OUVRAGES SUR LA MORALE ET LA POLITIQUE
II, n
Nos ^uarLOYva)jjLOv'//à, qui ne citent pas Aristote et ne sont pas cités par lui, ne sont pas authentiques (1). — Il est impossible qu'Aristote ait écrit des laTpixà, bien qu'on lui en attribue dans nos catalogues, car il se désigne luimême quelque part comme étranger à la médecine (2). — Les ouvrages sur l'agriculture et la chasse sont apocryphes (3). — Aristote renvoie sept fois à des 7cûog>.7i|j.aTa. Mais il est remarquable que, à l'exception d'un seul qui ne porte pas lui-même très juste, aucun des renvois d' Aristote ne trouve où s'appliquer dans les Problèmes que nous possédons (Bonitz, Ind. 103 b, 17). Ces Problèmes ne sont donc pas de lui. Il résulte des études de Prantl qu'ils sont l'œuvre successive des premiers Péripatéticiens et qu'il y en a eu plusieurs rédactions (4). — Enfin, avant de quitter les ouvrages physiques d' Aristote, n'oublions pas de signaler l'inauthenticité du îkpl x6t{j.oj (5).
Nous arrivons aux écrits sur la morale. Indépendamment des ouvrages de jeunesse, et notamment du ilspl 6'.xat.o- * (jy^/Tiç dont nous avons parlé, on attribue encore à Aristote beaucoup d'autres ouvrages sur des sujets moraux. Le Ticpl e-iQjijL'la;, qu'il paraît nous promettre au début du De sensu, n'a sans doute pas été écrit. Peut-être avait-il écrit un -spl tMo'jç op^r,;, un tisoI ;jLé8ris, attribuable aussi à Théophraste, des vôjjioi «juto-'.t'.xoL Notre traité ïlepl àpsTwv xal xaxiwv est l'œuvre d'un éclectique qui ne peut guère être antérieur au i®^ siècle av. J.-G. (6).
Malgré la bizarre assertion de Schleiermacher sur l'antériorité des 'H9'.xà [xeyàXa, par rapport aux deux autres traités de morale, personne ne songe plus à voir dans cet ouvrage qu'un résumé des 'HGixà EOôrifjiia. Les 'H8»,xà iityéXd ne citent pas Aristote : on ne pourrait y relever qu'un renvoi
(1) Zeller, p. 99. n. 2.
(2) Zeller, p. 9, n. 1 vers la fin et p. 99, n. 3.
(3) Zeller, p. 100, n. 1 et 2.
(4) Zeller, p. 100, n. 4 et 5.
(5) Zeller, III 1*, 653-670. Cet ouvrage, où l'influence stoïcienne est manifeste, date probablement de la seconde moitié du 1er siècle av. J.-G.
(6) Zeller, p. 103, n. 1.
à des Analytiques, dont rien n'assure que ce soient ceux d' Aristote (Bonitz, Itid.iOla, 52). — Les 'H6',xà Eùô7i|;.iane citent pas non plus autre chose que des Anahftiques, et, sans titre, des Catégories, qui ne sont peut-être d' Aristote ni les uns ni les autres. Déjà Aspasius (1) attribuait, implicitement mais clairement, à Eudème la composition des 'HOwà Eùo/^ j^î.a et son affirmation a le plus grand poids. — C'est une question de savoir si les trois livres communs à cet ouvrage et aux 'HOua Nixopàyeia (Eth, Nie. V-VII ; Eth, Eud. IV- VI) appartenaient primitivement à celui-ci ou à celui-là. L'indication d' Aspasius, que le passage sur le plaisir (£^//i. Nie, VII, 12 sqq.) est d'Eudème, donnerait plutôt à penser que ces trois livres sont d'Eudème. Mais, pour le reste, ÏÉthigue à Nicomaque est l'œuvre d' Aristote. Elle renvoie aux Analytiques et à la Physique (Bonitz, Ind. 101 a, 37) ; elle est citée une fois par la Métaphysique et assez souvent par la Politique (Bonitz, Ind. 103 h, 46) (2).
Aristote avait écrit des voaijjLa (japêapixa, cités notamment par Varron {De ling. lat. VII, 70) et des TuoXiTsiai, dans lesquelles étaient analysées cent cinquante-huit constitutions d'états grecs (3). On sait que la rioAiTsia 'AO/ivaLtov a été retrouvée à une date encore très récente ; elle permet de se faire une idée du reste du recueil (i). — La Politique (noXiTixà) cite VÉthique (Bonitz, I?id. 101 b, 19); elle est citée par la Rhétorique et promise par VÉthique (Bonitz, Ind. 103 b, 52). Son authenticité n'est pas douteuse. Seulement l'ouvrage est inachevé ; il se termine par un développement sur la musique et n'a pas de conclusion. Il paraît en outre acquis que l'ordre des livres a été bouleversé (5).
Nos OixovojjLLxàne peuvent être considérés comme authentiques (6).
(1) Ethica, 151, 24-26, éd. G. Ueylhui (Comm. gr., XIX, 1).
(2) Zeller, p. 101, n. 2 et p. 102, n. 1.
(3) Zeller, p. 105, n. 3.
(4) Elle a été publiée pour la première fois par G. F. Kènyon à Londres en 1S91.
(5) Zeller, p. 104, n. 1 et p. 672, n. 2 (672-678).
(6) Zeller, p. 105, n. 2.
Des traités sur Fart, nous ne possédons que la Poétique. EUle est citée dans la Politique comme un ouvrage futur et, dans la Rhétorique^ comme un ouvrage achevé. Selon les plus anciens témoins l'ouvrage avait deux livres. Que notre texte soit d'ailleurs incomplet, c'est ce qui résulte notamment de ce que le développement sur le xàOapo-»,;, dont parle la Politique^ fait défaut dans la Poétique telle qu elle existe (1). Le iispl TrotrjTwv, dont nous avons déjà parlé (p. 17), et les '0[j.r^o\ykkT.o^r^\i.Tz% étaient des ouvrages d'histoire et non de théorie (2).
(1) Zeller, p. 107, n. 1.
(2) Zeller, p. 108, n. 1. — Arisiole avait écrit quelques autres ouvrages historiques du même genre : les listes critiques des vainqueurs aux jeux Olympiques et aux jeux Pythiques, un Trepî e'JpY}/x«T6>v. — Notre risoi ôavuadîwv àxo-j^Taârwv est inauthenlique ; cf. Zeller, p. 109, n. 1.'