‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 182 sur 211 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

prunt forcé sur le peuple qui permettait aux débiteurs de payer leurs dettes en un papier déprécié, et de s'enrichir aux dépens de leurs créanciers, d'une somme de plusieurs centaines de dollars.

Ces maux ont été produits et sont passés, et il n'y a pas de remède. Il ne peut y avoir de remède pour les maux publics passés. Ils ont été soufferts par le créancier, et il n'y a pas de remède pour lui ; le gouvernement n'en peut trouver aucun non plus à ses pertes sans déshonneur, et ces classes qui en ont souffert par suite de l'augmentation du coût de la vie, ne peuvent trouver de remède pour les maux qui leur ont été imposés.

Le peuple s'est actuellement accoutumé aux deux circulations, l'une en or, employée par les importateurs pour payer les produits étrangers et les droits qui y sont imposés, et l'autre de papier, employée dans toutes les autres transactions; car l'importateur, après avoir payé le coût de ses produits et les droits en or, calcule leur prix en papier et règle ses ventes d'après celui-ci. Les frais du travail et de tous les produits du pays, et leur prix sont adaptés l'un à l'autre d'après le taux de la circulation en papier; les banques et la circulation ont rempli parfaitement leurs fonctions avec une grande régularité et aussi peu de fluctuation dans les prix que l'on en a rencontré dans tout autre pays pendant ces quatre dernières années. Pendant toute cette période, les principaux maux dont le peuple a souffert, sont nés de l'énorme et souvent accablante taxation, qui a pesé comme un incube sur le laboureur, le capitaliste et l'homme d'affaires, déprimé le travail et l'in-

dustrie du pays et diminué l'aisance d'une masse de populations.

Il y a eu dans ces derniers temps de grandes clameurs pour la reprise du payement en espèces, comme si cela pouvait guérir les principaux maux dont souffre notre pays. Les espérances sur lesquelles sont basées ces clameurs, sont aussi trompeuses que l'étaient celles de l'administration quand elle émettait des centaines de millions de bons de la trésorerie, qui répondaient au but transitoire de continuer la guerre, mais étant portés à l'excès, produisaient des maux énormes par leurs effets. Eetourner soudainement aux payements en espèces lorsque notre circulation est égale à environ 18 dollars par chaque habitant des États-Unis, serait opprimer la classe des débiteurs de la communauté, et déranger de nouveau le travail et l'industrie de notre pays plus nuisiblement et d'une manière plus désastreuse que par la pléthore primitive et se terminerait bientôt par un échec.

SECTION VI

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