AUTRES OEUVRES DE JEUNESSE
Une autre raison d'en douter c'est que le DpoTpcimxo; a servi de modèle à YHorteîisius de Cicéron, qui n'était pas un dialogue. Bref nous sommes à son sujet très mal renseignés. En outre il ne nous en est parvenu qu'un petit nombre de fragments de contenu philosophique ; c'est dans l'un d'eux (fr. 50) que se trouve le célèbre dilemme par lequel Aristote établissait qu'il est impossible de se soustraire à la nécessité de philosopher (1).
C'est encore à la jeunesse d'Aristote qu'il faut rapporter d'autres écrits, relatifs à Platon ou aux philosophes antérieurs. Parmi ces derniers, il y en a dont nous n'avons que les titres, par exemple llepl tï\q Siceuo-tTcrcou xal EevoxpàTouç s>tXo<jo«pîaç(Diog., n°93 ; anon., n°8-i! ; OpôçTà 'AXxûatwvos : HpoêXrîjxaTa zv, :wv A^uo/v/to-j ; Qpoç tyjv HapixevtSou ooçav, cité de seconde main par Philopon dans son commentaire de la Physique, etc. (2). Naturellement il n'y a rien à dire de leur authenticité. La question pourrait en revanche se poser avec plus d'intérêt à propos d'autres' écrits analogues, dont nous n*avons aussi que les titres : IIco- -'% Eevo<pàvouç [cod. — xpà-rouç] (Diog., n°99), riooc rà MeXw-<rou (Diog., n" 9"> ; anon., n° 86), ITpô,- xh ropyîou (Diog., n° 98; anon., n° 89). On peut en effet se demander si ces écrits n'auraient pas été utilisés par l'auteur du traité, certainement apocryphe, De Xe?iophane, Zenone et Gorgia, dont le titre doit du reste être corrigé en De Me/issu, Xenophane et Gorgia (3).
D'autres, tels que le QepiTwv QuQwv'ope uov | Fragm., 1510 a- 1514 a), peuvent être authentiques, car les fables qui remplissent ce livre étaient peut-être données comme des
(1) I is -, h. 29, 12 ; 1484 a, 2, 8, 18 : la formule se retrouve identique, sans qu'on puisse assurer que l'expression même appartient à Aristole : ùftvi juîocro^Teov, vtkoooftiréov, /.'A. zifiii fùoaofrtréov, çh),o<tofitréov, -avT'/j; xpa ftloaofnTsov. Cf., sur le fl/)OTjB«jrTtxôç, Zeller, <>:{, 1.
(2) P. <;:;, 23, éd. Vitelli (vol. XVI de la collection précitée).
(3) Ce traité n'est certainement pas de Théophraste ; il est probablement, comme l'a montré Diels (Abhdl. d. berl. Âkad:, 1900), l'œuvre d'un Péripatéticien éclectique du I'''' Biècle de l'ère chrétienne. L'auteur est particulièrement irol informé en ce qui concerne S phane. Il semble que Siraplicius ail eu L'ouvrage entre les mains.
fables (1). — Il n'y arien à dire des extraits ou analyses de divers ouvrages de Platon dont les titres sont rassemblés par Zeller (2). Quant aux Divisions platoniciennes que mentionne le catalogue des Arabes (n° 59), sans doute il ne faut pas prétendre les retrouver dans l'opuscule que Rose a tiré d'un manuscrit delà bibliothèque de Saint-Marc (3); mais Zeller ne paraît nullement fondé à nier qu'il ait jamais existé, de la main d'Aristote, des Siaipso-stç platoniciennes, et à prononcer qu'il n a jamais existé que des 8tatpé<7etç aristotéliciennes. Nous penserons plutôt que nos Arabes signalent sans erreur un ouvrage authentique ; car Aristote critique quelque part (De part. anim. I, 2, 642 b, 10), comme contraires aux affinités des êtres naturels, certaines ysypajjiulvou Biaipéa-etç qui ne peuvent être les siennes, d'autant qu'il s'agit de dichotomies, qui sont donc de Platon et qu'on ne peut identifier avec celles du Sophiste (220 b) (4). — Mais les deux ouvrages les plus importants de cette époque et de ce groupe sont le Qspl xàyaOoû et le IIspl ISsôv. Le IL xàya- Bo'j a été perdu de bonne heure : on a contesté à tort qu'Alexandre l'ait eu en mains ; mais, après lui, les commentateurs ne le citent plus d'original. C'était comme un compte- rendu des leçons de Platon (5). — Le IIspl weiov est une exposition et une critique de la théorie des Idées. Le fait qu'il se présente, non comme une partie d'un ouvrage dogmatique, mais comme un livre de polémique visant spécialement un auteur déterminé, donne à penser qu'il peut bien appartenir à la fin de la période de jeunesse. Syrianus (6) cite sans doute le IL L8ewv de seconde main,
(1) Zeller, p. 66, n. 1.
(4) Quoi qu'en pense 0. Apelt, ad toc, dans son édition du Sophiste (1897, refonte de l'édition de Stallbaum). Voir Zeller, p. 66, n. 2, p. 78, n.4 et II l4, 437,3.
(5) Zeller, p. 64, n. 1 et 2. Voir l'index des loci aristotelici dans l'éd. du commentaire de la Métaphysique par Hayduck (Comment, gr., I) [Alexandre d'Aphrodisias, vers 200 ap. J -G.].
(6) Dans son commentaire de la Métaphysiqxie, publié par Usener dans le t. V de l'édition de Berlin et par G. Kroll dans la collection
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mais Alexandre a bien l'air, puisqu'il donne des indications précises sur les endroits qu'il vise (fr. 183 fui et 184 fin), d'avoir eu le livre sous les yeux. Aristote, non seulement d'après Alexandre, mais, autant qu'on en peut juger par le texte même de la Métaphysique, s'est lui*même référé au 0. lostôv (1). Avec le II. ioeùv nous sommes loin de l'Aristote purement platonicien de YEudème. Lorsqu'il l'a écrit, Aristote avait repris toute son indépendance. Ce livre a tout ce qu'il faut pour avoir été le dernier de ceux qu'on peut rapporter à la jeunesse d'Aristote.