PREFACE DU TRADUCTEUR. XI
prises pour empêcher les abus et sauvegarder la liberté, a pu laisser dire de lui, qu'aux mains des partis, il sert à sanctionner tout ce que Von veut. « La constitution fédérale a été trouvée assez « flexible pour se prêter à toutes les intentions du « parti dominant. « (Voyez page 36.)
Bruxelles, septembre 1871.
T. HlPPERT.
Voici plus de 40 ans que j'ai commencé l'étude des lois. Toutes les grandes modifications apportées à la Constitution de l'État, au mode des élections pour l'État, le Comté, la Cité et d'autres offices locaux ainsi que pour les élections présidentielles, ont eu lieu pendant ce temps. La première convention de parti fut formée pour les élections des États en 1824 dans celui de New- York et la première Convention nationale tenue par un parti le fut en 1832.
Pendant plus de 40 ans j'ai été un observateur attentif du cours des événements, des résultats de notre système de gouvernement, de nos institutions politiques, religieuses, pédagogiques, industrielles et philantropiques , ainsi que de nos grandes organisations des corporations et des partis. J'ai participé dune manière suffisante à la
pratique des tribunaux , à la vie officielle , aux travaux pratiques de divers genres , et à la politique des partis, aux comités, aux meetings et aux conventions, j'ai assisté à un nombre suffisant de ces événements pour pouvoir juger assez exactement des relations ordinaires sur ceux auxquels je n'ai pas assisté. Mon esprit s'est beaucoup occupé de ces matières , ainsi que des opinions qu'il faut se former à leur égard ; particulièrement pendant que je publiais un journal et que je préparais des informations et des commentaires pour mes lecteurs, tant durant la grande rébellion que depuis sa fin. J'ai assisté, dans une grande mesure au cours des événements qui forment l'histoire de notre pays pour ce qui concerne la justice, la loi, la constitution, la politique, l'industrie, le commerce, les chemins de fer et la banque, ou bien je les ai connus au moment même pendant ces 40 dernières années ; j'ai aussi assisté aux agitations politiques, aux mutations de l'opinion publique, à la croissance et au développement de l'organisation des partis dans notre pays, qui les a fait parvenir d'une situation faible et imparfaite jusqu'à leur forme, leur étendue et leur pouvoir actuels.
Par l'étude des institutions et de l'histoire de
notre pays, par l'observation et l'examen attentif des effets de notre système compliqué de gouvernement dualiste, et de l'organisation extérieure des partis, employée actuellement pour le mettre en action, j'ai découvert, ou pense avoir découvert de grands défauts dans nos systèmes représentatifs et électoraux et fai cherché à les exposer à mes lecteurs ainsi qu'à suggérer les remèdes convenables. Il est évident pour moi, ainsi que pour beaucoup d'autres observateurs désintéressés, que quelque prospères que notre peuple et notre pays puissent être sous bien des rapports , notre politique et nos hommes politiques sont devenus de plus en plus corrompus ; que depuis environ un demi-siècle l'esprit de parti a miné le patriotisme et l'a supplanté.
Les organisations des partis ont dicté de plus en plus la politique et les principales mesures du gouvernement et notre système politique a été se détériorant et tombant graduellement en corruption et sous le despotisme des partis. J'ai tenté d'indiquer la cause de ces mauvaises tendances et de les faire toucher du doigt et j'ai trouvé l'origine de beaucoup d'entre elles , je puis même dire de la plupart, dans les défauts de nos systèmes représentatifs et électoraux qui sont susceptibles de guérison.
Les vues présentées sur la femme, sur ses droits et sa sphère particulière d'action ; sur l'accroissement de territoire et de population, d'industrie et de pouvoir , sur les impôts , la dette , les finances , le change et la banque doivent montrer les questions agitées aujourd'hui ainsi que les difficultés et les dangers qui nous pressent et nous menacent comme nation , et la prospérité dont le peuple ajouisous notre système de gouvernement.
Les résultats de mes observations et de mes enquêtes quant aux opérations du système du gouvernement américain, ainsi que les déductions résultant de mes raisonnements à ce sujet, sont présentés aux lecteurs dans les pages qui vont suivre.
J'ai essayé de donner dans ce petit ouvrage des vues correctes et philosophiques sur le caractère, les effets, les tendances et les défauts de notre système dualiste de gouvernement, ainsi que de suggérer les remèdes convenables. S'il pouvait aider à appeler l'attention publique sur les pernicieuses tendances et les mauvais effets de notre système politique, sur les défauts des branches représentatives et électorales de notre système de gouvernement, et pousser à l'examen du sujet ainsi qu'à des enquêtes sur les meilleurs remèdes
à y apporter , il en sortirait du bien et je serais récompensé de mon travail.
Quelque chose devrait être fait pour corriger les influences corruptrices de l'ardeur exagérée des partis, et de leur organisation, qui ont produit dans une large mesure , les défauts des branches représentatives et électives de notre système de gouvernement. La nécessité d'une réforme est indiquée par le ton de la plupart de nos journaux les plus influents.
Le New-York Observer du 10 février 1870 dit : « Une communauté est au moment d'une crise lorsque la confiance publique dans l'exercice rigoureux et impartial de la justice est ébranlée. Quand le juge, dont le devoir solennellement accepté est d'interpréter et d'appliquer la loi, est regardé comme complice de spéculateurs ou d'hommes du parti politique, — quand il se permet d'ignorer toute responsabilité, excepté envers ceux par lesquels il a été élu ou par lesquels il espère être réélu , — les fondements mêmes de V ordre social sont minés. Le crime est protégé par V esprit de parti. Le mal jouit d'une impunité assurée. Par toute la Communauté les éléments divers et innombrables de l'avarice et de l'intrigue sont décharnés sans remords, afin de ravager l'essence de la
b PREFAOB DE L AUTEUR.
société, et de honnir toute menace de contrainte. L'air même est épaissi par la pestilence morale. De la sphère la plus haute jusqu'à la plus humble une nouvelle impulsion est donnée au développement de la corruption. . .
« Nous regardons la corruption législative et le manque de foi judiciaire — dans les limites où ils dominent aujourd'hui — comme les sources exhubérantes du mal. La loi ne peut être assez renforcée pour réprimer l'éruption de la violence.
« Le rapport journalier du crime est effrayant. La taxation devient, dans les limites où elle est poussée, un vol organisé et légalisé. Les sauvegardes et barrières de la justice sont renversées , et les offices eux-mêmes deviennent la récompense et le prix de la supplantation heureuse des droits du peuple. Lorsque la chicane et la fraude payent mieux qiiun travail honnête, le travail honnête sera méprisé ; et lorsqu'au lieu de Vinfamie et de la pénalité , le crime rapporte des libéralités , les repaires les plus vils de joueurs et dyoutlaios nommeront nos législateurs et appointeront nos juges.
« A quelle distance nous sommes d'un pareil état de choses, c'est ce que jugera par lui-même, tout observateur intelligent. Le christianisme possède des influences considérables , mais il est illu-
soire d'espérer retarder à force de rames les progrès du navire de l'État vers la ruine, lorsqu'il est entraîné par les flots du puissant courant des abus législatifs et judiciaires .
« Il nous faut le réveil de la conscience publique. Il nous faut un exposé énergique de l'iniquité éhontée des partis politiques et des cercles qui distribuent le patronage et dictent la législation.
« Il y a danger enfin , si les barrières légales sont reconnues inefficaces , que la crise ne vienne quand l'indignation populaire brisera toutes les barrières organisées et portera la désolation sur sa voie, entraînant les intérêts les plus précieux dans le destin commun.
« Les accusations de malhonnêteté publique ou de corruption politique sont devenues si communes que les parties accusées sont protégées dans une certaine mesure par leur nombre même. L'individualité de l'offenseur se perd dans la foule. L'écho de l'accusation est étouffé par la voix de quelque nouvel accusateur. . .
« S'il y a un défaut radical dans notre méthode d 'élection juridique, que l'on y obvie. Si l'on en est venu au point, que les criminels arrivent par cabale à élire ceux qui les délivreront de la sellette .
« Voyons si l'on ne peut trouver quelque voie pour placer à cette position responsable, des hommes connus pour craindre Dieu et haïr la cupidité. y>
En parlant de la cité de New- York, X Observer dit :
« Nous vivons sans gouvernement au milieu d'une race de voleurs , de brigands et de meurtriers. Les officiers de police sont regardés par le public comme peu au-dessus de la classe des criminels. Ils acceptent des présents. Ils violentent des citoyens inoffensifs. Ils attendent une récompense avant de saisir les criminels. Ils souffrent que les malfaiteurs qu'ils ont saisi s'échappent. La police est presqu'aussi mauvaise que possible, sans que l'anarchie existe
« Gouvernée comme l'est cette cité, par des politiques égoïstes , corrompus et avides , nous croyons qu'une bonne majorité des citoyens ayant le droit légal de voter désirent un gouvernement éclairé, honnête et fidèle. »
Le New- York Times dit :
« La force des classes criminelles va toujours croissante tandis qu'on ne fait pas d'efforts correspondants pour les retenir. La force actuelle de la police n'est pas suffisante pour lutter avec les
désespérés qui ont pris leurs quartiers généraux à New- York et bien plus, les policemen sont généralement démoralisés. Ils remplissent un service très dangereux et rarement ils sont convenablement soutenus par les magistrats ou les juges. Après qu'un officier de police a été à moitié tué en tentant d'arrêter quelque oiseau de geôle bien connu, il a la mortification de voir son prisonnier mis en liberté par un juge à X égard duquel il se trouve posséder une influence.
« Comment pourrait-on s'attendre à voir une force de police quelconque faire convenablement son devoir dans ces circonstances ?
« Les hommes perdent tout courage et toute confiance. Ils savent qu'il est inutile de risquer leur vie. Un corps judiciaire corrompu sera certain de neutraliser leurs efforts les plus énergiques, et les empêchera probablement de montrer trop de zèle au service du public » .
Ann-Arbor, Mich. Février 4870.