‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 110 sur 211 · VOTE UNIQUE, VOTE COLLECTIF · texte numérisé non relu

VOTE UNIQUE, VOTE COLLECTIF

Les classes instruites, riches et aristocratiques de l'Angleterre craignent l'effet du suffrage universel, croyant qu'il mettrait tout le pouvoir de la Chambre des communes et le contrôle effectif du gouverne-

ment aux mains des représentants des classe laborieuses et mettrait en danger leurs droits et leurs intérêts ; cependant beaucoup d'entre eux comprennent toute l'importance réelle qu'il y a à étendre le droit électoral, à égaliser la représentation dans la Chambre des communes, et à faire certaines grandes réformes dans le gouvernement. Afin d'assurer les avantages d'une extension de la franchise électorale et de certaines réformes, et d'éviter les dangers du suffrage universel, des esprits réfléchis et ingénieux ont inventé un système de vote unique et collectif, vote unique pour les travailleurs sans éducation qui n'ont pas de biens soumis à l'impôt ; et différents degrés de vote collectif pour les hommes instruits, les hommes d'affaires, les hommes de profession technique, et les propriétaires; allouant au travailleur, au mécanicien, et à chaque homme un second vote additionnel pour l'éducation reçue dans une école ordinaire; un troisième vote pour l'éducation classique ou scientifique ; un quatrième pour la propriété soumise à l'impôt d'une certaine quotité ; et enfin un vote additionnel encore pour une éducation professionnelle ou spéciale, d'un certain degré.

Tel est le cadre extérieur et la substance du plan du vote collectif. Il est présenté ici comme une ingénieuse théorie, dont il y a plus la justification dans le Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, que dans tout autre pays. Le système ne reconnaît pas l'égalité politique, quoiqu'il admette que tous les mâles adultes ayent des droits politiques aussi bien que des droits et des privilèges civils.

John Stuart Mill, dans son ou\ rage sur 1»> gouver-

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