EXTENSION ET AUGMENTATION DE LA POPULATION DES ÉTATS-UNIS
La population des Colonies-Unies, à l'époque de la déclaration d'indépendance en 1776, était moindre que 3 millions.
Comme l'indique le recensement de 1790, elle était la suivante :
Blancs 3,172,464
Personnes de couleur libres . . . 59,466
Esclaves africains 697,897
Total. . . 3,929,827 Sans y comprendre environ 100,000 indiens.
Par les recensements de :
1800, elle était de 5,305,937
1860, » blancs 26,973,843
» » hommes de coul. lib. 487,970
» m id. esclaves. . 3,953,760
Total. . . 31,415,573 non compris près de 300,000 indiens.
L'accroissement par l'immigration :
De septembre 1790 au 30 septembre
1819, était d'environ 220,000
Du 1er octobre 1819 au 31 décembre
1860, de 5,062,414
L'accroissement par l'achat de la Louisiane, d'environ 32,000
L'accroissement par l'achat de la Floride. 18,000
L'accroissement par l'acquisition du Texas, de la Californie et du Nouveau-Mexique, d'environ .... 160,000
L'augmentation par l'excès des naissances sur les décès, de . '. 21,993,332
L'accroissement total en 70 ans. . . 27,485,746
C'est le plus grand et le plus rapide accroissement de population qui arriva jamais dans l'histoire du monde; et cependant l'augmentation naturelle dans les provinces de l'Amérique anglaise du Nord, a été à peu près la même; mais l'augmentation par émi-
gration y a été beaucoup moindre. L'accroissement naturel et décennal de la population blanche des États-Unis de 1790 à 1810, fut de plus de 33 1/2 pour cent; de 1810 à 1820, de près de 32 ; de 1820 à 1830, de plus de 31 ; de 1830 à 1840, d'environ 28; et de 1840 à 1850, il fut d'à peu près 25 pour cent, tandis que de 1850 à 1860, il redescendit jusqu'à moins de 23 pour cent.
La diminution dans le taux d'augmentation a été causée par la plus grande densité de la population, une existence plus luxueuse et plus dépensière, et par des mariages tardifs. La diminution de l'augmentation décennale en 40 ans, de 1820 à 1860 fut d'environ 9 pour cent, égale à 2 1/4 pour cent de déclin par dizaines d'années; nous pouvons nous attendre, suivant toute probabilité, à ce qu'elle continuera, par les mêmes causes, à diminuer encore de 2 pour cent tous les dix ans, jusqu'à ce qu'elle tombe au taux de l'Europe du Nord, c'est à dire à environ 1 pour cent annuellement vers le milieu du siècle prochain, et après cela le taux du déclin pourra ne pas dépasser 1 pour cent par dix ans.
Malgré de nombreuses libérations, l'augmentation décennale des esclaves aux États-Unis, de 1810 à 1830, était d'environ 30 pour cent, et de 1840 à 1850, de près de 28 pour cent; en y comprenant les affranchissements et les fugitifs, elle dépassait 24 pour cent de 1850 à 1860, tandis que l'accroissement naturel du peuple de couleur libre, de 1850 à 1860, était de moins de 8 pour cent. C'est là un fait curieux, indiquant que les hommes dé couleur libres ne sont pas fort enclins à se marier de bonne heure et à supporter la
charge d'élever une famille, et qu'ils n'élèvent que peu d'enfants — beaucoup d'entre eux mourant faute de soins convenables, d'assistance médicale et des aisances de la vie — tandis que les enfants des mères esclaves, étant généralement mieux pourvus, sont plus généralement élevés viablement.
Une grande partie de la population colorée du Sud, et particulièrement les femmes et les enfants moururent de misère pendant la guerre; ce qui réduisit leur nombre au point que dans tous les États-Unis ils ne dépasseront probablement pas 4,000,000 au recensement de 1870; et l'augmentation indiquée plus haut pour la population de couleur libre montre que nous ne devons pas nous attendre à voir leur accroissement décennal dépasser dorénavant 6 ou 8 pour cent. Mais malgré le déclin du taux de l'accroissement naturel de notre population, tant blanche que de couleur, sous notre système bienveillant d'accepter et de traiter les émigrants, nous pouvons raisonnablement nous attendre à voir continuer à s'augmenter l'immigration de l'Europe et de l'Asie, et à voir se remplir de plus en plus les avenues du travail ordinaire, et à soutenir ainsi l'accroissement décennal de notre population à un taux élevé quoique déclinant graduellement jusqu'à ce que les ressources naturelles de notre pays aient été complètement développées et que son industrie ait été arrêtée par un manque de combustible et de bois.
La nourriture et les matières de vêtement peuvent être cultivées par l'industrie et la science, beaucoup plus facilement, plus rapidement et avec plus d'abondance que le combustible et le bois ; et de là