‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 175 sur 211 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les droits sur les articles et classes d'articles spécifiés dans la table précédente sont extrêmement élevés, même sans nécessité pour les consommateurs, préjudiciables à l'industrie américaine, et spécialement injustes pour les classes laborieuses. En règle générale, des droits devraient être levés uniquement dans un but de revenu, sur les matières brutes qui doivent être employées dans les manufactures ou comme élément d'industrie , et sur tous les produits agricoles ou bruts autres que les objets de luxe qui ne viennent pas en compétition avec l'industrie domestique; des droits élevés ne devraient jamais être imposés sur de semblables articles, à moins que les exigences du pays ne le réclament impérieusement.

L'expérience a montré que le fermier n'éprouve aucun avantage substantiel des droits imposés sur la laine et particulièrement sur les laines en suint et communes ; ou sur les peaux et toisons importées aux États-Unis, quoique de semblables droits soient très préjudiciables aux manufactures de laines et de cuirs, de bottes et de souliers, et soient onéreux aux consommateurs de ces produits. Les droits élevés imposés sur les sucres et les mélasses , le sel et le riz , les bois et le chanvre , le charbon de terre et le fer en barres , ne développent pas non plus l'industrie intérieure ni les intérêts généraux du pays dans une proportion convenable aux charges qui sont ainsi imposées aux consommateurs de ces articles ; et de grandes injustices pour d'autres branches de l'industrie, naissent des droits sur les bois et le chanvre, et sur le bois, le charbon et le fer en barre.

Quant aux autres articles cités, quelques-uns d'entre eux sont employés dans les arts et dans les manufactures, et aucun d'eux ne vient en compétition avec des produits domestiques; pour ce motif les droits devraient être levés dans un but de revenu seulement; et devraient être aussi bas que les exigences de la trésorerie le permettraient. Peut être la moitié des droits actuels devrait-elle être réduite sur le sucre et les mélasses, le sel, le riz, et le fer en barres ; que les droits sur les autres articles indiqués devraient être réduits quelques-uns au tiers , quelques autres au quart des droits actuels et que les droits sur les drogues et les teintures, ainsi que sur les bois devraient même être réduits encore davantage. Si cinquante ou soixante millions de taxes sur ces objets se trouvaient abrogées, ce serait un grand soulagement pour toutes les classes du peuple comme consommateur et cela avancerait considérablement plusieurs branches de l'industrie américaine.

Des droits élevés sur le bois du Canada et des autres provinces anglaises haussent son prix pour le consommateur du bois tant domestique qu'étranger, diminuent les importations, et encouragent à couper rapidement le bois dans nos propres forêts.

Nos chemins de fer, canaux et eaux navigables, fournissent de telles facilités pour le transport et la distribution de bois sciés, que presque tout le sapin destiné à la scierie croissant près des rivières navigables ou flottables sera coupé dans les vingt années à venir.

Nous avons d'immenses prairies et des plaines , avec très peu de forêts et de bois auprès d'elles; il sera

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