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LES OUVRAGES SCIENTIFIQUES D'ARISTOTE

En faisant la revue des écrits proprement scientifiques d'Aristote, c'est-à-dire de ceux qu'il a composés pendant son second séjour à Athènes, nous ne procéderons pas tout à fait de la même manière que pour les écrits de sa jeunesse. Nous ne devions pas en effet revenir sur ceux-ci, pour deux raisons, l'une, qu'il ne nous en reste que des fragments, l'autre : qu'ils ne contenaient pas la pensée vraiment propre et caractéristique d'Aristote. Nous avons donc dû, en les énumérant, toucher à leur contenu, donner de ces écrits une idée sommaire, mais, dans la mesure du possible, complète. Les écrits scientifiques, au contraire, nous occuperont sans cesse jusqu'à la fin du cours, puisqu'ils seront nos sources. Aussi est-ce d'un point de vue tout extérieur que nous les envisagerons aujourd'hui, un à un. Nous parlerons seulement de leur authenticité et de la constitution de leur texte.

C'est là d'ailleurs une tâche bien suffisante pour l'étendue d'une leçon : ce sérail même une tâche trop longue, si nous voulions parcourir tous les titres d'ouvrages dont nous parlent les auteurs. Mais nous nous garderons de la tentation d'être complets : il sera moins fastidieux et plus utile de faire un choix parmi les écrits trop nombreux qui ont circulé sous le nom d'Aristote. Nous nous attacherons donc exclusivement, en ayant soin de ne nous arrêter que sur les principaux, aux ouvrages qui composent la collection aristotélicienne, telle qu'on la trouve dans l'édition de Ber-

lin, et à ceux des ouvrages perdus qui ont quelque chance d'avoir été authentiques.

Les ouvrages scientifiques d'Aristote se répartissent aisément en cinq classes : logique, métaphysique, sciences de la nature, morale et politique, théorie des arts. 11 s'agit là d'une classification, non d'un ordre que nous devions suivre plus tard dans l'exposition de la doctrine.

Comme il faut rattacher aux ouvrages de logique ceux qui traitent de la connaissance simplement probable, qui eux-mêmes ne font qu'un avec la rhétorique, les ouvrages de la collection aristotélique qui constituent le premier groupe sont les suivants : Les Catégories, Y Rermêneia, les Analytiques, les Topiques avec la Réfutation des arguments sophistiques, la Rhétorique et la Rhétorique à Alexandre.

Le titre de Korcrfyoptat est celui que donnent nos manuscrits, et c'est probablement le vrai titre. D'autres titres, tels que icspi ~ù)v osxa yîvixwràTwv yevwv, s'expliquent comme des allusions au contenu du traité. Celui que nous citons a d'ailleurs un cachet plutôt post-aristotélicien. Andronicus nous parle d'un autre titre intéressant : to. Trpo -ù>y tÔkwv; mais il ne le croit pas authentique et il donne une explication vraisemblable de son apparition (1). Par malheur, on ne voit pas qu'Aristote ait cité l'ouvrage par son titre. Zeller l'avait cru autrefois. Il admet maintenant, avec Bonitz (2 », qu'Aristote, dans les passages en question, se réfère à la doctrine, mais non pas précisément au livre des Catégories en tant qu'ainsi intitulé. — Ce point est important, non seulement pour la question de titre, mais pour celle d'authenticité. En faveur de l'authenticité il faut dire, avec Zeller, que les renvois d'Aristote ont l'air de désigner un livre connu et facilement accessible ; que d'ailleurs nos Kar^yopiat portent dans leur ensemble un cachet éminemment aristotélicien; que les commentateurs anciens, qui rejettent comme apocryphe une autre rédaction des Catégories, maintiennent

(1) Dans Siraplicius Cat. 379, 8. éd. Kalbfleisch ; Schol. 81 a, 27.

(2) Ind. Aristotet. 102 a, 19. Cf. Zeller, p. 67, n. 1. et, de même, pour ce qui suit.

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