‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 54 sur 211 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

malhonnête usera fréquemment du pouvoir qui lui est confié comme officier public, afin d'avancer ses propres intérêts personnels, ou les intérêts de ses amis, sans tenir compte de la justice ou du bien public. De pareils hommes peuvent être dominés par des suborneurs, par le favoritisme et l'attente des profits personnels qui en résulteront pour eux-mêmes, lorsqu'ils pensent qu'il est impossible qu'ils soient découverts et démasqués, ou que ce serait chose fort difficile et improbable.

Lorsque des hommes incapables , malhonnêtes ou étourdis et sans scrupule sont désignés pour un poste, personne ne devrait voter pour eux parce qu'ils sont patronnés par le parti et professent les mêmes principes qu'eux. Les hommes malhonnêtes n'ont aucun respect pour les principes et il n'y a aucune importance à ce qu'ils professent. Les votants ne devraient pas soutenir de pareilles candidatures , mais effacer leurs noms sur le bulletin de vote et y inscrire de meilleurs noms de la liste du parti opposé, s'il y en a une , ou y mettre des noms de gens qui ne sont pas candidats, ou voter blanc afin de montrer leur désapprobation de ces choix. Il n'y a pas d'autre moyen pour sauver le paj^s de la corruption officielle et de l'abus du pouvoir. Les hommes ne devraient pas se tromper eux-mêmes avec Vidée qu 'ils soutiennent leurs principes lorsqu'ils votent pour des politiques ambitieux qui nont pas de principes.

L'objet de la clameur c'est non pas les principes, mais l'acquisition du pouvoir et du patronage ainsi que les émoluments de la charge.

Les principes généraux qui divisent habituelle-

ment les grands partis politiques, ont peu de poids sur les devoirs des officiers subordonnés de l'exécutif ou sur la législation locale ; et de là les questions qui devraient être posées sur tout candidat à un office, sont celles qu'indique M. Jefferson : Est-il honnête? est-il capable? est-il fidèle à la Constitution? Ces questions devraient être proposées , et il y devrait être répondu affirmativement, en outre de la question habituelle : Appartient-il à notre parti?

Les masses des électeurs dans notre pays ne peuvent pas avoir d'espoir raisonnable de tirer quelque bénéfice personnel de leur office , ou de contrats publics et d'agiotages ; ils sont intéressés à l'élection de bons officiers et à avoir un bon gouvernement. Ils ne sont pas encore tellement aveuglés par l'esprit de parti , et trompés par l'idée que leur bien personnel et le bien public également sont inséparablement réunis au succès de leur parti et en dépendent, qu'ils soutiennent souvent des hommes qu'ils connaissent personnellement pour être égoïstes et malhonnêtes, ou autrement impropres pour la position à laquelle ils aspirent. Ils se trompent eux-mêmes par l'idée qu'ils marchent pour des principes, et non pour des hommes; et qu'il vaut mieux élire de mauvaises gens qui ont des principes politiques sans alliage , que des hommes bons et honnêtes dont les principes politiques ne sont pas purs sous tous les rapports. Mortels trompés ! Ils semblent ne pas savoir qu'il y a généralement très peu de différence entre les principes politiques qui gouvernent les deux grands partis de notre pays ; et que la principale différence entre eux consiste dans celle qui existe entre deux

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