CHAPITRE II
ment avec eux, des hommes du caractère indiqué dans le dernier paragraphe. Mais tel n'est pas toujours le cas. Des hommes d'un caractère élevé, qui ne sont pas politiques actifs d'un parti, sont parfois désig-nés, parce que l'on suppose qu'ils emporteront un vote énergique et amèneront des électeurs au parti.
Beaucoup de bons candidats sont désignés et élus pour une charge, par le système des caucus et des conventions électorales ; mais la tendance du système est de retenir à l'arrière-plan tous les caractères d'une nature noble, et tous les hommes distingués et consciencieux, d'élever en place et de mettre au pouvoir des politiques flexibles, marchandables et d'une vertu facile. Des hommes d'une morale austère et rigide sont très rarement recommandés par là aux faveurs d'un caucus ou d'une convention électorale. Des hommes bons et dépourvus d'égoïsme sont généralemeut trop tranquilles pour être des politiques très efficaces ; tandis que ceux qui sont très égoïstes et ambitieux, sont généralement courageux et entreprenants , actifs et énergiques dans le travail de recueillir des votes pour eux-mêmes.
SECTION x.
TENDANCES ET EFFETS DES ORGANISATIONS DE PARTI, CREDOS, PROFESSIONS DE FOI ET DISCIPLINE DU PARTI.
Les organisations de parti tendent à développer l'esprit de parti , esprit d'exclusivisme et d'intolérance. Par les moyens de credo et de professions de foi, adoptés sans débat ou sans beaucoup de ré-
flexion, afin de susciter l'embrasement des intérêts des classes, et les préjugés des races et des partis, et afin d'obtenir des votes, ils tendent à créer et à perpétuer des distinctions artificielles entre les partis, dans un but purement particulier. Ils fournissent des règles et des témoignages de fidélité au parti, par lesquelles ou peut déterminer la fidélité des membres, et discipliner ou dénoncer comme infidèles, ceux que l'on présume penser à part eux contrairement au credo du parti.
Les organisations et le mécanisme des partis sont devenus si complets, l'esprit de parti si intolérant, et la discipline du parti si rigide et si efficace, que si un bomme de parti, ayant quelque position ou influence, ose exprimer des opinions différant du credo ou de la politique de son parti, les chefs de parti se réunissent contre lui, l'accusent de déserter ses amis et les principes de son parti, et le dénoncent comme hérésiarque politique. Très peu d'hommes ont assez de popularité et de force pour résister à ces attaques et maintenir leur position. Le résultat en est que la plupart des officiers publics de notre pays sont de purs esclaves du parti et des chefs de parti, sans beaucoup de liberté d'action, ou de liberté de langage, accoutumés et obligés qu'ils sont de parler et d'agir, d'accord avec le credo et la politique et les exigences supposées de leur parti, et s'ils manquent à agir ainsi, ils sont généralement dénoncés comme traîtres.
Le New-York-World , après avoir commenté en mai 1869, le traitement que subissait le Président Johnson de la part du parti républicain disait ;