CHAPITRE III
nement représentatif, dit : « Je regarde comme tout à fait inadmissible que chaque personne participe au droit de suffrage, sans être capable de lire, écrire et exécuter les opérations arithmétiques ordinaires L'enseignement universel doit précéder le droit électoral universel. Personne, sauf ceux chez lesquels la théorie a priori a imposé silence au sens commun, ne maintiendra que ce pouvoir sur autrui, sur toute la communauté, doive être attribué aux populations qui n'ont pas acquis les éléments les plus ordinaires et les plus essentiels pour se conduire; et pour diriger avec intelligence leurs propres intérêts. » Il dit ensuite : « Il est donc important, que rassemblée qui vote les taxes soit élue exclusivement par ceux qui payent quelque partie des taxes imposées. Ceux qui ne payent pas de taxe, disposant par leurs votes de T argent des autres, ont tout motif d'être dépensiers et nen ont aucun d'être économes. »
Parlant de l'effet du suffrage universel, M. Mill dit : « La grande majorité des électeurs dans la plupart des pays et particulièrement dans celui-ci (Angletere), seraient des travailleurs; et le double danger, celui d'un taux trop bas d'intelligence politique, et celui de législation par classe, existerait toujours en un degré très périlleux. Il reste à voir s'il y a quelques moyens par lesquels ces maux pourraient être évités. »
Dans toutes les affaires humaines, dit-il, chaque personne, directement intéressée et qui n'est pas sous une tutelle positive, a un droit admis à voter; et lorsque son exercice de ce droit n est pas en désaccord avec la sûreté de l'ensemble, il ne peut pas en être
privé avec justice. Mais quoique chacun devrait avoir une voix, que chacun doive avoir une voix
égale, c'est là une proposition totalement différente
Être entièrement privé de voix pour le bien public est une chose ; accorder aux autres une voix plus puissante, à raison d'une plus grande capacité pour la gestion des intérêts communs, c'est là une autre chose... Un maître de travail est généralement plus intelligent qu'un travailleur, car il doit travailler de tête et pas seulement de ses mains. Un contre-maître est généralement plus intelligent qu'un travailleur ordinaire ; et un travailleur des arts industriels, l'est plus qu'un travailleur ordinaire. Un banquier, un marchand ou un manufacturier doit également être vraisemblablement plus intelligent qu'un commerçant, parce qu'il a des intérêts plus grands et plus compliqués à ménager. Dans tous les cas ce n'est pas simplement la charge de la fonction supérieure, mais son accomplissement avec succès, qui témoigne de la capacité.... ; pour cette raison, l'occupation de cette fonction devrait être continuée avec succès pendant un certain temps (disons trois ans). Soumises à quelques conditions semblables, deux voix ou davantage pourraient être allouées à chaque personne qui exerce l'une de ces fonctions supérieures. Les professions libérales, lorsqu'elles sont pratiquées en réalité et pas seulement nominalement, impliquent un degré d'instruction encore plus élevé, et chaque fois qu'un examen suffisant, ou quelques conditions sérieuses d'éducation sont requises, avant d'entrer dans une profession, ses membres pourraient être admis d'emblée à une pluralité de rotes.