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LES OUVRAGES DE RHÉTORIQUE

Aristote avait sans doute écrit d'autres ouvrages se rapportant à la logique. Mais, parmi les nombreux titres cités parles catalogues ou dans les auteurs, il y en a beaucoup sans doute qui se rapportent à des ouvrages qui n'ont jamais existé, ou à des ouvrages apocryphes, ou à des ouvrages de Théophraste pris à tort pour des ouvrages d' Aristote ; ou enfin il y a des titres qui font double emploi avec ceux des ouvrages que nous possédons, quand ce ne serait que le Hepl TuXXoyi<r{jiû>v, en deux livres, des catalogues de Diogène (n° 56) et de l'anonyme (n° 54). Nous nous contenterons de signaler les ouvrages suivants : 1° un Ilepl xaxaoicreftx; ixal à-o^ào-ecoç], qu'Alexandre (1) distingue expressément de YHermêneia et qu'il paraît connaître de première main ; 2° le Hepl tojv ivrue€i|iivo)v, identique peutêtre au Elepl svavT'lojv (Diog., n° 30; anon., n° 32). et dont Simplicius nous parle (2) avec quelque précision : fcnopuôv tiay/îos àu.7,y ave-/, avec exemples à l'appui ; et c'est là en effet dans la doctrine d' Aristote une question difficile et épineuse : ouvrage certainement authentique et dont la perte, en raison de son importance, est tout à fait regrettable ; 3g c'est à tort sans doute qu'on a cru trouver dans les eittvetpiiuaTixol Xoyotdu De Memoria (ch. 2 début) l'indication par Aristote d'un autre ouvrage ainsi intitulé ; il s'agit simplement du chap. îcr du II. [rn^-^c, (3); mais Aristote n'en avait pas moins composé sous ce titre, ou sous un titre analogue : Béretç èttt^eipvjjMraxttt, un recueil de thèmes de développements dialectiques avec' des exemples et des indications sur la manière de traiter le pour et le contre (4).

La rhétorique n'étant, selon Aristote (voir le début de la Rhétorique) qu'une dépendance de la topique, nous devons parler des ouvrages sur la rhétorique après les ouvrages sur la

{{) Metaph. 328, ls Hayduck ; 286, 23 éd. Bonite : Schol.GSQ a, 26.

(2) Dans son commentaire des Catégories 382,7-9 (Kalbfl.), et, à

plusieurs reprises (cf. l'index des loci aristotelici de celle édition). Voir irifra, p. 134, n. 3.

(3) Zeller, p. 71, a. 7. vers la lin (p. 75).

(4) Top. 27, 17, éd. M. WaJIies {Comm. gr., 11, %);Schol. 2S4 b, 10.

Sur tous ces ouvrages de logique et d'autres encore, voir Zeller, p. 73-75.

logique. — Peut-être Aristote avait-il donné des modèles de discours ; dans tous les cas, nos catalogues (Diog., nn 84; anon. n° 88), parlent d'un livre intitulé svôujjir^a-a prjTOfHxà. — Ce qui est sûr, c'est qu'Aristote avait consacré à l'histoire de la rhétorique un ouvrage célèbre, un résumé de tous les traités antérieurs aux siens : auvaywyr, tê^vwv, qu'a bien connu Cicéron (fr. 130 et 131, p. 1500). — Quant aux ouvrages sur la théorie de la rhétorique, il y en a trois principaux à considérer. La Rhétorique, au livre III, ch. 9 fin, renvoie à un ouvrage qu'elle appelle -h. ©eoSéx-ma, et la Rhétorique à Alexandre (1, 1-421 h, 1) porte ces mots : xa7.; uti' èaoû -zéyyy.iç ©eooéxTr, ypaoeio-atç. On connaissait donc, avant Andronicus et même de très bonne heure, une Rhétorique à Théodecte, ou de Théodecte, dont il est question dans nos deux plus anciens catalogues (Diog., n° 82 et anon., n° 74) et dont parlent plusieurs auteurs, notamment Quintilien. Si le livre est authentique* c'était sans doute une « Rhétorique dédiée «Théodecte » (et non pas publiée par Théodecte), et, comme Théodecte ne survécut pas à l'expédition d'Alexandre et que d'ailleurs Alexandre avait fait, nous dit-on, la connaissance de Théodecte par l'intermédiaire d' Aristote, il a fallu qu'elle fût écrite pendant le séjour d'Aristote en Macédoine (1). — La Rhétorique à Alexandre qui fait partie de notre collection aristotélicienne est unanimement reconnue pour un ouvrage inauthentique, à cause notamment de la dédicace à Alexandre qui constitue le premier chapitre. Bien entendu, Fauteur s'inspire de la doctrine d'Aristote ; mais il ne cite pas, sauf le renvoi dont nous avons parlé, les livres d'Aristote. Inutile de dire qu'il n'est pas cité par eux. Diogène l'indique peut-être au n° 79 de son catalogue par les mots Tsyvr, à (2). — L'ouvrage incontestablement aristotélicien est la Rhétorique. Son authenticité résulte de son contenu. Toutefois il v a des interpolations et des transpositions : au livre II notamment, les chapitres 18-21 étaient primitivement avant î-17. Le livre III tout entier parait apocryphe.

(2) Zeller, p. 78, n. 2.

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