authentiques. — Le IIspl aTOjjLtov voa|jL;jLtov (éd. de Berlin, p. 968) était, d'après Simplicius (2), attribué à Théophraste tout autant qu'à Aristote. — Des oTTTixà ^!.êX'la ou oTTTuà 7rpoêX7]|jLaTa étaient en circulation, sous le nom d'Aristote, au temps d'une traduction latine (vers 230 après J.-C) de la Catoptrique de Héron d'Alexandrie. — Enfin, à moins qu'Aristote n'entende se référer, dans les Meteorol. I, 3, 339 ô, 7; 8, 345 b, 1 et dans

(1) Zeller, p. 87, n. 2. Voir Vindex nominum, au mot SeovpKjroq dans les commentaires des Meteor. d'Alexandre (éd. Havduck, Comm, gr. III, 2) et d'Olympiodore (éd. Stiive, même collection, XII, 2). Cf. infra, XIXe leçon.

(2) Dans son commentaire du De Caelo, 366, 25, éd. Heiberg {Comm. gr. VII) ; SchoL, 510 6, 10.

LES OUVRAGES SUR LES SCIENCES DE LA NATURE

Il'

le De Caelo IL, 10, 291 a, 29, à un ouvrage d*iin autre auteur et non à un ouvrage écrit par lui-même, il semble qu'il a dû composer un ào-Tpovojjiixov ou àoTpoXoyixov (1).

Parmi les ouvrages descriptifs sur les animaux, il n'y a peut-être d authentiques que les àvKTOfAa'l et notre Hepl Ta Çwa loTopia. — Les àva-rouiai sont souvent citées par Aristote (Bonitz, Ind. 104 «, 4). Il nous indique lui-même qu'elles contenaient des dessins, et peut-être en était-ce la partie la plus importante. L'ouvrage est perdu et sans doute depuis longtemps. — Notre Histoire des animaux, en dix livres^ est authentique, à l'exception du dernier : les neuf premiers sont souvent cités par Aristote ; le X®, au contraire, contient une doctrine essentiellement anti-aristotélicienne, celle de germes féminins (2).

Au premier rang des livres explicatifs sur les vivants il faut placer le Ilscl 'Ij'/t^^ (3). Il y a eu deux rédactions du second livre : des fragments de l'une d'elles ont été découverts par Torstrik dans le ms. E (Paris, n^ 1853) (i). Mais c'est assez arbitrairement que Torstrik entreprend d'expliquer par le mélange des deux rédactions les fautes de composition, les répétitions surtout, dont il est chocpié au livre III, voire au livre I ; car la preuve de l'existence de deux rédactions pour les livres I et HI n'est même pas faite. Ajoutons d'ailleurs que les deux rédactions du second livre ne paraissent pas avoir présenté de différences considérables.

Au IIspl ^Kiyr^^ se rattachent naturellement plusieurs petits traités portant tous sur des fonctions communes à l'âme et au corps et connus sous le nom traditionnel de Parva naturalia. Commençons par parler de ceux d'entre

{{) Zeller, p. 90, n. 1.

(2) Zeller, p. 93, n. i et 91, n. 1.

(3) Pour les renvois d'Aristote à son tt. ■^-jx^'^^ ^^ir Bonitz, Ind. 102 6, 60 sqq.

(4) Voir la préface de son édition (Berlin, 1862). Ces fragnnents se trouvent à la suite du texte dans l'édition de G. Biehl (bibl. Teubner), et dans celle de G. Rodier (Aristote, Traité de Vâme, traduit et annoté, 2 vol., 1900 ; voir I, p. III sq. eipassim dans le commentaire, vol. II). Cf. Zeller, p. 93, n. 2.

eux qui ont dispara ou qui sont apocryphes. — Aristote avait annoncé en plusieurs endroits (Bonitz, Ind. 104 a, 47) un ^eol voTou xal j'/ieiaç. Mais, bien qu'un auteur arabe ait parlé d'un écrit intitulé De sanitate et morho, il ne semble pas qu'Aristote ait tenu sa promesse, car Alexandre (1) n'a pas connaissance de ce traité. — Il semble au contraire qu'on trouve chez lui non seulement promis, mais indiqué comme écrit déjà, un Tispl Tpooïiç (Bonitz, Ind. 104 h, 16). — Le Ilepl 7rv£j{jLaToç qui fait partie de notre collection aristotélique n'est pas authentique ; car il fait entre les veines et les artères une distinction qu'Aristote ne connaissait pas (Bonitz, Ind. 109 fl, 22). Comme d'ailleurs il est cité par le nspl j;(oa)v' y.'.v7]cr£a); (Bonitz, 103 «, 42), il appartient aux premières générations péripatéticiennes. — Nous possédons dans les œuvres un fragment d'un flepl àxoucrTtSv. Il ne cite pas Aristote et n'est pas non plus cité par lui. Zeller en trouve l'exposition trop traînante pour être de la main d' Aristote, et il le rapporte aux premiers temps de l'École. Ce n'est pas, comme on l'a cru, un morceau distrait de notre Ilepl ala-Or,- T£o)ç ; car celui-ci déclare (ch. 4, déh.) que son plan ne comporte pas une étude détaillée du ton et de la voix, et les renvois du De generatione animalium (Bonitz, Ind. 100 b, 40) ne réclament pas sur ce sujet plus que ne donne notre texte actuel du IIspl aidOrluetoç (i6.). — Passons aux autres Parva naturalia àe^ notre collection. Le Ilepl ai(TGr>£wç xal altrÔTiToiv est promis par les Météorologiques, peut-être aussi par le De anima, cité par les traités Sur les parties et Sur la génération des animaux, par le De memoria et le De somno (Bonitz, Ind. 103 a, 8). Notre texte n'est pas mutilé ; car les renvois du De generatione animalium (V, 2, 781 a, 20) et du De partibus animalium (II, 10, 656 a, 27), s'ils s'appliquent mal au De sensu proprement dit, portent convenablement sur d'autres des Parva naturalia, et Aristote a pu désigner ces petits traités sous le titre deir. alo-Oridewç, parce qu'ils sont comme des dépendances de ce premier traité lequel contient dans son premier chapitre une introduction commune à eux tous.

(1) Dans son commentaire du De Sensu, 6, 19, éd. Wendland (Comm. gr., III, 4).

LES OUVRAGES SUR LES SCIENCES DE LA NATURE

Il )'

— Le Ilepl fJLVYijjLYi; xal àva|j.r/,(T£(o<; est mentionné par Ptolémée (n<* 40) et cité par les commentateurs. Il cite le De a?iima et d'autres ouvrages d'Aristote, mais il n'est cité que par le rispt swwv xivrjo-eajc; (Bonitz, Ind. 99 a, 36 et 103 a, 13). Son contenu démontre son authenticité. — Le Ilspl uttvou xal svpYjyopo-cwç cite plusieurs fois Aristote et en est plusieurs fois cité (Bonitz, Ind. 99 a, 42; 103 a, 16). Il forme série avec le Uzol svjTuvLtov et le Ilsplr/is xaO' \j7zvoy jjLavTt.xYjÇ, comme Aristote l'indique dans ce dernier écrit (ch. 2 fîti). De son côté, le De somno (2, 451) «, 27) promet le t.. svjtwvIcov.

— Le rispl li.axpoêt.onrjTOv; xal ^pa^uêt-OTTiTo; est indiqué dans nos catalogues, cité par Athénée sous son titre, et, sans indication de titre, dans le traité des Parties des animaux (Bonitz, Ind, 103 a, 23). — Le IIspl >^wyîç xal GavaTou ne fait avec le Ilepl àvaTcvofj^ qu'un seul tout (voir le premier, au ch. 1 déh.^ et le second, vers la fin du dernier chapitre). Zel- 1er qualifie d'évidemment illégitime la coupure que font les éditeurs dans le Ilspl ^wy-^ xal GavaTOj, dont ils mettent à part les deux premiers chapitres sous le nom de lUpl veoTriioç xal y-z-pw^ ; il pense que l'ouvrage de ce nom, annoncé par Aristote, a été perdu de bonne heure, ou même, comme incline à le croire Bonitz {Ind, 103 a, 26), n'a jamais été écrit. Le De vila et morte et le De respiratione sont cités plusieurs fois par le traité Sur les parties des animaiu (Bonitz, Ind, 103 a, 34 et 38) (l).

Le riepl ^wwv tjLop'lwv, en quatre livres, cite beaucoup d'ouvrages d'Aristote et est cité par le De generatione animaiium,\e De incessu animaiium. le Demotu animalium^ parle De vita et mor'e^ par le De respiratione et par le De somno (Bonitz, Ind. 99 é, 30 et 103 a, 55). Zeller signale dans cet écrit le renvoi du ch. 3, 457 b, 29, comme pouvant s'appliquer mieux au De sensu (2, 438 b, 28) ; mais, en revanche, le renvoi du ch. 2, 455 b, 34 conviendrait mieux au H. Çwwv IJLopiwv (III, 3, 665 «, 10) qu'au De sensu (2, 438 b, 25).' Le premier livre est une introduction générale aux recherches sur les vivants, qui n'est peut-être pas à sa vraie place (2).

(1) Sur les Parva naturalia, voir Zeller, p. 94, n. 1 (94-96).

(2) Zeller, p. 96, n. i.

Le lIspl Çwwv YEvéo-ews cite les autres ouvrages d'Aristote, notamment V Histoire des animaux ^ le De sensu, le De anima ^Bonitz, Ind. 100 a, 59). Mais, s'il est cité par les autres ouvrages, c'est toujours comme un traité à écrire (Bonitz, Ind. 103 b, 8). Cependant, pour des raisons internes, son authenticité n'est pas douteuse. Seulement, le livre V et dernier est peut-être, par rapport à lui, plutôt qu'une partie intégrante, un complément, comme «ont les Parva naturalia pour le De anima.

Le llspl v^wtov TTopE'laç cite VHistoire des animaux et les Parties des animaux (Bonitz, Ind, 100 a, 55). Il est cité sous ce titre, ou sous celui, plus long, de tz. Tiopsia; xal xs-wio-eo)»; Ttov Cwwv par les Partie^ des animaux, sous celui de ti. 'zk^ Twv Çwcov xir/icTôi; dans le De Caelo (Bonitz, Ind. 103 b, 3). Avec ce traité authentique il ne faut pas confondre le n. s<î>wv xivY'O'swç, qui est sans doute apocryphe, puisqu'il cite (10, 703 a, 11) le n. 7:v£up.a70s ,2).

Aristote promet en plusieurs endroits, et même ailleurs il cite comme écrit, un 7:£pl ^utwv. On ne peut donc guère douter qu'un traité de ce titre ait été composé par lui. Mais Simplicius et Philopon paraissent parler du 7:. cpuTwv sans l'avoir eu en mains. Alexandre (3) dit qu'il n'existe sur les Plantes qu'un ouvrage de Théophraste. L'ouvrage ^d'Aristote a sans doute été perdu de bonne heure après Callimaque et Hermippe, et il est impossible de lui attribuer notre Ilepl ccjtwv actuel, traduit de l'arabe en latin et du latin en grec. On ne saurait non plus prétendre enlever à Théophraste, pour les transporter à Aristote, les deux ouvrages, que nous possédons encore : De causis plantarum et Historia plantarum ; dans aucun de ces deux ouvrages il n'y a trace en effet d'un passage authentique du Ilepl ©utojv d'Aristote cité par Athénée (fr. 250), et de plus ils contiennent des allusions à des faits postérieurs à Aristote (4).

(1) Zeller, p. 97, n. 1.

(2) Zeller, p 97, n. i.

(3) De sensu 87, 14 Wendland. Pour les textes de Simplicius, Philopon, etc., voir Rose, Aristoteles pseudepigraphus, p. 261-2(53,

(4) Zeller, p. 98, n. 1.

Page 1