CHAPITRE III
honnête, et n'ait une influence très démoralisatrice.
La disposition à se coaliser entre eux, à agir ensemble, et à soutenir leurs propres gens pour les fonctions, se répandra parmi eux lorsqu'ils sentiront de plus en plus leur pouvoir, lorsqu'ils acquerront de l'expérience et de l'adresse dans la conduite des conventions et dans le mécanisme des partis, et apprendront qu'ils ne peuvent obtenir le succès que par ces moyens seulement et non par d'autres. Ils nommeront et éliront de plus en plus leurs propres gens jusqu'à ce qu'ils prennent le contrôle complet des gouvernements d'un grand nombre de comtés, de cités et même de quelques États.
Serait-ce prudent pour le pays, ou utile pour la population colorée du Sud, que de conférer de tels pouvoirs à une si grande masse d'hommes ignorants et faibles d'esprit? N'y aurait-il pas lieu d'apporter quelque limite au suffrage des mâles adultes dans les États du Sud?
Les salaires élevés et la demande de laboureurs dans les États du Pacifique et dans les territoires miniers des environs ; l'infériorité des salaires et la condition misérable de centaines de millions d'hommes en Chine; et les facilités offertes par la navigation à vapeur, aux classes indigentes de la Chine, pour se rendre dans notre pays , en ont déjà amené ici cent mille ou davantage, et il est probable qu'avant la fin du siècle actuel nous aurons chez nous plusieurs millions d'habitants de cette race de peuple ; et que dans beaucoup de districts et comtés ils constitueront la majorité des habitants. Ils pourraient la former dans tous les États à l'ouest des Montagnes
Rocheuses. Sera-t-il prudent pour notre pays de leur accorder des pouvoirs et des privilèges politiques égaux à ceux de la population américaine d'origine européenne? et de leur donner par là éventuellement le contrôle politique des États du Pacifique? Ce sont des païens d'un degré d'intelligence peu élevé, d'une civilisation peu avancée , ont-ils quelque droit de réclamer un pouvoir et des privilèges politiques égaux aux nôtres, nous qui sommes un peuple supérieur, instruit et chrétien, d'origine européenne?
SECTION X
ILLUSIONS SUR L'EFFET DU DROIT ÉLECTORAL PAR RAPPORT AUX TRAVAILLEURS ET SUR LE PRIX DU TRAVAIL.
D'étranges illusions se sont glissées dans les esprits d'un grand nombre de nos gens, par rapport à l'influence du droit électoral et du vote. Quelques républicains enthousiastes semblent regarder le droit électoral comme une panacée pour presque tous les maux du pays, civils, sociaux et industriels, aussi bien que politiques. Ils pensent que la franchise élèvera les salaires et accroîtra la valeur du travail de l'homme de couleur ; lui donnera un nouveau courage et un nouvel élan; qu'elle l'élèvera dans l'échelle humaine et le tirera de sa condition actuelle humble et dans bien des cas dégradée sous le rapport moral et social. De telles espérances sont insensées.
Les personnes qui supposent que l'exercice du droit électoral peut avoir quelque influence sur le prix du travail ne peuvent pas avoir de conceptions