CHAPITRE IV
frage électoral. Elles oublient de considérer ce fait que les prix du travail sont régis par la coutume et parles lois du commerce et non par des lois réglementaires; qu'ils sont réglés par l'offre et la demande, et ne peuvent pas être prescrits par statuts, sans faire du mal au lieu de faire du bien ; et qu'il n'y a pas de rapport entre le suffrage électoral et les prix du travail. Le bill de réforme anglais de 1867, étend le droit de suffrage à presque tous les travailleurs du royaume, mais il n'a pas eu d'effet sensible sur les prix du travail. Le seul effet qu'il peut jamais avoir sur le bien-être du travailleur, sera indirect sur la législation, en diminuant et égalisant les charges de l'impôt, en enlevant les pouvoirs oppressifs et les privilèges de l'aristocratie et du clergé et en développant un bon gouvernement. Nous n'avons pas de maux semblables à corriger, et si nous les avions, nous ne croyons pas qu'on pût les corriger par le suffrage des femmes. La condition malheureuse de beaucoup de femmes aussi bien que d'un grand nombre d'hommes de ce pays et particulièrement des couturières dans les grandes villes, n'est pas due au gouvernement ni à la loi ; mais à la nature des choses, à l'état de la société, aux sentiments et aux préjugés des femmes, à leur aversion pour le travail domestique, et beaucoup d'autres espèces de travaux qu'elles pourraient accomplir, et à leur imprévoyance en n'épargnant pas sur leurs gages à l'effet d'économiser quelque chose pour l'avenir.
Si ceux qui sont engagés dans le mouvement des droits des femmes, voulaient prêter leur assistance pour changer l'opinion publique par rapport aux
occupations des femmes pour réunir et disséminer parmi elles des renseignements sur la demande et le prix de leur travail dans les différentes villes et parties du pays et dans différentes professions, pour enlever le préjugé de leur sexe contre le travail de la maison, pour éclairer les femmes sur l'importance , par rapport à leur bien-être futur , d'économiser autant que possible de leurs gains et de déposer ces économies dans des caisses d'épargne, ou de les placer en billets nationaux, des Etats, des villes ou d'autre nature, et bonnes garanties donnant un intérêt qui s'accumulerait pour rassembler quelque chose pour l'avenir ; ces femmes éloquentes rendraient un service incalculable à leur pays aussi bien qu'à leur sexe. Elles feraient ce qui ne peut pas être effectué par le vote, par la législation, ou par le gouvernement. Elles aideraient à corriger des maux qui n'ont pas été produits par l'œuvre et les erreurs du gouvernement, mais par l'œuvre et les erreurs de la société. De là le remède doit être social et il ne doit pas être politique.