CHAPITRE III
politiques égaux à ceux des blancs loyaux, serait presque l'équivalent de l'action de placer le contrôle des différents gouvernements des Etats et de la majorité des comtés de la Caroline du Sud, de la Géorgie et de tous les États du Golfe, aux mains des hommes de couleur. Cela placerait le gouvernement de ces Etats aux mains des classes de la population les plus ignorantes et les plus imprévoyantes, et ce serait soumettre les classes blanches les plus intelligentes à leur domination. Ce serait encourager la démagogie, attiser les rivalités et aigrir les dissensions entre les blancs et les noirs et leurs chefs respectifs, et devrait tôt ou tard produire l'anarchie, la sédition et l'émeute , l'insurrection et le meurtre.
En discutant le sujet du suffrage nègre, le New Fork Times disait en novembre 1867 :
« Si la question n'avait pas d'issues latérales, elle serait promptement et aisément résolue. Si elle était simplement la suivante : « Les nègres du Sud , sontils en corps , capables de prendre part à la réorganisation des gouvernements des Etats du Sud? est-il sage ou prudent de leur laisser décider quels principes seront compris dans les constitutions des Etats, quelle sera la forme et quels seront les pouvoirs des gouvernements des Etats, et quelles seront les garanties de la vie et des propriétés soumises à ces gouvernements? » — Il n'y a pas dix hommes sur mille dans le parti républicain qui répondraient affirmativement. Personne ne croit qu'ils le sont. Comment le seraientils? La grande masse d'entre eux a été tenue dans la plus stvpide ignorance durant toute sa rie.
Ils ne savent ni lire ni écrire; ils n'ont rien en-
tendu en fait de politique et ne savent rien des faits les plus simples de l'histoire de notre gouvernement; ils n'ont ni la capacité de se former des opinions, ni les matériaux pour les constituer; et par nécessité comme en fait ils seront de simples outils dans les mains des chefs de parti , et des agents de recrutement de l'un ou de l'autre parti. Les circonstances les jettent actuellement dans les bras des républicains. Le poids de leurs votes peut être et sera jeté dans la balance républicaine. Et c'est là le fait qui pousse les républicains à accepter pour eux le principe du suffrage universel , et qui , nous pouvons l'ajouter , conduit les démocrates à s'y opposer. »
Conférer le pouvoir politique à tous les gens de couleur du Sud, où ils sont nombreux et spécialement où ils forment majorité, c'est tendre à les rendre vains, insolents, ambitieux et à leur faire former caste. C'est faire de beaucoup d'entre eux des oisifs, cherchant des places alors qu'ils devraient travailler. C'est les encourager à former des coalitions politiques et des organisations de parti entre eux; à tenir des meetings et des conventions électorales ; à nommer des candidats complètement ou en majeure partie de leur propre race ; à se soutenir chacun dans leurs fonctions par opposition aux blancs dans les États, les comtés, les villes et les districts où ils ont la majorité. Ils feront dans le Sud comme ils ont fait h Haïti, excepté pour autant qu'ils seront retenus et influencés par les blancs, par la loi et par le gouvernement fédéral. Il n'y a pas de raison de douter qu'il ne tende à attiser l'ambition politique et un esprit d'inquiétude, à écarter leurs esprits d'une industrie