‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 193 sur 211 · QUEL EST LE REMÈDE · texte numérisé non relu

QUEL EST LE REMÈDE

Il me semble qu'une réduction graduelle du chiffre des bons de trésorerie est le seul remède pratique , assuré et certain. Si pour éviter les troubles dans les affaires et dans l'industrie, qui suivraient nécessairement la restriction soudaine de la circulation, qui précéderaient et accompagneraient une reprise trop hâtive des payements en espèces, le gouvernement retirait et éteignait pendant différentes années de suite 30 ou 40 millions chaque année , la difficulté pourrait être franchie sans grand choc national. Mais reprendre en un jour rapproché et maintenir les payements en espèces, sans réduire la circulation, serait chose impossible.

On dit cependant qu'une réduction graduelle de la circulation par le retrait et l'anéantissement des bons du trésor a été essayée et n'a pas réussi Je

sais qu'on l'a partiellement tentée et qu'une clameur a été soulevée contre elle; parce qu'elle atteignait certaines classes et tendait à faire échec à la spéculation. Mais elle fut essayée dans une distribution très inégale et très peu juste de la circulation ; et l'on peut remarquer, qu'il sera impossible de revenir en aucune façon à une juste circulation, sans produire quelques rigueurs et quelques souffrances par le procédé suivi.

Comme la classe des créanciers a souffert lorsque la pléthore allait se produisant, ainsi il est inévitable que la classe des débiteurs doit souffrir pendant le procédé du retour à une circulation saine, et de là l'importance de modifier et de diminuer le mal, en l'étendant à une période de quelques années, et en donnant à toutes les classes une occasion de calculer ses conséquences à l'avance, de régler leurs affaires, et de faire de nouveaux contrats, en s'y référant. La classe des gens d'affaires et des débiteurs doit nécessairement souffrir quelque peu, sur les contrats faits auparavant , par suite de la réduction de la circulation ; mais ce qui ne peut être évité doit être supporté. Les avantages du pays contrebalanceront de beaucoup les maux qu'elle peut produire. Ce serait arrêter les spéculations sur l'or et sur les capitaux des chemins de fer ; sur les propriétés réelles et les parts dans les mines ; ce qui serait un résultat glorieux et une bénédiction sans mélange pour le pays.

Reconnaissons maintenant l'inégale répartition du capital des banques et des billets de banques.

Le 30 septembre 1868, la circulation des ban-

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