PRÉFACE. IX
l'est sans racines dans la réalité. En un temps où l' Histoib “de la philosophie est injustement délaissée, où elle a perdu dans notre enseignement secondaire la place qu’elle y avait autrefois, où beaucoup tendent à n'y voir qu’une archéologie de la pensée qui ne peut inté- à resser que les érudits, nous avons pensé que les tra- 4 vaux historiques d'Hamelin pourraient être d’un salutaire d exemple.
Cette méthode ne profite pas seulement à la philosophie ; elle permet souvent de renouveler les problèmes historiques eux-mêmes. Quand on s’astreint, d'une manière trop étroite, à laisser aux théories la couleur de leur époque, quand on s’oblige à ne les présenter que dans les termes mêmes où leurs inventeurs les ont énoncées, on s'expose parfois à méconnaitre leur véritable portée. Car l’archaïsme des formules qui servent à les exprimer peut faire croire qu’elles sont archaïques ellesmêmes et ne répondent plus à des problèmes durables. k Si, au contraire, on se fait une règle de rapprocher mé- | thodiquement le présent du passé afin d'éclairer le premier par le second, il arrive, par une sorte de retour, que le présent lui-même projette sur le passé une lumière fl qui fait apparaître celui-ci sous un jour nouveau. Une F4 question qui faisait l'effet d’une bizarrerie, imputable à quelque singularité du temps ou de l’auteur, prend alors une signification qui, autrement, serait restée inaperçue. De là de véritables trouvailles dont on verra plus loin | un remarquable exemple. L'hypothèse du génie malin | a généralement été considérée par les historiens comme une subtilité dialectique, due à une fantaisie assez étrange de Descartes. On verra comment Hamelin, en la repensant et en la rapprochant de conceptions toujours actuelles, a réussi à en donner une interprétation tout à fait neuve et qui illumine plusieurs points de la philosophie cartésienne.
Mais s’il ne pouvait y avoir de doute sur le devoir que